13.07.2009

Absence

Le stylo est soigneusement refermé afin que l'encre ne sèche point.

Dans le tiroir du bureau, je l'ai bien rangé, entre un crayon taillé avec soin et une gomme désuète.

Ensuite, j'ai fermé tous les programmes de l'ordinateur, un à un, puis j'ai tout éteint. J'ai même débranché la prise, car les orages de juillet peuvent être terribles, parfois, quand les vents venus de grand Sud viennent affronter ceux du Nord. Mille zébrures meurtrières raient alors la nuit noire, éclairant un instant nos songes et semblant nous montrer le sens caché des choses.

J'ai regardé les livres, soigneusement rangés sur leurs rayonnages, les poètes avec les poètes, les romanciers avec les romanciers. Puis la couverture jaune de Rimbaud, dans son édition des Classiques Garnier, qui tranche sur tous les autres. Je n'ai point besoin de me lever et de le prendre pour savoir que les pages en sont usées d'avoir si souvent été lues et que la reliure en est un peu fatiguée, d'avoir si souvent été ouverte. Ensuite il y a ceux qui n'arrêtent pas de nous habiter depuis qu'on les a lus, les Malcolm Lowry, les Dostoïevski, les Styron, les Garcia Marquez. Et puis Montaigne, bien sûr et Baudelaire et tous les autres. Ils sont tous là, bien présents au cœur de la nuit. Je souris en les regardant, car leur présence est rassurante. Lentement, je me lève et m'achemine vers la porte, puis j'actionne l'interrupteur. La grande nuit reprend aussitôt ses droits. Pourtant, en me retournant, il me semble encore sentir la présence des livres, comme s'ils avaient une âme qui eût flotté dans la pièce. Il suffirait d'allumer de nouveau la lampe pour qu'ils réapparaissent. Mais non. Il est tard, il faut partir. Je referme la porte sans faire de bruit et m'éloigne à pas feutrés.

A l'adresse de mon site, j'ai laissé un message pour les lecteurs et les lectrices qui viendraient flâner par ici. Ils et elles le  découvriront demain :

« Blogue en pause estivale ».

Alors eux aussi s'en iront, n'ayant plus à revenir en ce lieu maintenant désert. Mais on ne peut pas toujours écrire. Il faut vivre aussi, s'imprégner de nouvelles impressions, les intégrer, les faire siennes. Plus tard, alors, on pourra écrire sur ce que l'on a vécu, le transformer, le modifier, l'amplifier, lui donner un sens. Plus tard.

Mais si toi, lectrice, tu ne pars pas ou si toi lecteur, tu restes dans tes foyers, cela n'empêche pas le voyage intérieur. Recherche ta vérité au plus profond de toi-même et tu n'auras pas perdu ton temps. 

 

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Photo personnelle

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21.06.2009

Le blogue : une logorrhée verbale ?

 

Pour ceux que cela intéresse, Marche romane vient de franchir le cap de son quatre centième article. Ce n’est pas rien, évidemment. Ce n’est pas rien mais cela nous amène, une fois de plus, à nous poser des questions sur la pertinence de tout cela. Qu’est-ce finalement qu’un blogue ? Que cherche-t-on en écrivant ici et que conviendrait-il d’y écrire ? Au-delà de la réflexion sur le phénomène blogue en lui-même, il importerait aussi de réfléchir sur le rapport entre l’écriture et le blogue. En d’autres termes, le fait d’avoir des lecteurs, de les sentir présents, conditionne-t-il le contenu et la manière d’écrire ?

 

Ce qui est amusant, c’est qu’alors que je me faisais ces réflexions et que j’en discutais même en privé, via la messagerie, avec une connaissance, voilà que Bertrand Redonnet, de son côté, nous propose justement sur son site un billet qui traite de ce thème. Je vous invite à le lire car il reprend exactement, en les développant subtilement, les réflexions que j’étais en train de me faire.

 

L’avantage, en tenant un blogue, c’est qu’on s’oblige à écrire car on sent inconsciemment que si on ne l’alimente pas régulièrement, il sera bientôt déserté par le public habituel, qui trouvera ailleurs une nourriture plus abondante. Et écrirais-je aussi ponctuellement si je n’avais pas l’opportunité de le faire ici ? Probablement pas, les occupations et les soucis de la vie quotidienne étant souvent un frein au travail d’écriture, lequel demande disponibilité et sérénité. Mais d’un autre côté, il ne faudrait pas que le public devienne un tyran qui conditionnerait mon acte d’écriture, soit en m’imposant indirectement un rythme à tenir, soit même en influençant la nature des billets présentés. J’ai su, il me semble, me préserver jusqu’à présent de ce travers.

 

Maintenant, le fait de pouvoir être lu est assurément un avantage dont on finirait par oublier qu’il constitue un privilège. Pour autant qu’on ne laisse pas au public le choix des thèmes traités mais qu’on continue à écouter sa petite musique intérieure, tout est parfait.

 

Le problème, c’est plutôt le temps.  Or le temps, quand on est dans la vie active, est le bien le plus rare et le plus précieux. Et il n’y a pas que les articles à rédiger et les commentaires à surveiller, il y a aussi tous les autres sites à aller lire. Ce serait un peu égoïste de se réjouir de la présence des lecteurs et de ne pas leur rendre leur politesse en allant lire leur propre site s’ils en ont un. Des liens se créent souvent ainsi, par affinité et c’est très intéressant.

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C’est intéressant sauf que quelquefois on a un peu l’impression d’être sur la place publique. On écrit à la craie sur un trottoir devant les badauds médusés, au milieu d’un brouhaha indescriptible, celui de la foule et de ses bavardages. Alors il y a inévitablement des jours où on se retrouve fatigué de tout ce vacarme, ce qui fait qu’on aspire à un peu de silence. Ces jours-là, la petite voix intérieure ne parvient plus à trouver son chemin dans la cacophonie générale. L’intelligence ne commande-t-elle pas une position de retrait qui n’est pas seulement protectrice mais aussi désir de se retrouver avec soi-même dans le silence ?

 

Quel est l’intérêt, finalement, d’écrire par exemple sur les livres qu’on a lus ? N’est-ce pas aussi participer au grand bavardage ambiant ? Certes, cela oblige à un esprit de synthèse et même, en écrivant ainsi un article, on approfondit le sujet  traité et on découvre soi-même des choses qu’on n’avait pas vues, mais bon, au-delà de cela, quel avantage y trouve-t-on vraiment ? Est-ce un vain étalage de culture, un désir de partager ses connaissances ou une tentative de communiquer avec autrui ? Un peu des trois sans doute, mais n’est-ce pas là une démarche vaine ? N’est-ce pas contribuer à son tour au grand bavardage ambiant que je dénonçais plus haut ?

 

 Ne ferait-on pas mieux, plutôt que de s’égarer dans cette voie, de se concentrer sur sa propre écriture, la vraie ? Car dans ces quatre cents articles, combien de textes littéraires, en fait ? Bien peu, vraiment bien peu. Déjà j’avais renoncé par le passé à toute une série d’articles disons d’actualité et je m’étais alors concentré sur des sujets plus littéraires. Mais parler de la littérature, ce n’est pas encore écrire (encore faudrait-il qu’on en soit capable, mais cela c’est une autre question dont nous ne débattrons pas ici).

 

Bien entendu, pour celui qui écrit et qui est publié (ce qu’on appelle donc classiquement un écrivain), le blogue devient une vitrine. Pour peu qu’il ne lui consacre pas trop de temps, c’est pour lui un moyen habile de faire connaître sa production et même, pourquoi pas, de lever pour le public un coin du voile sur l’art de la création, en proposant de temps à autre un extrait en cours de rédaction.

 

Vu l’évolution des techniques, il est clair qu’un homme de lettre se doit, de nos jours, de tenir un  site ou un blogue, simplement pour favoriser sa visibilité dans cette jungle commerciale qu’est devenu le monde de l’édition.

 

Mais nous, hommes ordinaires qui n’avons rien écrit, pourquoi perdre notre temps à nous donner l’illusion d’avoir un public avant même que d’avoir écrit quoi que ce soit ? C’est un peu mettre la charrue avant les bœufs, non ? Ecrire suppose le recueillement et la solitude. On n’écrit pas dans l’immédiateté. Je ne pense pas, en disant cela, à l’inévitable travail de correction qui chez moi est souvent fort limité (preuve qu’il y a des choses à améliorer dans mon travail d’écriture lui-même)  mais plutôt au recul nécessaire à toute activité de création. Avant de prendre la plume, il faut cerner son sujet, l’apprivoiser, ce qui peut demander quelques jours. Puis il faut laisser faire l’imagination, qui va, dans votre tête,  échafauder un semblant d’histoire. Ce n’est qu’alors qu’on prend sa plume ou qu’on s’installe devant son ordinateur. Les mots alors viennent en principe relativement aisément, mais c’est parce qu’ils sont le fruit de tout ce qui précède.

 

Or, cette démarche qui prend du temps, ne trouve pas dans le blogue le terrain qui lui convient. Ici, tout doit aller vite et on finirait par préférer de simples billets sur des sujets divers, relativement faciles à rédiger, plutôt que de se pencher sur un réel travail de création.

 

En conclusion, j’ai bien peur que je n’aie fait que contribuer à amplifier la rumeur ambiante d’Internet par mes différentes notes. J’aspire à un peu de silence, de discrétion, de recueillement. Je reviens donc à l’idée que j’ai déjà exprimée autrefois ( à savoir laisser de côté tous les thèmes d’actualité et se concentrer exclusivement sur les sujets littéraires) mais pour la radicaliser. Autrement dit, ne plus déposer ici que des textes personnels, soit de fiction, soit de poésie, soit encore des considérations personnelles ou philosophiques, voire des souvenirs ou des rêveries, un peu comme on le ferait dans un journal intime (se posera alors le problème du rapport entre la sphère privée et la sphère publique, mais s’il s’agit de textes littéraires, ce qui est trop personnel sera de toute façon transformé par le processus de création et sera donc devenu complètement  méconnaissable. En plus personne ne connaît ma vie, donc personne ne parviendra à distinguer ce qui est réel et ce qui est inventé)

 

Cela n’empêche pas de traiter de sujets existentiels ou même de réfléchir sur des phénomènes de société, mais plutôt que de le faire de manière disons intellectuelle, en développant point par point un raisonnement, on pourrait imaginer que cette réflexion s’inscrive dans un texte de fiction ou prenne la forme d’un journal personnel, ce qui, dans les deux cas, supposerait une approche plus littéraire.

 

Pour me résumer et exprimer tout cela plus simplement,  je dirai que la tenue de ce blogue m’a apporté beaucoup, mais qu’il me semble maintenant que cela constitue une entrave à la rédaction de textes plus littéraires, que je n’ai que trop négligés (essentiellement par manque de temps).

 

L’avenir nous dira si je parviens à me tenir à ces nouvelles règles.

 

04.04.2009

Anniversaire

Tiens, le quatre avril. Cela fait deux ans que ce blogue est ouvert. On dit souvent que tout s’arrête après un an, donc c’est déjà bien, non ? Il est vrai qu’on a changé un peu d’orientation en cours de route, délaissant la critique sarkozienne, amusante mais finalement stérile, pour des réflexions plus littéraires et même quelques petits textes personnels de temps à autre. Je crois que c’est dans cette direction que cela va continuer. Le site devient alors un moyen de toucher un public, une sorte d’auto-édition électronique en quelque sorte. Le revers de la médaille, c’est qu’on finit par n’écrire que pour le blogue et donc qu’on s’oriente vers des textes très courts ou des poèmes. Tout cela se fait au détriment d’une écriture plus vaste, plus ambitieuse. Mais quand on s’adonne à celle-là, tout reste dans les tiroirs et donc cela ne sert à rien.
Maintenant, un texte comme « La cabane dans les bois » qui a bien été écrit pour ce site (il ne devait faire qu’une page au départ mais le thème du voyage et une histoire d’amour sont venus s’ajouter par la suite) est la preuve qu’on peut écrire des textes plus longs et les faire lire ici.

Je remarque que généralement les articles sur la langue française suscitent beaucoup d’intérêt. Je ne parle pas du nombre de commentaires, mais des réactions que j’en ai par ailleurs.

Je constate aussi que le nombre de visiteurs a toujours été en progression depuis le début. Je me moque des statistiques (clin d’œil à ceux et celles avec qui j’en ai parlé) mais j’avoue que si le nombre diminuait chaque jour, cela serait sans doute le signe que quelque chose ne fonctionne pas bien. Autant écrire pour soi dans un cahier alors.

Car un site permet aussi des rencontres, virtuelles certes, mais souvent intéressantes et certaines même très fortes. C’est aussi très important. On trouve des affinités avec certaines personnes et il se crée des amitiés et ma foi cela vaut bien les relations qu’on a dans sa vie habituelle. La différence, c’est d’une part qu’on rencontre ici des personnes ayant les mêmes centres d’intérêt (essayer de parler de Nietzsche avec votre voisin ou de Rimbaud avec votre banquier, pour ceux qui en ont un) et d’autre part qu’on se livre plus, les uns et les autres. Par livrer, je ne parle ni de la vie quotidienne ou familiale (sur laquelle je suis toujours resté très discret) ni des données d’état civil (âge, profession, etc.), qui n’apprennent finalement pas grand chose sur quelqu’un, mais du fait de livrer le fond de sa pensée, d’exprimer ses convictions, ses doutes, ses errements, sa philosophie de vie, etc. Bref, on va à l’essentiel, alors que dans la vie dite réelle (mais ce site aussi fait partie de ma vie réelle, il me semble) tout reste souvent au stade des convenances sociales. A l’artificialité, on tente de substituer une certaine vérité. Tout est relatif, évidemment et on pourrait dire exactement le contraire et que tout ceci n’est qu’un jeu de rôle dans lequel chacun essaie de briller et donc qu’on reste très loin aussi de la vérité. Je ne sais pas, il faut voir. Il me semble que je suis sincère dans ce que je dis. En tout cas c’est ce que je voudrais, sinon à quoi bon ?

06.02.2009

Blogues: de la longueur des notes.

Quand on rédige une note pour un blogue, il vaut mieux que celle-ci ne soit pas trop longue, afin de ne pas décourager les lecteurs potentiels, lesquels n’ont que leur écran pour en prendre connaissance. Donc, si les blogues offrent une belle opportunité pour tout un chacun de pouvoir s’exprimer, ils ne permettent toutefois pas des développements trop longs.

Il en va de même quand on propose un texte littéraire. Pour les poèmes ou les textes poétiques en prose, il n’y a pas de problème, ceux-ci n’étant jamais très longs, mais pour des récits proprement dits, cela devient plus compliqué. Jusqu’ici, j’étais parvenu à faire bref, mais il arrive qu’on se laisse emporter par la logique de son propre récit (au point qu’on se demande parfois si l’auteur maîtrise vraiment ce qu’il écrit et si ce ne sont pas les personnages eux-mêmes qui imposent le déroulement de leur histoire) et qu’on se retrouve avec un texte de plusieurs pages alors qu’initialement celui-ci avait été écrit pour le blogue.

Une solution consiste à faire comme avec tous les autres écrits, à savoir ranger ce nouveau texte dans un tiroir et ne plus l’en ressortir. Une autre solution, c’est tout simplement de le proposer ici par épisodes séparés. C’est ce que je me propose de faire à partir d’aujourd’hui. Bon, que les lecteurs qui n’aiment pas cette formule veuillent bien m’excuser. Ils ne sont d’ailleurs pas obligés de lire et ils peuvent en profiter pour aller butiner ailleurs pendant quelques jours et découvrir d’autres sites. J’ai bien conscience que cette formule du découpage n’est pas ce qu’il y a de mieux, mais après tout le XIX° siècle s’était bien singularisé par ses romans feuilletons et la littérature s’était adaptée à ces nouvelles contraintes éditoriales. Comme Internet est un outil neuf, il est normal que nous en soyons encore à chercher les formules les plus pertinentes.

10.12.2008

Recherche dans Marche romane

Je signale aux lecteurs qui n’auraient pas de blogue personnel chez Hautetfort (ou qui n’auraient pas de blogue du tout) qu’une fonction «recherche » est maintenant accessible en bas de la colonne de gauche. C’est bien pratique pour retrouver un thème qui aurait été traité dans le passé et cela devrait permettre de faire revivre un peu les anciens articles. On n’arrête pas le progrès.

05.09.2008

Mise au point

J’ai donc bien réfléchi et même longuement.

Ce blogue, qui m’a apporté beaucoup, ne me satisfait plus en l’état où il se trouve. Il y a à cela plusieurs raisons.

- Tout d’abord, il me semble avoir fait le tour des sujets que je voulais aborder. Bien entendu, je pourrais, pendant des années, continuer à parler de l’actualité ou du monde de l’édition, mais en fait je ne ferais plus que me répéter. Les malheurs de l’univers sont éternels et je n’en finirai plus de regretter l’absence d’un état palestinien ou de pourfendre le néolibéralisme mondial qui vise à nous asservir aux lois du marché. De toute façon cela ne servira à rien, puisque rien ne changera. Quat aux lecteurs qui viennent ici, s’ils viennent, c’est qu’ils sont plus ou moins d’accord avec mon point de vue (ou alors ils ne viennent plus) et donc je ne leur apprends rien ni ne leur apporte rien.

- A côté de cela, ce blogue est un peu victime de son succès (succès tout relatif comparé à d’autres). Récemment, le nombre de commentaires a singulièrement grimpé et de manière exponentielle. C’est très agréable de vous lire tous, mais tout cela appelle des réponses (sinon il n’y a pas de dialogue, or c’est un peu la raison même des blogues, non ?). Il se fait que je n’ai matériellement pas le temps de gérer ces commentaires, travaillant à temps plein. Tant qu’il n’y en avait que deux ou trois, cela allait, mais maintenant la longueur des commentaires et leurs réponses dépasse celle de mes notes. Or mon but était d’écrire et non de parler. Non que ces débats ne soient pas intéressants, bien au contraire, mais j’ai peur de me retrouver enfermé dans un système où, pour une note de trois lignes on va commencer à discutailler pendant trois jours. Je le répète, c’est intéressant en soi, mais personnellement je n’ai pas le temps pour gérer cela. De plus, ce qui me plaisait ici, c’était d’écrire (et écrire oblige à réfléchir et à structurer ses idées, donc cela permet de les rendre plus claires à commencer pour celui qui écrit). Etant solitaire par nature, je n’ai pas la passion des débats. Il se trouve que le temps consacré aux débats, s’il vous oblige aussi à réfléchir et à frotter votre pensée à celle des autres, est aussi du temps perdu pour votre prochaine note. Pour le dire encore autrement, je préfère méditer dans le silence et proposer de temps à autre la synthèse de mes réflexions plutôt que de me transformer en animateur sur une place publique. Tout ceci n’est évidemment pas un reproche aux différents intervenants (encore qu’il s’est trouvé ces derniers temps une certaine commentatrice particulièrement prolixe, suivez mon regard…) et ce que nous avons partagé était intéressant, mais je souhaiterais me recentrer davantage, ce qui nous amène au point suivant.
- En fait, je souhaiterais me concentrer sur les aspects strictement littéraires. En effet, je me rends compte que depuis que je tiens ce blogue je n’écris absolument plus rien pour moi. J’entends par-là des réflexions personnelles ou des textes de fiction. Mon point de vue est sans doute égoïste, mais comme disait l’autre, c’est le mien. Vous me direz que cela ne sert à rien d’écrire si on n’est pas publié et c’est vrai. Mais je répondrai d’une part que cela me fait plaisir ( ce qui est déjà un motif suffisant en soi) et d’autre part que venir m’énerver ici sur la situation internationale ou les pitreries de Sarkozy n’apporte rien à personne non plus.

-Internet est une activité essentiellement « chronophage ». Car il n’y a pas que son propre blogue à tenir, il y a aussi tous les sites amis que l’on va visiter. Certes, c’est intéressant, mais une nouvelle fois c’est au détriment d’autres activités, ne serait-ce que la lecture, car en effet là aussi on se met à écrire des commentaires puis des commentaires sur les commentaires. Bref, la journée et la soirée sont passées quand on a à peu près fini et il ne reste plus beaucoup de temps si on veut se pencher sur Sophocle ou sur Hubert Haddad. Donc, là aussi je vais essayer de réduire mes activités, non pas que je ne vous lirai plus, mais je vais essayer de limiter mes commentaires (cela va être dur tout de même).

-Ce blogue « Marche romane » ne fermera pas et restera sous sa forme actuelle (avec ses archives toujours consultables). Je continuerai à venir déposer des textes de temps à autre, mais cela sera plus rare, au gré de mon humeur et certainement pas une fois pas jour. Je m’efforcerai de ne parler que de littérature (ce qui exclut déjà tous les ressentiments à l’égard du monde de l’édition ou les réflexions sur les romans commerciaux de la rentrée). Quand je dis littérature, ce pourrait être l’approche d’un écrivain ou le commentaire d’un de ses textes, voire quelques textes de mon cru, pourquoi pas. Je voudrais trouver dans tout ceci une sorte d’apaisement. Ce site devrait être un lieu de calme où on vient se promener une fois de temps en temps, un peu comme on fait une promenade en forêt ou quand on visite une vieille église romane. Or, je pressens que cela n’aurait plus été possible à court terme si j’avais laissé les choses aller plus avant. Cela allait déraper et ce blogue n’aurait plus vraiment été le mien.

- Voilà. Forcément le nombre de lecteurs va diminuer en flèche, mais je ne suis pas un fanatique des statistiques. Vient qui veut. Tout cela n’est pas lié à vous, chers lecteurs, mais à ma nature personnelle, plutôt ombrageuse et solitaire. On ne se refait pas.



03.09.2008

Que doit-on dire ou ne pas dire dans un blogue?

Quel est le sens de tout ce que l’on dit sur nos blogues ? Nous parlons, nous nous exprimons, (cela fait du bien, il n’y a pas à dire), parfois nous râlons (cela fait encore plus de bien,) nous avons des lecteurs (et même de plus en plus), nous pouvons d’ailleurs échanger des idées avec eux (ce qu’un écrivain n’a pas toujours l’occasion de faire, finalement). Et puis après ? Tout cela forme une masse de mots importante, qui vogue au gré d’Internet et dont on suit mal les aboutissements.

Qu’écrit-on sur ces blogues ? Certains y parlent de leur vie privée ou de leurs soucis (ils courent vite le risque d’être lynchés par quelques âmes malveillantes), d’autres, comme moi, y parlent plus de sujets qui leur tiennent à cœur (en quoi ils se dévoilent à peu près autant puisqu’en disant ce qu’ils aiment, ils disent ce qu’ils sont et donc qui ils sont). Cependant, l’absence de référence à leur vie quotidienne, voire à leur état civil, peut entraîner à son tour des confusions car chaque lecteur voit ce qu’il a envie de voir dans ce qu’il lit. Ecrire participe donc à notre insu à un brouillage de pistes qu’on n’avait pas voulu. Ecrire serait donc mentir ? Ecrire dans la discrétion serait finalement mentir par omission ?

Et puis écrire sur des sujets extérieurs à notre personne, c’est bien (l’édition, l’actualité, les livres lus, etc.) mais n’est-ce pas là, finalement, une activité qui relève du bavardage ? Une sorte de café du commerce un peu plus relevé parce que les thèmes choisis sont réputés culturels ? Et si on parle de soi, de ses doutes existentiels, qui pourra comprendre ? Chacun a sa propre expérience et le dialogue qui s’instaurera alors pourra bien ressembler à un dialogue de sourds. Pourquoi dès lors en parler ? N’y a-t-il pas là quelque chose d’incommunicable, un je ne sais quoi d’inaccessible qui fera que nous resterons tous des étrangers les uns pour les autres ? Ne vaudrait-il pas mieux se taire, replonger dans ses livres et y chercher des réponses à nos questionnements ? Tenter un dialogue entre un auteur inconnu (peut-être même décédé il y a des siècles) et nos propres positions ? Continuer seul notre cheminement en sachant que de toute façon notre solitude est la seule certitude que nous ayons, que cette solitude nous accompagnera notre vie durant et qu’à l’ultime moment elle manifestera toute sa puissance ?

Pourquoi parler (je n’ai pas dit pourquoi écrire, car on peut écrire pour soi, de manière cathartique), pourquoi vouloir échanger si tout est incommunicable ? Pour échanger vraiment, il faudrait exposer son être profond. Ne le faire qu’à moitié a-t-il un sens ? Non. Le faire entièrement non plus (pourquoi se livrer ainsi à la curiosité du public ?). Ne pas le faire, c’est se replier sur soi. Alors ? Que peut-on dire dans un blogue ? Ou est la limite entre le public et le privé ? Pourquoi voulait-on être lu ? Pour exister, manifestement. Mais existe-t-on plus si on est lu ? Sans doute. Disons qu’on a alors fait porter une partie du fardeau sur les autres. On a l’impression d’être compris, on se sent moins seul pendant un instant. Et après ?

Finalement, on en dit toujours trop ou jamais assez. Pourquoi demeurer dans cet entre-deux ? N’est-ce point là un signe de médiocrité ? Pourquoi s’exprimer, alors, si on ne parvient pas à aller jusqu’au bout ? Il aurait fallu dire plus que de vagues impressions, lesquelles ne servent qu’à dessiner les contours de notre pensée, à appâter le public, sans jamais donner de solution. La solution, ce serait de pouvoir dire qui on est (sur un plan existentiel, j’entends), mais il semble bien que cela soit impossible, nous ne pouvons pas aller aussi loin (soit par pudeur, soit parce que les mots nous manquent, soit parce qu’on ne sait pas toujours qui vient lire et qu’on n’a pas envie de se dévoiler devant des inconnus). Alors pourquoi écrire sur un blogue ? Le silence ne serait-il pas préférable ? Plus digne, en quelque sorte…


25.08.2008

Détail pratique

Depuis plusieurs jours, les commentaires comportant une adresse de site ne « passaient » pas chez Hautetfort. Aujourd’hui, tout s’est débloqué, tant mieux. Le problème, c’est que les messages viennent d’être renvoyés une deuxième fois (avec les adresses des sites jointes) à la date du 25.08.08. Sur un même sujet, on se retrouve donc avec deux fois le même commentaire mais à des dates différentes.
Afin de faciliter la lecture de ceux qui prendraient la lecture de ce blogue en cours de route, j’ai supprimé les commentaires redondants du 25.08 et j’ai replacé les adresses des sites auxquels ils renvoyaient dans le commentaire initial (22 ou 23 août).

24.04.2008

Le blogue : du privé au public.

Il y a tout de même un paradoxe fondamental dans le phénomène des blogues. En effet, qu’on le veuille ou non, ouvrir un blogue revient à parler de soi. Certains en font un véritable journal intime (l’écran a juste remplacé le bon vieux cahier dans lequel ils racontaient leurs impressions), d’autres, plus réservés quant à leur vie privée ou leurs états d’âme, de dévoilent cependant aussi puisqu’ils abordent des sujets qui leur tiennent à cœur. C’est finalement mon cas ici. Je ne parle pas de moi directement, mais à travers mes prises de position ou mes choix de lecture, les lecteurs arrivent, par recoupements, à se faire une idée générale assez exacte de mes opinions (peut-être mieux, d’ailleurs que les personnes qui m’entourent, qui elles ne me découvrent que par mes actes et non par l’exposé de ce que je pense).

Donc, que le blogue soit tout à fait intime ou qu’il le soit un peu moins, c’est tout de même une part de soi que l’on vient ainsi livrer en pâture au public. On pourrait donc se demander ce qui est à la base dune telle démarche. En effet, ce qui est intime ne doit-il pas justement le rester? Rappelez-vous votre adolescence : pour rien au monde vous n’auriez apprécié que quelqu’un s’empare à votre insu de votre journal personnel et le lise. Pourtant, ici, c’est volontairement qu’on s’expose devant le public, curieux, non ? De plus, ce public est tout à fait inconnu (du moins au départ, car les mois passant on finit par deviner un peu ses correspondants). On pourrait encore imaginer que l’on se confie à des personnes bien connues, mais non, ici, c’est au premier venu qu’on se livre en toute confiance. Etrange.

L’engouement que le phénomène des blogues connaît prouve assurément que ce type de démarche répond à un besoin. Il est vrai qu’autrefois, dans les petits villages de campagne, tout le monde se connaissait et qu’il était peut-être plus facile de se confier à un voisin ou à une voisine que dans nos cités tentaculaires et anonymes. J’avance cette hypothèse, mais je n’y crois pas trop moi-même, sachant aussi combien la province peut être mesquine et cancanière, ce qui fait que beaucoup doivent hésiter avant de se dévoiler devant leur entourage.

Le blogue remplacerait-il le psychologue que nous n’allons jamais consulter ? C’est peut-être vrai pour ceux qui parlent de leurs problèmes intimes, mais les autres, ceux qui se contentent d’aborder leurs passions (lecture, photographie, musique ou que sais-je) ?

Il semblerait bien, en fait, que le vrai but soit de pouvoir s’exprimer soi-même. Dans une société impersonnelle qui nous demande surtout d’être rentables, chacun éprouve manifestement le besoin de dire qui il est et ce qui lui tient à cœur. Un blogue, c’est une tribune. A partir du moment où je vis en décalage avec la version officielle donnée par la société, il me faut réagir et clamer haut et fort (c’est le cas de le dire) mes opinions. Ainsi si je n’apprécie pas que la littérature soit en train de se transformer en une vaste opération commerciale et si je n’ai pas forcément envie de lire les ouvrages que la publicité veut m’imposer, au moins, si je possède un blogue, je peux montrer ma désapprobation. Comme d’autres personnes pensent la même chose que moi, nous voilà déjà plusieurs à dialoguer et à nous remonter le moral les uns les autres. C’est une lapalissade, mais il est clair qu’on se sent moins seul quand on est plusieurs. Dite comme cela, la phrase est ridicule, mais si on y regarde d’un peu plus près, on s’apercevra qu’elle ne l’est pas. Le fait de ne plus se sentir seul de son opinion console, réconforte et aide à survivre.

Vous me direz que les personnes qui viennent laisser des commentaires ne sont pas toujours d’accord avec l’auteur du blogue. C’est exact, mais cela a peu d’importance car dans ce cas le blogue se transforme en ring ou en tatami sur lequel on vient défendre ses opinions contre l’adversaire. Ce qui compte, c’est qu’on le fasse devant un public attentif qui compte les coups et qui à l’occasion donne son avis. Ici aussi, donc, il s’agit de dire qui on est, ce que l’on pense, et finalement d’oser affirmer ses opinons les plus intimes. Le blogue a donc une vertu cathartique et l’on pourrait presque dire qu’il s’apparente à la vieille maïeutique socratique puisque par le truchement de l’écriture il nous oblige à aller dans nos derniers retranchements pour mettre clairement à l’écran (j’allais dire sur le papier) des pensées qui souvent restaient confuses pour nous-mêmes parce qu’elles étaient enfouies au plus profond de notre être.

Tenir un blogue, c’est donc écrire. Ecrire, c’est penser et ici, c’est penser devant un public.

Donc, maintenant que nous avons compris comment on est passé de l’analyse de l’intime au besoin d’un public (la sphère privée se dévoilant volontairement à l’extérieur), il reste encore un autre paradoxe à analyser.

Quand le succès d’un blogue devient trop grand, celui qui en est l’auteur se retrouve parfois coincé entre son être intime et son personnage. Certes il parle toujours de lui ou de ses passions, mais il se rend compte que son public se fait une certaine image de lui et insensiblement il aura tendance à vouloir correspondre à cette image fabriquée, ne serait-ce que pour ne pas perdre ses précieux lecteurs. Doit-il rester lui-même ou doit-il jouer un rôle ? Personnellement la réponse me semble claire. La société nous fait déjà jouer tellement de rôles que si c’est pour venir en jouer un de plus sur un blogue qui se voulait au départ recherche d’authenticité, cela n’a pas de sens.

Mais on le voit rien n’est simple. Quand la sphère intime devient publique, elle court le risque de ne plus être que publique.

Que les dieux de l’informatique nous préservent d’une telle dérive !

08.04.2008

Des blogues et des blogueurs(euses)

Ce que j’aime bien avec les blogues, c’est aller butiner à gauche et à droite sur des sites intéressants, en apprécier le contenu, en sentir l’esprit, et revenir chargé de toutes ces impressions, qui vous accompagnent finalement la journée et vous font réfléchir sur les sujets les plus variés.

Voici quelque temps, cependant, que je me rends compte que les auteurs des sites que je visite habituellement semblent se poser beaucoup de questions quant à la pertinence de leur expérience de blogueur, allant même jusqu’à remettre en question leur présence sur le Net.

A chaque fois ces personnes déplorent le fait suivant : venir exposer devant tout le monde les sujets qui leur tiennent à cœur ne débouche finalement sur rien. C’est vrai, évidemment. En fait, le problème tient au fait qu’il y a une inadéquation entre le désir initial de s’exprimer et les conséquences, qui elles sont nulles. D’un côté il y a ce que l’on a à dire et qui pour la personne est fondamental et de l’autre il y a le côté futile du blogue, qui finalement semble avoir bien peu d’impact si on le compare à la presse écrite par exemple.

Pourtant, l’écriture blogueste (c’est comme cela qu’on dit ?) permet d’aborder des thèmes qu’on n’aurait peut-être pas abordés dans la vie quotidienne ordinaire mais qui sont fondamentaux pour l’individu. On ne se voit pas parler d’intertextualité avec un inconnu dans le métro ni réfléchir sur ce qu’est la maturité dans une file d’attente à la Poste. Ce n’est généralement pas avec vos collègues que vous abordez les livres que vous avez lus et c’est rarement avec votre voisin que vous essayez de réfléchir à l’adéquation possible entre votre vie intérieure et votre « être au monde ». Je ne me vois pas, tout en tondant ma pelouse, poser des questions par-dessus la haie audit voisin sur la manière de traduire par des mots un malaise intérieur ni dialoguer sur la beauté des chants d’Hildegarde von Bingen dans la file d’un grand magasin. Or tout cela, Internet vous le permet. Je veux dire par-là qu’ils nous arrivent tous d’aborder dans nos blogues respectifs des sujets délicats ou pointus qu’on n’aurait pas eu l’occasion d’aborder dans notre vie quotidienne. Ou alors nous aurions développé intérieurement ces sujets, sans qu’aucun dialogue ne soit possible. Par certains côtés, donc, le blogue permet, comme toute démarche d’écriture, de réfléchir sur des sujets qui sont pour nous importants et qui correspondent à ce que nous sommes vraiment (par opposition à toutes les fonctions sociales et professionnelles que nous occupons par ailleurs, fonctions que nous assumons du mieux que nous pouvons mais qui sont avant tout des rôles). Donc, les blogues ouvrent sur nous-même une petite fenêtre qui permet aux autres de venir voir comment nous fonctionnons vraiment. Il y a là une sorte de confidence étrange puisqu’elle est publique. Certains en disent trop sur eux –mêmes et ils le regrettent, d’autres trouvent au contraire qu’ils ne parviennent pas à concilier leur être social avec leur être comme blogueur. Dans tous les cas, cependant, il est clair que chacun livre une part intime de lui-même (soit en parlant de soi, de ses problèmes, soit en parlant de sa manière d’être et de sa façon d’envisager l’existence, soit encore en parlant de ses centres d’intérêts : la lecture, la nature, etc.).

Le problème commence quand le blogueur constate qu’il est peu lu ou pis qu’il est moins lu qu’avant. Il pressent alors un désintérêt du public pour ce qu’il a à dire et il le vit donc comme une condamnation de son être intime. Il se demande alors s’il fait bien de continuer cette expérience qui manifestement ne débouche sur rien puisqu’elle semble soulever une indifférence générale.

Le blogueur, cependant, ne devrait pas se jeter la pierre (je suis sans intérêt) ou la jeter aux autres (personne ne comprend la gravité des faits que je dénonce). Sa déception est bien compréhensible, mais à mon avis elle provient de la nature même du blogue. D’un côté on y dévoile des choses fort personnelles (et par personnelles je veux dire essentielles, pas forcément de nature privée) et de l’autre on se retrouve dans un espace public qui ne débouche sur rien. En effet à part l’estime et la reconnaissance de mes lecteurs (mais cela peut aussi être l’inverse) ce que j’ai voulu faire passer comme message n’aura aucune conséquence concrète. Le monde continuera à tourner de travers, les riches continueront à exploiter les pauvres gens, la misère (matérielle ou existentielle) continuera à se répandre. Au-delà de la satisfaction d’avoir pu dire ce que je pensais (ce qui est déjà beaucoup, avouez-le) et au-delà du contentement d’avoir été lu (ce qui n’est pas mal non plus puisqu’il apparente ma modeste démarche à celle d’un véritable écrivain), aucune mesure ne sera prise pour concrétiser ce que j’ai dit. Quand un président de parti, un haut magistrat, un philosophe de renom prend sa plume et écrit un article dans le Monde, cela a tout de même un impact sur le cours des événements. Certes tout n’est pas modifié tout coup de crayon, mais le fait qu’ils aient marqué leur désapprobation sur un sujet précis va tout de même freiner le parti adverse, qui réfléchira à deux fois avant de poursuivre dans la même voie. Sur mon blogue, par contre, je peux certes dire tout ce que je veux (sur ma personne et mes centres d’intérêt mais aussi sur la marche du monde) mais cela n’a aucun impact, au mieux puis-je espérer que cela aura éveillé une petite lueur dans le fort intérieur de quelques lecteurs, mais encore n’est-ce pas sûr.

D’où le découragement de beaucoup, qui se demandent s’ils doivent continuer à poursuivre cette expérience étrange, qui leur laisse un goût amer. Cela me fait penser que le mien a juste un an (le quatre avril 2007, pour être précis). Il faudrait aussi que je me mette à réfléchir sur la pertinence de poursuivre l’expérience, qui me semble cependant intéressante...

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