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06/11/2007

Exemple présidentiel.

Transparence ? Ah ah, je ris. Le grand Calife de Sarkozie, Nicolas I de Nagy-Bocsa, voulait que l’augmentation salariale qu’il s’est généreusement octroyée soit transparente. Et voilà qu’on apprend aujourd’hui qu’elle n’est plus de 140% comme tout le monde l’avait cru, mais de 172% (concrètement, son « salaire » passe de 7.084 euros net par mois à 19.331 euros).
Comment expliquer une telle dérive ? La confusion (voulue ?) provient d’une note de l’Elysée, qui précisait qu’il était « souhaitable que la rémunération du Président soit portée à un niveau comparable à celle du Premier ministre". Or, la rémunération brute annuelle de François Fillon est de 240 000 euros. Tout le monde avait alors comparé ce chiffre avec la "dotation" annuelle du président, fixée elle à 101 488 euros. D’où l’erreur d’appréciation.

L'amendement que l’Assemblée a voté prévoit, que le Président recevra dorénavant, comme les membres du gouvernement, "un traitement brut mensuel calculé par référence au traitement des fonctionnaires occupant les emplois de l'Etat classés dans la catégorie dite hors échelle, au plus égal au double de la moyenne du traitement le plus bas et du traitement le plus élevé de cette catégorie". C’est pourtant bien clair, il n’y a pas à dire.

Pour justifier cette petite augmentation, Le grand Calife a parlé, comme toujours, de « récompense du mérite et du travail bien fait », ajoutant qu’il avait voulu « que la présidence de la République donne l'exemple ». Donc, soit il est persuadé d’avoir bien travaillé, soit il s’octroie une récompense avant même que le public puisse juger du bien fondé de sa politique. Comme les arguments avancés ne semblaient sans doute pas convaincre tout le monde, il a aussitôt ajouté qu’il était pour la "rupture". La rupture, « un mot que j'aime tant", a-t-il précisé. Là, il n’y a pas à dire, pour un changement, c’est un changement, il a raison, bien sûr. Mais pourquoi voulait-il absolument un changement dans son salaire ? Parce que, a-t-il encore précisé, "si l'austérité produisait des résultats, ça se saurait depuis longtemps", ironisant du même coup sur la politique de Chirac qui, lui, avait prôné la rigueur aux Français.

On commence à comprendre la logique. On travaille beaucoup, donc on a un bon salaire. Comme on a un bon salaire, on peut avoir un bon niveau de vie et dépenser beaucoup, ce qui fait tourner la machine économique.

Il était donc normal que, le premier, l’Elysée donne l’exemple de cette nouvelle politique neo-libérale. Allez trouver quelque chose à redire à cela…

Les Français n’ont plus qu’à faire de même. Qu’ils commencent par se lever plus tôt et par travailler davantage et ils verront assurément leur salaire augmenter de 170 %. Avec une telle somme ils ne devront même plus compter sur leurs amis pour passer une semaine au soleil en Méditerranée.



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Commentaires

C'est vrai et sans compter logé-nourri gratuit plus frais de bouche etc...
Il ne nous reste plus que le "tu l'as voulu- tu l'as eu" en réponse aux nombreux français qui vont commencer à déchanter.

Ceci étant dit, j'aime beaucoup votre blog et suis très admirative de votre écriture ! Je n'ai pas encore tout lu et me réserve certains billets comme petits plaisirs pour combler mes temps libres.

Écrit par : cigale | 06/11/2007

Merci pour le compliment, Cigale. De votre côté vous nous apportez un rayon de soleil de Provence, ce qui n'est pas mal non plus.

Écrit par : Feuilly | 06/11/2007

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