09.05.2008

Des réformes présidentielles

L’expérience montre que c’est surtout au cours de leur première année de mandat que les Présidents en exercice ont réalisé les réformes qu’ils avaient promis de faire lors de leur campagne électorale. Ainsi, de Gaulle, revenu au pouvoir à la faveur d'un coup de force le 13 mai 1958, est élu président le 21 décembre 1958. A son actif, on retiendra : - le référendum du 28 septembre 1958 sur la nouvelle Constitution - à partir du 5 octobre 1958, le général gouverne par ordonnances (70 textes notamment sur le mode de scrutin et les réformes de structure (hôpitaux, défense....) - le plan Pinay-Rueff (30 septembre 1958). L’économiste Jacques Rueff avait réuni des personnalités du monde des affaires (président de Péchiney, de la Société générale....), sous le patronage du ministre des Finances Antoine Pinay, pour décider des mesures à prendre en matière économique. Cela se traduira par une cure d'amaigrissement de l'administration), la suppression des indexations (notamment sur le blé) et la libération des échanges extérieurs. -le 28 décembre 1958, dévaluation du franc de 17% et création du «nouveau franc» - le 6 janvier 1959, une ordonnance prolonge la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans. - autodétermination des Algériens (16 septembre 1959) Georges Pompidou (élu le 15 juin 1969) Après avoir surmonté avec sang-froid les événements de mai 68, il succède au général. Fils d'instituteur, normalien d'une immense culture, c'est à ce jour le seul président de la Ve République issu d'un milieu populaire. - modernisation industrielle de la France - premiers investissements dans le programme ferroviaire à grande vitesse (TGV) - modernisation du téléphone et la construction d'autoroutes. - création du Centre Pompidou (inauguré en 1977) Valéry Giscard d'Estaing (élu le 19 mai 1974) - ministère de la Condition féminine -arrêt de l'immigration (3 juillet 1974) dans le but d’enrayer la montée du chômage - majorité à 18 ans (5 juillet 1974). Erreur tactique puisque les 2,5 millions de jeunes qui pourront désormais voter donneront leur voix à Mitterrand en 1981. - fin du monopole audiovisuel (7 août 1974). C’est le début du démantèlement de l’ORTF. - indemnisation des chômeurs à 90% du dernier salaire pendant un an (14 octobre 1974) - saisine du Conseil constitutionnel (21 octobre 1974). possibilité pour 60 députés ou 60 sénateurs de saisir le Conseil constitutionnel - gratuité de la contraception (26 octobre 1974) - légalisation de l'avortement (28 novembre 1974) François Mitterrand (élu le 10 mai 1981) Sous le gouvernement de Pierre Mauroy, il concrétise de nombreuses promesses de campagne : - augmentation de 20 ou 25% des allocations handicapés, familiales (+25%) et logement (1er juillet 1981) - suppression de la Cour de sûreté de l'État (4 août 1981) - autorisation des radios locales sans publicité (2 octobre 1981) - blocage des prix pendant six mois (8 octobre 1981), - abrogation de la loi «anticasseurs» (15 décembre 1981). - abolition de la peine de mort (9 octobre 1981) - impôt sur les grandes fortunes (30 décembre 1981) - 39 heures et 5e semaine de congés payés (14 janvier 1982) - nationalisations des grandes entreprises (13 février 1982) - décentralisation administrative (3 mars 1982) - retraite à 60 ans (25 mars 1982) Mais le 11 juin 1982 survient un premier plan de rigueur... Jacques Chirac (élu le 7 mai 1995) - engagement en Bosnie (3 juin 1995) - reprise des essais nucléaires (13 juin 1995) - fin du service militaire obligatoire (22 février 1996) A partir d’octobre 1995, Jacques Chirac annonce une politique de rigueur (en vue de la création de l’euro). De son côté, Alain Juppé tente une réforme du système de retraites (il renonce finalement suite aux grèves des cheminots). Manifestement donc, après une première année de pouvoir durant laquelle les Présidents successifs ont pu concrétiser une bonne partie de leurs projets de campagne électorale, le rythme se ralentit considérablement. A la fin, certains finissent même par prendre des décisions contraires, lesquelles constituent un véritable retour en arrière. Au vu de cette expérience, on est en droit de se demander si le système Sarkozy a encore un avenir devant lui. Une année vient en effet de se terminer, on a vu beaucoup d’agitation dans tous les sens, mais finalement rien de bien probant. La tactique a été d’éviter de mener une réforme à fond avant de passer à la suivante (par crainte de l’opposition des citoyens sans doute). On a préféré attaquer de tous côtés et en ordre dispersé, afin de brouiller les pistes et de dérouter l’adversaire. Comment en effet s’opposer à des mesures partielles ou à des propos qui ne manifestent qu’une intention de réformes sans les réaliser vraiment ? Sarkozy, en hyperactif né, s’est beaucoup agité, a touché un peu à tout, mais n’a encore rien terminé. De ce point de vue, il devient donc le Président le plus inefficace que la France ait jamais eu. Je ne discute pas ici de la pertinence de ses réformes (et à tout prendre je préfère qu’il laisse les choses en l’état où elles sont plutôt que de tout démanteler sans rien reconstruire ou en ne reconstruisant que pour le plus grand profit de quelques-uns). Non, ce dont je parle, c’est de l’incohérence du personnage, qui avait annoncé de nombreux changements et qui n’a pas tenu ses promesses ou alors fort partiellement. Le point le plus délicat, c’est évidemment celui du pouvoir d’achat. Bien sûr, il n’est pas responsable de la mauvaise situation économique, ni de la hausse du prix du pétrole. Le problème, c’est qu’il s’est fait élire sur cela. On se souvient de ses propos sur les gens qui se lèvent tôt et qui méritent un salaire décent. Les gens se lèvent toujours aussi tôt, mais si leur salaire n’a pas diminué, cela a bien été le cas de leur pouvoir d’achat. D’où le mécontentement et la grogne. Ajoutez à cela quelques incohérences (les vacances sur un yacht, l’étalage de sa relation avec Carla, etc.), qui ont donné l’image d’un président profiteur et jouisseur qui se désintéressait du sort de ses électeurs, et vous comprendrez que l’état de grâce est passé en lisant les sondages qui plongent vertigineusement vers le bas. Que peut-il bien faire pour redresse la barre ? Plus grand chose, il est trop tard. Ses réformes de fond ne sont pas encore entamées et déjà il n’a plus aucune popularité. Quand il passe à la télévision, on ne le regarde même plus, on admire la jolie frimousse de Carla en se disant qu’elle est finalement mieux que lui, plus distinguée, plus digne, plus intelligente aussi probablement. Ceux qui veulent aller plus loin peuvent même voir sur Internet les photos de la première dame en petite tenue ou sans tenue du tout. Triste manière de se consoler. Ceux qui avaient voté pour un président fort, qui allait rencontrer leurs problèmes quotidiens, en sont à se consoler avec de telles photos. Et quand les réformes vont enfin arriver, ce ne sera pas celles qu’ils attendaient. Ce sera pour voir l’âge de la retraite reculer, la pension diminuer, le droits sociaux régresser et le porte-monnaie s’alléger. Dépassé, le pauvre Président essaie de se disculper en s’en prenant aux autres, à tous les autres : Chirac, Mitterrand, De Gaulle, tous y passent. Il n’y a que le Roi Soleil et Philippe le Bel qui n’ont pas été inquiétés. Et ne parlons pas de la presse ! Ah, les méchants journalistes qu’on a là, qui n’encensent pas assez le Président et qui ne parlent pas assez des déboires de l’opposition. Des goujats, vraiment. Et des ingrats, surtout, lui qui leur avait offert de si beaux postes !

27.03.2008

L'argent du pouvoir

Et bien, cela n’a pas traîné ! Moins d’un an après son élection, notre ami Sarkozy se retrouve déjà mêlé à un scandale politico-financier. Lui qui avait ironisé sur le cas de Chirac, je vois qu’il ne fait pas beaucoup mieux. Quels sont les faits ? Une lettre qu’il a signée est apparue au cœur de l'affaire Hamon (détournements de fonds publics). L’avocat qui défend ce monsieur Hamon, collectionneur d'art de son état, demande que l’on ouvre une enquête sur les flux financiers autorisés par M. Sarkozy quand il était président du conseil général des Hauts-de-Seine. Notons qu’André Santini, le secrétaire d'Etat à la fonction publique, est déjà mis ici en examen dans cette affaire (en tant que maire d’Issy-les-Moulineaux), dans laquelle on retrouve aussi le nom de Charles Pasqua. Rien que du beau monde, donc. Sans compter que l’avocat demande également que soit entendue la garde des sceaux, Rachida Dati (qui elle était directrice générale adjointe des services du conseil général des Hauts-de-Seine). Les infractions présumées auraient été commises entre 2001 et 2003. En principe, donc, le juge n’a pas à aller enquêter au-delà de cette date. Mais un rapport de la chambre régionale des comptes précise qu’une somme de 3 833 000 euros a été versée plus tard à titre de rémunération sur des travaux de construction qui n'ont jamais eu lieu. La question est donc de savoir si le juge doit enquêter sur des faits postérieurs à 2003 (pour lesquels on retrouve la signature de Sarkozy) ou se contenter de la période 2000-2003. On comprend l’habileté de cet avocat. En mettant en cause le Président de la république, il espère que le juge refusera d’investiguer sur la période postérieure à 2003, surtout s’il tient à son poste . Mais alors, pourquoi n’y aurait-il que la première période qui serait délictueuse ? Cela n’a pas de sens. On crierait au scandale. Le plus sage serait donc d’arrêter purement et simplement les poursuites et d’innocenter M. Hamon, à la grande satisfaction de son avocat. En effet, voir le nom de Sarkozy dans cette affaire, cela ferait désordre. Or Nicolas aime l’ordre, c’est d’ailleurs pour cela qu’il s’est fait élire. Certes, il serait protégé par l'immunité liée à son statut présidentiel, mais tout de même, cela ne serait pas très bon pour les sondages, qui auraient bien besoin d’un petit coup de pouce en ce moment. Pauvre Nicolas. En voyage en Angleterre, cette terre des Angles et des Saxons, voilà qu’on lui préfère sa douce moitié Carla, qui lui vole tous les honneurs dus à son rang. Remarquez qu’il l’a bien cherché. N’avait-il pas confié autrefois la libéralisation (pardon, la libération, lapsus révélateur) des otages bulgares à son épouse ? Vous me direz que ce n’est plus la même, mais bon, à force de déléguer, voilà ce qui arrive. Ceci dit, c’est n’est pas tellement par sa diplomatie, mais surtout par son physique et son sourire que la belle Carla a séduit le cœur des Britanniques, encore un peu orphelins de la princesse Diana (morte à Paris, précisément, l’amalgame est facile). On les comprend un peu, remarquez. Comme tout le monde, ils ont pu admirer les formes sveltes de la première dame de France, si pas en vrai, du moins en photo. Rien d’étonnant à ce qu’ils l’aient préférée au petit Nicolas. 1301796708.jpg 155596615.jpg

20.02.2008

Une télévision publique de qualité.

Nouvelle idée du président Sarkozy. Il a déclaré vouloir que les chaînes de télévision publiques en France diffusent des programmes de qualité sans "tyrannie" de l'audience, et non plus "du pain et des jeux", pour justifier son projet contesté d'y supprimer la publicité. » Ma foi, on ne peut qu’applaudir des deux mains. Si j’étais président, je n’aurais pas fait autre chose. Ceci dit, venant de lui, je me méfie. Il a pourtant assuré vouloir compenser (mais comment , les caisses sont vides ?) la perte de revenus liée à la suppression de la publicité. Il a même ajouté qu’aucune chaîne publique ne serait privatisée. On croit rêver. Cela cache quelque chose, c’est sûr. Nicolas qui finance la culture, qui veut des programmes de qualité, qui se désintéresse de l’audimat, c’est pour le moins étrange. Il est vrai que son propre audimat (sa cote de popularité) est en chute libre, mais bon… Revenir à une chaîne publique de qualité, qui tirerait les auditeurs vers le haut, plutôt que de les rassasier de leur propre image dans des séquences de télé réalité qui tournent en boucle, c’est magnifique. Mais je n’y crois pas. Cela cache quelque chose, je l’ai déjà dit. Mais quoi ? Ou alors l’idée ne vient pas de lui. Je feuillette un peu la presse et je découvre ceci : « Christine Ockrent, 63 ans, journaliste belge et compagne du ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, deviendrait la directrice générale du holding France Monde qui chapeautera France 24, TV5 Monde et RFI, à en croire les révélations faites ce mardi par « le Figaro ». Nous y voilà. Il fallait une place pour Mme Ockrent. Elle qui avait cessé d'animer une émission politique de France 3 lorsque Bernard Kouchner était devenu ministre des Affaires étrangères tant elle était intègre et impartiale, se retrouvait sans emploi. En effet, elle ne présente plus qu’une fois par semaine un billet de six minutes pour France 24 avec un salaire annuel de 120.000 euros. Une aumône, quoi. En la nommant directrice générale, elle ne va certainement pas influencer les programmes et faire l’éloge de Nicolas ou de sa politique (ou encore de l’Otan car c’est une atlantiste convaincue, liée à des cercles d’influence dans ce domaine). En tout cas, c'est ce que croiront les téléspectateurs qui ne la verront plus sur les écrans. N’est-ce pas ce qui compte, après tout ? Et puis on ne pourra plus se plaindre qu'il n'y a que TF1 qui fait de la publicité pour Nicolaou. dc96f424a0e3d94c8d9fc3b3a30d955a.jpg

19.02.2008

Devoir de mémoire

b20eb0bd1578e3bcf66b7edd1e2fb395.jpg
1940-1945, l'horreur Il n’en rate pas une, notre ami Sarkozy. Il aurait voulu dresser l’une contre l’autre les différentes communautés présentes en France qu’il ne s’y serait pas pris autrement avec son projet de parrainage des enfants juifs massacrés pendant la guerre. La France, qui se pensait comme un état laïc, est en train de redécouvrir qu’elle est composée de citoyens appartenant à des religions différentes. Nicolas, accompagné de sa future belle-mère ( ???) était allé salué le pape en décembre. Rien de plus normal que ces visites entre voisins bien éduqués, mais de là à affirmer que le prêtre ne remplacera jamais l’instituteur, il y a un pas qu’il aurait mieux fait de ne pas franchir. Cela revenait à mettre sur le devant de la scène politique une religion catholique par ailleurs un peu à bout de souffle. Cela revenait aussi à dire que tout bon dirigeant avait besoin du secours de la religion pour cantonner les citoyens dans l’espérance d’un monde meilleur et les empêcher de se révolter contre leur pouvoir d‘achat en chute libre. Rien de plus conservateur, en effet, que la hiérarchie de l’Eglise. En vous apprenant à ne pas séduire la femme de votre voisin (surtout s’il s’appelle Nicolas) et à ne pas voler le jet privé de votre patron, l’Eglise vous donne une conscience morale irremplaçable. Ceci dit, il convient de nuancer et je connais des prêtres qui, sur le terrain, font un travail social remarquable, tandis que d’autres critiquent à juste titre la société de consommation basée uniquement sur l’argent et le mépris de nos semblables. On pourrait citer aussi des mouvements comme la Théologie de la libération, qui, en Amérique du Sud avait pris le parti des plus pauvres. Enfin, il s’agit souvent d’initiatives individuelles qui sont généralement en conflit avec Rome et on comprend pourquoi. Mais revenons à Sarkozy. Après sa visite à Saint Jean de Latran en décembre 2007, le président a déjà annoncé qu'il assisterait à une séance solennelle de la loge maçonnique du Grand Orient de France. Pendant ce temps, les musulmans attendent patiemment leur tour (mais ils ont déjà eu droit à un discours tenu en Arabie, dans lequel le grand Calife Nicolas I faisait l’éloge du fait religieux). En rappelant ainsi que chaque Français est religieusement différent de son voisin, il va réveiller les communautarismes. Ne vaudrait-il pas mieux insister sur les valeurs communes et rappeler que l’idéal républicain ne fait pas de différences entre les citoyens ? En remettant maintenant le problème juif sur le devant de la scène, il risque de faire pis que mieux. Curieusement, lui qui dit que la France n’a pas à se repentir de ses actions et surtout pas de son passé colonial, voilà qu’il invite chaque enfant à ruminer le passé et à se culpabiliser pour ce que ses ancêtres auraient fait. Bien sûr, ce sont là des faits dramatiques qu’il ne convient pas d’oublier et même s’il n’y avait eu qu’un seul enfant juif de tué pour la seule raison qu’il était juif, il faudrait encore en parler et dénoncer une telle barbarie. Bien sûr, le devoir de mémoire s’impose. Mais prenons le cas des jeunes Allemands. Doivent-ils être éduqués dans la repentance plus de soixante ans après les faits ? Sont-ils eux, en tant qu’individus, personnellement responsables des atrocités commises par leurs ancêtres ? Non, bien sûr. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne doivent pas savoir ce qu’a fait l’Allemagne à cette époque, afin précisément qu’ils agissent autrement. Mais ils ne vont tout de même pas, à chaque sommet européen, s’excuser devant la délégation française des actes commis par leur pays dans le passé. Nicolas l’a bien dit : il ne faut pas toujours se sentir coupable. Alors, ce qui est vrai pour les Allemands l’est aussi pour les Français. D’autant plus qu’il ne faut pas oublier que pas mal de citoyens ont caché des Juifs pendant la guerre et que c’est leur gouvernement qui a honteusement collaboré. Donc, jusqu’à preuve du contraire, c’est surtout le monde politique de l’époque qui semble coupable, beaucoup plus que les personnes ordinaires, dans les rangs desquelles ont a tout de même trouvé des résistants pour s’opposer aux Allemands et des êtres sensibles pour s’insurger, avec leurs modestes moyens, contre les rafles des Juifs. En résumé, si quelqu’un devait vraiment se sentir coupable, ce serait le successeur de Pétain, le grand Nicolas lui-même, pas à titre personnel, évidemment, mais de par la fonction qu’il occupe. Alors qu’il aille faire des excuses à Jérusalem au nom de l’Etat français si cela lui chante, c’est une chose, mais qu’il décide de culpabiliser toute la jeunesse actuelle, cela me semble particulièrement morbide. Un peu comme l’était déjà l’imposition de la lecture de la lettre de Guy Moquet. Les psychologues feraient bien de se pencher sur les conséquences que pourraient avoir un tel type d’enseignement ainsi que sur les motivations profondes du chef de l’Etat, qui semblent un peu pathologiques. De plus, en imposant d’en haut une telle mesure ne risque-t-il pas d’obtenir le contraire de l’effet escompté et dresser la communauté musulmane contre les enfants juifs ? On dira certes qu’il ne faut pas se plier à ce genre de considération (et je suis le premier à trouver étranges ces horaires de piscines qui visent à séparer les hommes des femmes et cela afin de complaire aux exigences des imams) mais tout de même, le rôle d’un Président n’est-il pas de rassembler plutôt que de diviser ? En fait Sarkozy est étrange et imprévisible. Pourquoi, au moment de son élection, avait-il boudé les cérémonies commémoratives du 8 mai (capitulation de l'Allemagne), mais avait tenu à assister à la Journée du souvenir de l'esclavage ? Etrange pour quelqu’un qui veut préserver la mémoire de l’Histoire mais qui ne veut pas se repentir. N’aurait-il pas dû faire l’inverse, s’il voulait être logique avec lui-même ? On pourrait aussi regretter que les cours d’Histoire ne sont plus ce qu’ils étaient. Ne serait-il pas plus judicieux de les rétablir (y compris un cours de critique historique) afin non seulement de ne pas oublier des faits aussi importants que la Shoah, mais aussi afin de pouvoir replacer ces faits dans un contexte précis. Non, dit le Président, le «devoir de mémoire», ce n’est pas l’Histoire. On le regrettera car sensibiliser les jeunes à ce problème en jouant exclusivement sur la corde affective, c’est se rapprocher de pratiques comme le culte du héros. La seule différence, c’est que le héros, ici, est une victime. A la limite, glorifier Jeanne d'Arc comme Pétain ou Le Penn ont pu le faire est certes contestable (puisqu’on poursuit en fait un but inavouable et inavoué) mais offre au moins l’avantage de vouloir rassembler tout le monde sous une seule bannière, celle de la France (avec cette restriction que pour le Penn, les immigrés n’ont pas à être français). De plus, le culte du héros voulait forger les personnalités en encourageant l’émulation : quels hommes que Surcouf, Du Guesclin, etc. ! Certes, une telle démarche nous semble aujourd’hui bien contestable et bien ridicule, puisqu’elle visait en fait à renforcer le patriotisme ou la religion (si l’idole était un saint comme Saint Vincent de Paul), mais au moins canalisait-elle les efforts dans un sens positif. Ici, c’est le contraire. Non seulement on revient avec un matraquage idéologique digne de ces époques qu’on croyait révolues, mais en plus le résultat final sera négatif puisqu’au mieux il culpabilisera et au pire il divisera. Maintenant, s’il faut accepter ce «devoir de mémoire»,à la demande du président, pourquoi ne le pratique-t-il pas lui-même quand il se rend en Algérie par exemple ? Pourquoi les crimes perpétrés la-bas par les Français ne doivent –ils pas être rappelés alors que les mêmes crimes contre le peuple juif doivent l’être ? On sent bien qu’il y a inégalité de traitement et notre cher Nicolas voudrait attiser le ressentiment dans les banlieues à forte composante maghrébine qu’il ne ferait pas mieux. Parce qu’il s’il faut se remémorer tous les crimes de l’Histoire, on peut y aller. A commencer par la Saint Barthélemy (comme cela il verra que la religion a parfois des excès et que c’est bien pour cela qu’on a préféré un état laïque), mais aussi la colonisation, le massacre des populations amérindiennes par les Espagnols, sans parler des bombes au napalm sur le Vietnam. Ce n’est pas tout à fait la même chose, me direz-vous. Dans les cas que je cite, il s’agit simplement d’un pays qui impose sa volonté à un autre (colonisation) ou ses idées à un autre (St Barthélemy), tandis que les enfants juifs, eux, ont été massacrés exclusivement à cause de leur appartenance à une race. C’est vrai. Mais alors on pourrait citer le génocide cambodgien, la guerre civile de Yougoslavie (dont le dernier chapitre vient de s’inscrire hier avec l’indépendance du Kosovo), les attentats entre Chiites et Sunnites, l'épuration raciale et religieuse au Soudan et finalement le génocide rwandais (où la France, qui soutenait inconditionnellement les Tutsis semble idéologiquement bien impliquée). Ne conviendrait-il pas de faire appel à l’intelligence et à la raison pour éviter ce qui se passe sous nos yeux plutôt que de jouer sur l’émotionnel en retournant soixante ans en arrière ? En n’oubliant pas que les débats de nature émotionnelle retombent aussi vite qu’ils sont nés. S’il veut que son action perdure, Sarkozy ferait donc bien mieux d’en appeler à la raison plutôt qu’à l’affectif. Sans compter qu’étant lui-même d’origine juive, son calcul ne semble pas désintéressé. On va l’accuser de travailler pour son camp c’est-à-dire pour Israël. Même si sa démarche, au départ, est louable et part d’un bon sentiment, on va lui reprocher de se servir de la France et des Français pour tenter de justifier ou du moins de faire oublier ce qui se passe aujourd’hui dans la bande de Gaza. Car était-il normal, quand les Américains ont imposé un boycott international à l’Irak, avant la guerre contra Sadam Hussein, que des enfants soient morts dans les hôpitaux par manque de médicaments ? Est-il normal que la même chose risque d’arriver à Gaza ? Ces situations ne datent pas d’avant-hier, elle se déroulent sous nos yeux. Le mur qui coupe la Palestine en deux commence furieusement à ressembler aux murs des anciens ghettos, si ce n’est que ce ne sont plus les mêmes qui sont enfermés. Nous sommes là en pleine urgence et la communauté internationale devrait se mobiliser. Rien ne bouge et rien ne bougera. Alors je veux bien d’un devoir de mémoire, mais il ne doit pas être à sens unique. Ce qu’il faut chasser, c’est la barbarie. Que m’importe à moi que l’enfant qu’on maltraite soit juif, arabe ou indien ? C’est un enfant avant tout. En réintroduisant le critère de la race dans ce genre de débat, on joue un jeu dangereux. Il n’y a pas de bonnes et de mauvaises victimes, il y a des victimes, point final (y compris des victimes israéliennes qui tombent à cause des kamikazes fanatiques, ne l’oublions pas non plus ). 73540ded85d0d7aa8588edabb1ecffc7.jpg Palestine, Gaza, l'horreur

14.02.2008

Fait divers

Le Réseau Education Sans Frontières (RESF) lutte contre l'expulsion d'étrangers sans papiers ayant des enfants scolarisés en France. Un membre de cette association avait été placé en garde à vue après s’être opposé à l'expulsion d'un parent d'élève sans papiers. Du coup, un autre membre avait adressé un courriel au ministère de l'Intérieur dans lequel il demandait sa libération. Comme les faits se passaient en 2006, c’est Sarkozy, qui n’était pas encore grand Calife, qui gérait les affaires intérieures. Le problème c’est que notre militant, qui n’avait sans doute jamais fait de droit (et qui donc ne savait pas que dans une affaire, c’est la preuve du délit qui compte avant toute chose), avait commis l’imprudence d’écrire dans son courriel «voilà donc Vichy qui revient. Pétain a donc oublié ses chiens (...)». Et il avait ajouté voilà une «politique qu'il faut bien qualifier de raciste», tout cela avant d'adresser ses «salutations antifascistes» au ministre. Le tribunal correctionnel de Paris vient de le reconnaître coupable d'outrage à personne dépositaire d'une autorité publique et l'a aussitôt condamné à 800 euros d'amende ainsi qu'à un euro de dommages et intérêts à verser à M. Sarkozy, qui s'était constitué partie civile. Son avocate avait bien plaidé qu’il n’avait fait qu’un «parallèle politique» et que «c'était une politique qui était visée, pas une personne», rien n’ y a fait. On n’outrage pas le grand Calife. En attendant celui-ci me semble bien procédurier, vu le nombre d’affaires qu’il dépose devant les tribunaux. Il devrait peut-être relire Rabelais (ou tout simplement le lire) et les juges avec lui, qui semblent un peu trop courber l’échine devant l’autorité. Cy n'entrez pas, maschefains practiciens, Clers basauchiens mangeurs du populaire. Officiaux, scribes et pharisiens, Juges anciens, qui les bons parroiciens Ainsi que chiens mettez au capulaire; Vostre salaire est au patibulaire Allez y braire, icy n'est faict exces Dont en voz cours on deust mouvoir proces. Proces et debatz Peu font cy d'esbatz, Où l'on vient s'esbatre. A vous, pour debatre Soient en pleins cabatz Proces et debatz. Cy n'entrez pas, vous, usuriers chichars, Briffaulx , leschars, qui tousjours amassez, Grippeminaulx, avalleurs de frimars, Courbez, camars, qui en vos coquemars De mille marcs jà n'auriez assez. Poinct esgassez n'estes, quand cabassez Et entassez, poiltrons à chiche face : La maIe mort en ce pas vous deface. Face non humaine De telz gens, qu'on maine Raire ailleurs : céans Ne seroit séans; Vuidez ce dommaine, Face non humaine. Cy n'entrez pas, vous rassotez mastins , Soirs ny matins, vieux chagrins, et jaloux; Ny vous aussi, seditieux mutins, Larves, lutins, de Dangier palatins , Grecs ou Latins, plus à craindre que loups; Ny vous gualous, verollez jusqu'à l'ous; Portez vos loups ailleurs paistre en bonheur, Croustelevez , remplis de deshonneur. 854eb6051a22f95b4084732cd4fd307a.jpg

13.02.2008

Chercher l'erreur.

Le président a dit : il faut faire de la publicité pour les livres à la télévision Le président a dit aussi : il faut supprimer la publicité sur les chaînes publiques. Le président a encore ajouté : il faut lancer rapidement une grande émission littéraire. Tout cela vous semble incohérent ? pas du tout. Il suffit de comprendre ce qui se cache en dessous de ces paroles. Quand le président a dit : il faut faire de la publicité pour les livres à la télévision, il a voulu dire que les grandes maisons d’édition ne doivent pas avoir peur d’écraser les petites (qui elles n’ont pas de budget pour la publicité) et qu’a partir du moment où leur but est de faire de l’argent, elles ne doivent pas avoir peur de considérer le livre comme un vulgaire produit de consommation. Quand le président a dit aussi : il faut supprimer la publicité sur les chaînes publiques, il a voulu dire qu’il fallait éliminer le principal concurrent des chaînes privées (là où ses amis sont actionnaires) en lui coupant une bonne partie de ses revenus. Comme cela, l’ensemble de la publicité se retrouvera chez lesdits amis (qui, comme on le sait, ont des yachts et des jets privés à entretenir). Quand le président a encore ajouter : il faut lancer rapidement une grande émission littéraire, il a voulu dire qu’il fallait parler à la télévision des différentes biographies consacrées à Carla et à Cecilia, afin de redresser l’économie française (et remplir le portefeuille des amis actionnaires qui avaient si gentiment invité Carla et Cécilia).

05.02.2008

La première dame de France gagne son procès contre Ryanair.

Attaquée au tribunal pour avoir exploité une photographie du couple le plus médiatique de la planète, la société Ryanair a été condamnée à payer un euro à Nicolas I, roi, par la volonté du peuple, de la grande Sarkozie (lequel, bon prince, a tenu a préserver la dignité de sa fonction en ne se montrant pas bassement matérialiste) et 60.000 euros à sa douce moitié. Il est vrai que celle-ci avait demandé 500.000 euros et que le juge a revu ses prétentions à la baisse. Ceci dit, si c’est en tant qu’outrage à la première dame qu’on juge son affaire, il y a erreur, car au moment des faits elle n’était encore que Carla Bruni. Nicolas l’avait dit d’ailleurs : « vendre son image, c’est son métier de mannequin. Elle subit donc un préjudice et c’est pour cela qu’elle réclame une somme plus importante. » En octroyant 60.000 euros, le juge a sans doute donc estimé que le première dame n’était plus mannequin à temps plein mais bien à temps partiel (puisque le code civil l’oblige à passer ses nuits avec son mari). Le préjudice étant moindre, il n’a pas accordé la totalité de la somme réclamée. Mais comme par ailleurs, la première dame continue à poser en petite tenue (bottée et baguée) pour la presse espagnole, il a bien dû, tout de même, accorder un petit dédommagement qui arrondira les fins de mois. C’est sans doute pour cela qu’elle n’a pas accompagné le président en Roumanie mais qu’elle s’est fait remplacer par son père (ce qui, pour Nicolas, rend le voyage nettement moins romantique, on en conviendra). Elle avait sans doute quelques séances de photos à terminer. Pour ceux parmi vous qui sont passionnés de littérature, ils ne manqueront pas de se précipiter sur les trois derniers livres sortis, tous consacrés comme il se doit à Carla Bruni. -Carla Bruni, Qui est-elle vraiment? paraît aux éditions Privé, avec un premier tirage à 55.000 exemplaires -Carla Bruni, La dame de coeur est annoncé chez l'éditeur belge Luc Pire. Tiré à 20.000 exemplaires, il a déjà été réimprimé à 5.000 pour faire face à le demande, selon la maison d'édition. -Carla et Nicolas, Chronique d'une liaison dangereuse des journalistes Chris Laffaille et Paul-Eric Blanrue, paraît aux éditions Scali. 40.000 exemplaires et le livre est également en réimpression, selon la maison d'édition On plaint l’ex-première dame, Cécilia, dont les biographies vont se faire détrôner par ces nouveautés, alors qu’elle était en tête des meilleures ventes. Et on dira encore que les éditeurs ne lisent pas les manuscrits envoyés par la poste… bc04b0f10fc6a9cf6ef38a326a2b5299.jpg

"Nicolas, voulez-vous prendre pour épouse..."

On n’était jamais tombé aussi bas. Jamais, en effet, un président en exercice n’avait attiré à ce point l’attention de la presse à sensation. Sarkozy a voulu innover en cette matière comme dans toutes les autres. Il commence à en payer les pots cassés. Ainsi, celui qui avait dit qu’il fallait travailler plus pour gagner plus n’en finissait plus de se faire photographier en douce compagnie dans divers lieux d’amusement ou de villégiature. (Disney Land, Egypte, Jordanie, etc.) Alors que le pays est en crise (c’est lui qui le dit), en retard sur l’économie mondiale (sans doute) et qu’il s’est engagé à lui faire faire un grand pas en avant (contestable par ailleurs puisque cela revient à suivre une politique libérale pure et dure), voilà qu’il ne s’occupe plus de rien et qu’il se contente de roucouler et de faire les yeux doux à la belle Carla. Erreur fatale. Les Français, dont le pouvoir d’achat s’érode (forcément, la liberté du marché permet à n’importe quelle firme d’évincer ses concurrents puis de demander le prix qu’elle veut, l’Etat n’intervenant plus en rien et se contentant de laisser faire) ont besoin d’un président de crise et ils ont sous les yeux un adolescent amoureux. Voilà qui explique la chute vertigineuse dans les sondages. Heureusement le mariage vient remettre les pendules à l’heure. Un mariage, « vous vous rendez compte ! ». C’est du sérieux. Celui qu’on accusait d’être un frivole et un épicurien jouisseur redevient un époux respectable. Ouf. La morale est sauve. Ce n’est pas pour cela que la situation va s’améliorer, loin de là, mais au moins, pendant qu’il passe du temps avec la première dame, Nicolas ne sera pas occupé à démanteler nos systèmes de retraite ou à privatiser la fonction publique et c’est déjà cela. On lui souhaiterait même une lune de miel éternelle rien que pour qu’il nous laisse un peu tranquilles. 46175f01bea7a1fae92021ea24517cc6.jpgAinsi, le petit vizir qui était devenu calife à la place du calife est maintenant en plein conte des mille et une nuits. Il est amoureux. Tant mieux pour lui, mais comme il est du genre hyperactif, on peut supposer qu’il sera bientôt lassé de son nouveau jouet (à moins que ce ne soit l’inverse car on dit la belle Carla assez volage). En attendant, pendant ce répit amoureux, je suppose que nous aurons droit aux levers du Roi soleil dans Paris Match, avec Carla en petite tenue. On commence à avoir l’habitude, cela n’émeut plus personne. A propos de Roi Soleil, cela me fait penser que le petit Roi se rendait à précisément à Versailles, ces jours-ci, pour préparer les réformes constitutionnelles nécessaires à l’adoption du mini-traité européen. En monarque absolu, il s’apprête donc à ratifier un texte que la majorité des citoyens avaient pourtant refusé, mais que voulez-vous, le Roi est le Roi et ses désirs sont des ordres. Notons qu’il n’était pas seul à Versailles puisque sa toute nouvelle épouse était présente. Devant la presse, il a fait peu d’allusions à ce mariage, ayant enfin compris que la dignité présidentielle exigeait une certaine retenue. En visite en Moselle, il aurait déclaré devant les travailleurs d’une usine qui s’apprête à licencier : "Je dois dire que Gandrange comme voyage de noces, il n'y a pas mieux", tandis qu’à Bucarest il aurait reconnu avoir eu « un week-end assez chargé. » Ceci dit, on apprend qu’à Bucarest il était accompagné du père de Carla, Maurizio Remmert. C’est une manie chez lui. En Libye, il envoyait Cécilia, à Rome, il s’est présenté chez le pape avec sa future belle-mère et ici avec le beau-père. Curieuse histoire de famille. Ce n’est pas pour rien que la presse roumaine titrait « le mari de Carla Bruni arrive à Bucarest ». Quand je disais qu’on était tombé bien bas. 1c4eb3fffb859e9aa6b2d9167da8e65c.jpg Versailles, après les noces. Non, je me suis trompé dd12d6715fed8f11cbeb243596cc6243.jpg Voilà qui est mieux

01.02.2008

Un regard extérieur

Un article du Monde (actuellement en ligne, mais dépêchez-vous) donne l’opinion des journalistes étrangers sur le « style » Sarkozy. On y apprend, si on sait lire entre les lignes, que les Français sont finalement ignares puisque tout le monde, à l’extérieur de l’Hexagone, semble en fin de compte apprécier le petit Nicolas. Ainsi, l’épisode où Sarkozy s’en est pris aux marins bretons serait vu positivement par les Italiens : « Un président de la République capable de descendre dans l'arène, d'aller parler avec ceux qui protestent, qui n'a pas peur, ça plaît aux Italiens." Les Anglais, eux, apprécieraient le côté «vrai » du président, qui ne se fabriquerait pas une image factice pour la télévision. Si les vacances sur un yacht privé sont qualifiées « d’impensables » en Allemagne, les mêmes Anglais, dans un cas semblables, se réjouiraient plutôt dans la mesure où c’est autant d’épargné pour les caisses de l’Etat et donc pour les contribuables. Quant à l’attitude du petit Vizir lors des sommets internationaux (on se souvient par exemple de l’apéritif trop alcoolisé bu en présence de Poutine), elle est simplement qualifiée « d’étrange » mais aussi de « touchante ». Bref, aucune critique vraiment méchante, au contraire. Les journalistes européens ont-ils l’esprit large ? Ont-ils peur de dire ce qu’ils pensent à celui qui les interroge ? Difficile de se prononcer. Il faut considérer, cependant, qu’ils sont peut-être moins directement impliqués que les Français, qui eux, en quelque sorte, doivent vivre au quotidien avec leur président, sans parler du fait qu’ils redoutent que l’image de marque de leur beau pays ne soit ternie par un clown hyperactif. Ce qui est sûr, c’est que si cet article du Monde avait voulu faire l’apologie du Président, il ne s’y serait pas pris autrement. Heureusement que nous sommes dans un pays où la presse est libre (tellement libre que n’importe qui peu même acheter un journal ou un groupe de presse s’il le désire), sinon on se poserait des questions.

31.01.2008

Evolution des moeurs

Le choc des photos: Le Président 168d124c8926e5ec5e22a189946a399f.jpg 12262a2869e7763f325a6341cec6dc6b.jpg La première dame: 6ce1604024ac70ba89a563f0f01cb79b.jpg cc6660c016f7ecb4620a4ce7fa7a5bb2.jpg