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27/05/2010

Obscurité (29)

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07:03 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : littérature

20/05/2010

Obscurité (28)

 

 

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18/05/2010

Obscurité (27)

  

 

 

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13/05/2010

Obscurité (26)

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07:00 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : littérature

10/05/2010

Obscurité (25)

 

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06/05/2010

obscurité (24)

 

 

 

 

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07:00 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature

03/05/2010

Obscurité (23)

(...)

Elle ne sait plus, tout est confus dans sa tête. Elle est terriblement fatiguée, elle n’en peut plus. Ce doit être le contre-coup de tous ces événements, c’est trop, vraiment. Elle se laisse tomber par terre, à la limite de la clairière et là, elle se met à pleurer. C’est un torrent de larmes qui déborde d’elle, comme si toute l’angoisse contenue depuis si longtemps avait enfin trouvé le moyen de s’exprimer. Elle pleure et plus elle pleure, plus les idées noires l’envahissent. Toute sa vie des derniers mois ressurgit du plus profond d’elle : le mariage raté, les coups, la fuite, la maison vide, la chute de Pauline dans le lac et maintenant cette agression… Qu’a-t-elle fait pour mériter tout cela ? Est-elle donc si mauvaise qu’elle doive être punie de la sorte ? Il faut croire que oui. Elle ne sait pas en fait. A travers ses larmes elle regarde le ciel où la lune brille maintenant de tout son éclat, énigmatique, lointaine, inaccessible, presque cruelle par son indifférence. Elle tourne autour de la terre depuis des millénaires. Une éternité ! Quel sens peuvent bien avoir ses souffrances à elle face à cet astre éteint et mort ? Elle contemple aussi les milliers d’étoiles de la voûte céleste. Qu’est-ce qu’une vie humaine, finalement, face à tout cela ? Et cette vie, à quoi set-elle ? A rencontrer quelqu’un un court instant, à souffrir de cette rencontre, à avoir des enfants, à les élever comme on peut, pour que dans vingt ou trente ans ils refassent la même chose, commettent les mêmes erreurs ? Mais c’est complètement absurde. Et ces étoiles qui brillent là-haut, quel est leur sens ? Aucun, évidemment. Ce ne sont que des bouts de cailloux en fusion qui se promènent dans le vide interstellaire. Elle sent comme un frisson dans tout son être. Ce vide, ce non-sens, jamais encore elle ne les avait perçus avec une telle acuité.

 

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Elle se souvient que, petite, elle a dû croire en un Dieu, une sorte d’être supérieur qui réglait tous les problèmes et qui était là pour réparer toutes les injustices. Si une personne souffrait alors que ce n’était pas mérité ou même si elle mourait prématurément, ce n’était pas trop grave, car on savait qu’ailleurs, dans une sorte de paradis très mal localisé, elle jouirait enfin d’une vie paisible et les milliards d’années dont se composerait sa vie éternelle compenseraient bien les douleurs endurées ici-bas pendant quelques décennies. C’est ce que lui avait appris ses parents, c’est ce que le vieil instituteur du village, avec sa barbe et ses petites lunettes rondes, avait enseigné aussi, et c’est ce que le prêtre, lors des leçons de catéchisme, avait répété inlassablement. Alors, gamine, elle y avait cru, à toutes ces histoires, forcément. Puis, plus tard, quand elle avait été grande, elle avait un peu oublié. Cela ne la regardait plus vraiment en fait. Elle était dans la vie active, sans une minute à soi, alors cette éternité ne la concernait pas beaucoup, la mort non plus d’ailleurs. Elle avait donc gommé de sa mémoire une grande partie de cet enseignement mais, quand même, il restait dans un coin de sa tête cette idée d’un grand horloger qui orchestrait tout et qui, fatalement, donnait un  sens à toute chose.

 

(...) 

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27/04/2010

Obscurité (22)

 

 

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08:30 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : littérature

23/04/2010

obscurité (21)

 

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08:30 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : littérature

16/04/2010

Obscurité (20)

 

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12/04/2010

Obscurité (19)

 

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08:30 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : littérature

08/04/2010

Obscurité (18)

 

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08:30 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : littérature

02/04/2010

obscurité (17)

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08:30 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : littérature

30/03/2010

obscurité (16)

 

 

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Limoges

07:45 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : littérature

25/03/2010

Obscurité (15)

 Il arracha ses chaussures et s’avança à son tour dans l’eau. Elle était peu profonde à cet endroit, heureusement, et le lit de gravier semblait s’incliner en pente douce et non pas de manière abrupte. Mais sait-on jamais ! « Pauline, reviens » hurla-t-il. Elle se retourna enfin et sembla passablement étonnée de le voir derrière elle avec de l’eau jusqu’aux genoux. Mais au lieu de rejoindre son frère, la voilà qui pouffe de rire et qui reprend la direction du large en accélérant le pas. Mais ce n’est pas possible, qu’est-ce qu’elle fait ? Elle est devenue folle ou quoi ? Non, manifestement elle croit à un jeu de sa part car plus il l’appelle, plus elle se sauve en riant. « Pauline, arrête, je t’en supplie, c’est dangereux, tu pourrais tomber. » Mais il n’y a rien à faire, elle continue, provocante au possible, se retournant juste de temps à autre pour voir s’il la suit.  Elle a de l’eau jusqu’en haut des cuisses, au point que le bas de sa jupe, qu’elle relève pourtant, est déjà mouillé. Mais elle continue à rire et à progresser en zigzags, afin qu’il ne la rattrape pas. Evidemment, marcher pieds nus sur des galets et du gravier, ce n’est pas très facile. A un moment donné, elle heurte un rocher, fait un pas de côté et là, soudain, le sol se dérobe sous elle. Encore un peu et elle tombait pour de bon. L’enfant, qui arrivait, s’élance pour la retenir, mais voilà que c’est lui qui glisse à son tour. Manifestement à cet endroit, la berge tombe à pic dans le lac. Il s’en est fallu de peu qu’ils ne se retrouvent tous les deux dans l’eau.

 

Mais Pauline, elle, rit de plus belle. Cette course-poursuite, manifestement, l’enchante. Elle est déjà repartie, mais vers la berge cette fois. Comme il n’y a plus de danger, le garçon se prend au jeu et tente de la rejoindre en riant à son tour. Mais au moment précis où il va enfin l’attraper, Pauline fait un mouvement brusque pour l’éviter et ce qui devait arriver arriva : elle glisse et s’étale de tout son long dans l’eau. Catastrophe ! Ils gravissent aussitôt la berge et se laissent tomber dans l’herbe, lui encore à moitié sec et elle complètement mouillée. Que faire ? Et que va dire leur mère, surtout ? La petite n’hésite pas une seconde. Personne à droite, personne à gauche ? Hop, elle enlève jupe, tee-shirt et sous-vêtements et les confie à son frère, qui les tord autant qu’il peut puis les étend au soleil. De son côté, il remarque que le bas de son short est trempé, mais cela n’est pas trop grave.

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Les voilà donc assis côté à côte, elle toute nue et lui habillé. Ils regardent le lac sans rien dire et forment un couple pour le moins insolite et original. Mais ils ne sont quand même pas trop à l’aise. Et si quelqu’un arrivait ? Il n’y a qu’une solution. En grand seigneur, l’enfant ôte son tee-shirt et le donne à sa sœur. Comme elle est bien plus petite que lui, le vêtement lui arrive presque aux genoux. Ma foi, on dirait une robe et même si celle-ci est un peu large, elle fera parfaitement l’affaire. Ils se rassoient et l’enfant passe son bras autour du cou de Pauline, un peu pour la réchauffer, mais surtout pour la rassurer. Elle se sent bien avec son grand frère, elle est en confiance.

 

« Tu crois aux fantômes ? » lui demande-t-elle subitement. « Les fantômes ? Non, cela n’existe pas voyons » dit-il en riant. Elle hausse les épaules : « Ben , je sais bien que cela n’existe pas, va, ne te moque pas de moi. Mais j’ y crois quand même ! » « Comment cela ? » «Ben je veux dire,  dans la vraie vie, non bien sûr. Mais dans une autre vie, celle des songes, alors oui, ils existent. » « Ah bon ? C’est un peu compliqué ce que tu dis là. C’est quoi la vie des songes ? » «C’est pas compliqué à comprendre, pourtant. Regarde les Mille et une nuits, par exemple. C’est un conte. Cela n’existe pas vraiment. Et pourtant, quand je lis cette histoire, elle existe pour moi, dans ma tête. Quand le héros risque de se faire tuer,,j’ai peur pour lui. Quand le méchant gagne, je suis triste. Quand la belle princesse trouve l’amour, je suis contente, comme si c’était à moi que cela arrivait. Donc, cela n’existe pas dans le monde, mais cela existe pour moi, qui lis le livre. Tu comprends ? Et bien les fantômes, c’est pareil On n’en voit jamais, mais quelque part ils existent puisque je peux en avoir peur. » L’enfant se mit à réfléchir. Il se souvenait de la nuit où il avait quitté la voiture et où il s’était retrouvé dans le noir absolu, au milieu des chouettes qui hululaient. C’est vrai qu’il n’en menait pas large quand même. Pourtant, au matin, à la lumière du jour, tout cela semblait ridicule. De quoi alors avait-il eu peur, finalement ? De choses qui n’existaient pas. C’est sans doute cela que sa sœur voulait dire…

 

« Et pourquoi tu parles de fantômes maintenant, toi ? » « Parce que je regarde le lac. Je pense aux personnes qui habitaient dans ces villages. Elles doivent être mortes, maintenant, non ? Il y a si longtemps… Alors je suis sûre que la nuit, quand il fait bien noir ou au contraire quand la lune brille bien fort, elles reviennent voir leur ancienne maison, au fond de l’eau. » « Tu crois ? » « Oui, j’en suis sûre, je te dis. Elles nagent comme des poissons puis se retrouvent tout au  fond du lac. Et là, elles marchent dans les rues. Ce n’est pas facile, hein, de marcher dans l’eau ! Tu as vu tout à l‘heure, comme  on tombe vite… » « ça, pour avoir vu, j’ai vu oui… » « Et bien, pour ces personnes qui sont mortes, c’est pareil. Elles marchent comme elles peuvent, en essayant de ne pas tomber. »  « Ben, cela ne serait pas trop grave, elles sont quand même déjà mouillées, puisqu’elles sont au fond de l’eau. » « Gros bêta, tu n’as rien compris ! Les fantômes cela ne se mouille jamais puisque ce sont des esprits » «Comment cela, gros bêta ? Je vais t’en donner, moi » Et il se met à la chatouiller, mais Pauline le repousse, agacée. « Arrête, c’est sérieux ce que je dis. Ils se promènent dans le fond puis ils cherchent leur maison. Quand ils l’ont trouvée, ils essaient de rentrer dedans, mais ils n’ont pas la clef,  puisque ce sont des fantômes. Alors ils doivent casser un carreau ou forcer la porte pour pouvoir aller chez eux. Les poissons les regardent mais ne disent rien car cela ne dit jamais rien un poisson. Une fois qu’ils sont dedans, ils vont s’asseoir dans un fauteuil et ils restent, là, à contempler leurs meubles qui sont tout abîmés par l’eau. Alors ils sont fort tristes et ils pleurent. Je suis certaine que si on venait ici la nuit, on les entendrait pleurer. » « C’est bien possible, finalement » « C’est certain, tu veux dire. Alors, le papa fantôme, il est si triste de voir sa maison abîmée, qu’à la fin il se révolte. Tellement qu’il n’en peut plus de voir tout ce désastre. Il se fâche tout rouge et puis il se met à frapper sur tout ce qui bouge, pour se venger, parce qu’il ne sait rien faire d’autre. Il commence par renverser les meubles, par casser la vaisselle, puis à la fin, s’il croise ses enfants, il les frappe aussi. Fort, très fort, de plus en plus fort. »

 

L’enfant ne dit rien, mais il écoute, la gorge serrée. La petite, elle, se met à pleurer lentement. « Pourquoi il te frappait papa ?Tu n’es pas méchant, pourtant. Et lui non plus, il n’est pas méchant. Alors pourquoi ? » «Je ne sais pas. Peut-être que comme pour ton fantôme les choses n’allaient pas pour lui  comme il aurait  voulu. » « Sans doute, mais quelles choses ? » « Je ne sais pas. Des choses de grandes personnes sans doute. Nous, on n’y comprend rien. » « Qu’est-ce qu’on aurait dû faire ? » « Rien, sans doute, c’était comme cela, c’est tout. » « Et pourquoi il m’a frappée moi ?» « Je ne sais pas non plus. Je ne sais vraiment pas. » « Tu crois qu’on le reverra ? » « Je ne pense pas, non. Mais je ne sais pas, en fait. » « C’est que je l’aimais bien, moi, mon papa » « je sais. »

 

Et ils restent là. La main de l’enfant est toujours posée sur l’épaule de sa sœur. Elle vient appuyer sa tête contre son épaule et ne dit plus rien. D’une main, elle essuie une dernière larme. Le soleil de juillet donne sur son visage, il fait chaud, elle ferme les yeux. Elle est fatiguée, maintenant, toutes ces émotions l’ont épuisée. Bientôt, elle tombe endormie.

 

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08:30 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : littérature

22/03/2010

obscurité (14)

 

 

 

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18/03/2010

obscurité (13)

Le dîner fut charmant, presque romantique. Après avoir empourpré les collines, le soleil avait très vite disparu derrière le faîte des arbres et la grande nuit, implacable, était revenue. Avec elle, les premières chouettes avaient recommencé à lancer leurs hululements caractéristiques, mais nos amis ne les entendaient plus. Ils étaient fascinés par les flammes et, tout en dégustant leur omelette ou en avalant une feuille de salade, ils tournaient leurs regards vers ce bon feu crépitant qui les réchauffait et les éclairait. C’était comme un phare dans la nuit au milieu de l’océan, un refuge inespéré pour les naufragés qu’ils étaient et le seul fait de le regarder leur réjouissait le cœur. N’était-ce pas le principal ? L’enfant, cependant, se souvenait des moustiques qui étaient attirés par les phares de la voiture, lors de leur première nuit passée sur le plateau de Millevaches. Se pourrait-il qu’il leur ressemblât et que ce bonheur qu’il vivait en ce moment ne fût qu’un leurre et un mensonge ? Allons, il n’allait quand même pas se décourager maintenant ! Pour une fois que tout allait bien, il n’y avait pas de raison d’être négatif. A réfléchir au malheur, on finit par l’attirer. Alors il sortit de  sa rêverie, se resservit un peu d’omelette et écouta sa petite sœur, qui se prenait pour Shéhérazade et qui n’en finissait plus de raconter des histoires aussi étranges que merveilleuses.

 

(...)

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08:30 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : littérature

15/03/2010

obscurité (12)

 

 

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08:30 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : littérature

11/03/2010

obscurité (11)

 

 

 

 

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05/03/2010

obscurité (10)

 

 Voir le livre paru aux éditions Chloé des Lys

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08:30 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : littérature

27/02/2010

Obscurité (9)

 

 

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Et puis, au-delà de tout ce capharnaüm, il n’y avait plus rien, c’était le vide absolu. La pièce, sur une longueur de vingt mètres environ, offrait la simple nudité de son roc, comme si l’homme, avec son amas de détritus, n’avait osé pénétrer plus avant sous la terre. Ici, le monde minéral régnait en maître et on devinait aussitôt la présence de la montagne au-dessus de soi, avec les millions de tonnes de sa masse granitique. 

 

 

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01:46 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature

23/02/2010

Obscurité (8)

 

Voir le livre paru aux éditions Chloé des Lys

 

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20/02/2010

Obscurité (7)

Voir le livre paru aux éditions Chloé des Lys

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09:12 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : littérature

16/02/2010

Obscurité (6)

A la fin, n’y tenant plus, il sentit la nécessité de sortir de la voiture et de faire quelques pas, dans l’espoir qu’il trouverait ensuite le sommeil. C’était étrange ce besoin inexpliqué, c’était comme si le fait de rester là, étendu, lui était devenu insupportable. Il devait partir, bouger, marcher, éliminer toute cette énergie qu’il percevait en lui, toute cette angoisse qui l’avait imperceptiblement envahi et qui avait atteint une telle intensité qu’il devait absolument faire quelque chose. Il fallait vraiment qu’il y fût contraint par une force intérieure, car d’un autre côté l’idée de s’extraire de la chaleur de son sac de couchage pour affronter les ténèbres n’avait rien de réjouissant en soi, comme on peut s’en douter. L’être humain n’est pas à une contradiction près et les enfants n’y échappent pas plus que les adultes.

 

 

Voir le livre paru aux éditions Chloé des Lys

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Plateau de Millevaches

 

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09/02/2010

Obscurité (5)

 

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09:00 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : littérature

05/02/2010

Obscurité (4)

Quand il se réveilla, la voiture était arrêtée sur un parking d’autoroute et sa mère dormait, la tête appuyée sur le volant. Pauline aussi dormait et en voyant comme elle était belle, il repensa à son rêve troublant de la veille et surtout à sa fin horrible. Dehors, le soleil se levait et ce qu’il vit l’étonna au plus haut point. 

 

La suite est à lire dans le livre paru aux éditions Chloé des Lys

 

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08:23 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : littérature

30/01/2010

Obscurité (3)

A la fin sa propre mère se décidait à intervenir et il se retrouvait enfermé dans sa chambre sans dîner et puni jusqu'au lendemain. Ainsi il aurait le temps de réfléchir, lui lançait-on à travers la porte. Mais lui, la seule chose qui le tracassait, c’était de savoir pourquoi sa mère avait finalement demandé à son compagnon de se calmer. 

 

La suite est à lire dans le livre paru aux éditions Chloé des Lys

 

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11:55 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : littérature

25/01/2010

Obscurité (suite)

Terrorisé, l’enfant ferme les yeux. En une seconde, il revoit tout ce qui s’est déjà passé autrefois, tout ce qui se passe, depuis toujours : les coups de ceinture, les coups de poings, les coups de pieds. La douleur dans le ventre, quand la bottine ferrée arrive dans le creux de l’estomac, la douleur dans le dos, quand on le frappe avec un cintre et qu’il entend celui-ci voler en éclats. mposé une attitude de mépris, une manière de dire « Cogne toujours, tu ne m’atteindras pas ».

 

La suite est à lire dans le livre paru aux éditions Chloé des Lys sous le titre Obscurité.

 

 

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12:15 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : littérature, enfant, écurie

19/01/2010

Obscurité

Dans l’écurie, l’enfant attend. Il attend, roulé en boule dans un coin, le regard hébété, mais l’oreille attentive cependant. C’est qu’il est important de ne pas être découvert et le moindre bruit annonçant des pas qui s’approcheraient le ferait se recroqueviller encore plus, si c’était possible. Il est assis là, dans ce coin obscur, à même le sol de terre battue. Il sent le froid le gagner petit à petit et pourtant il ne bouge pas. Au contraire, il reste là, immobile, comme prostré dans sa douleur.

 

Il faut attendre, attendre que cela se passe. Cela se passe toujours, il suffit d’avoir de la patience, c’est son expérience qui le lui dit. Cette fois-ci, pourtant, ce n’est pas comme d’habitude, c’est beaucoup plus grave et il le sait. C’est d’ailleurs pour cela qu’il s’est réfugié ici, dans la vielle écurie désaffectée. Comme il n’a rien à faire, il regarde autour de lui, dans la pénombre. C’est une manière comme une autre de tromper son angoisse, d’oublier. Les mangeoires taillées dans la pierre brute sont toujours là, ainsi que les râteliers. Fixés au mur par des crochets gigantesques, couverts de rouille, ils laissent pendre des chaînes qui semblent sorties d’une salle de torture du Moyen-Age. Plus loin, à même le sol, s’entassent des outils étranges. Une herse, des râteaux, un fléau, quelques faux. Il regarde toutes ces tiges métalliques qui dépassent, ces barres de fer pointues, ces lames qui furent acérées un jour mais qui doivent encore couper suffisamment si jamais on venait s’empaler dessus… Son instinct de survie lui fait tendre l’oreille… Non, personne ne vient. Ouf ! C’est qu’une fuite dans la pénombre pourrait très mal se terminer avec tous ces outils qui traînent… Heureusement qu’il a barricadé la porte comme il a pu avec de vieux cageots !

 

A droite de cette porte se trouve une espèce de meurtrière, bien trop petite pour qu’une personne puisse y passer. Seule une lumière tamisée s’infiltre comme elle peut  par l’ouverture étroite, après avoir traversé le vieux mur de schiste d’un mètre d’épaisseur. C’est le seul éclairage de l’écurie, autant donc dire qu’on ne voit quasi-rien à l’intérieur. C’est une chance aussi : quiconque entrerait ici venant de l’extérieur ne distinguerait absolument rien dans un premier temps. L’enfant calcule le nombre de secondes dont il disposerait alors pour se terrer encore plus, disparaître dans le sol, se volatiliser, devenir poussière. Puis il se dit que ses calculs sont faux, car une fois la porte grande ouverte il est évident que la lumière entrerait à flots. Le tout est de savoir si elle arriverait jusqu’à sa cachette, dans ce coin reculé… Bien malin qui pourrait le dire. La vie est ainsi faite, remplie d’incertitudes.

 

Au-dessus de lui, il reste du foin qui pend entre les poutres du grenier. C’est que la maison est construite à flanc de colline, directement sur le rocher. Alors autrefois (et il s’est quand même trouvé quelqu’un pour le lui expliquer un jour), les chariots s’arrêtaient du côté de la route, à ras du toit et de plain-pied avec le grenier. C’était facile pour décharger et ensuite le foin tombait tout seul en contrebas, dans l’écurie. Il suffisait de le tirer à soi avec une fourche. L’enfant regarde cette herbe sèche qui n’en finit plus de s’échapper entre les planches disjointes depuis une bonne soixantaine d’années. Il se dit que son père, quand il avait son âge, a dû voir les mêmes choses que lui. Reste à savoir s’il venait aussi se réfugier dans la pénombre de l’écurie, ça c’est un mystère qu’il ne pourra jamais percer. Il regarde donc le foin bien sec et il se dit qu’il suffirait d’une petite allumette pour que tout soit fini : l’obscurité, la peur, les coups et même la vie. Ce serait si simple : rien qu’une petite allumette…

 

Mais ses poches sont vides et de toute façon ce n’est pas trop dans son tempérament de se révolter ainsi. Lui, il a plutôt appris à biaiser, à se sauver, à esquiver. Alors il est là, dans le noir, au fond de cette écurie désaffectée. Du sol humide s’échappe une odeur pénétrante qu’il identifie mal, mais qui doit provenir de toutes les bêtes qui ont vécu là, pendant un siècle ou deux. Les deux chevaux de labour à l’entrée, avec leur croupe et leurs pattes énormes, puis quelques vaches maigres, une chèvre aussi, sans doute et dans le coin là-bas, un cochon qu’on essaie d’engraisser avec le peu de nourriture qui sort de la cuisine. Car on a toujours été pauvre dans la famille, l’enfant le sait, comme il sait qu’il ne pourra jamais en être autrement. Pour passer le temps, il essaie de se mettre à la place du bétail qui a occupé ce lieu autrefois. Ca pense à quoi, une vache, quand ce n’est pas dans une prairie et que cela doit rester là, tout un hiver, attachée et immobile, à regarder un mur passé à la chaux ? C’est difficile à imaginer et d’ailleurs est-ce que cela  pense, seulement, une vache ? L’enfant se dit qu’il aurait mieux valu que cela ne pensât point (enfin, il le dit dans  son langage à lui, sans employer le subjonctif imparfait qu’on ne lui a pas appris à l’école), c’est toujours moins pénible quand on ne se rend compte de rien. Lui, par contre, ses méninges fonctionnent bien et cela cogite ferme dans sa petite tête. De tout ce qu’il a vu, de tout ce qu’il a entendu et surtout de tout ce qu’il a déjà enduré, il a retenu qu’il vaut mieux se terrer ici et attendre. En espérant cependant qu’on ne le découvre pas trop tôt, car alors ce serait pis encore. De la vie, il a retenu deux choses essentielles : la première, c’est qu’il vaut mieux disparaître quand les adultes sont énervés, la deuxième, c’est qu’il ne faut surtout pas se faire prendre quand on essaie de se cacher.

 

Il regarde autour de lui et s’aperçoit que les vieux murs sont recouverts de toiles d’araignées. Les pierres de schiste ont été assemblées avec de l’argile car on ne connaissait pas le mortier autrefois. Avec les années, les joints creux se sont vidés petit à petit et, dans toutes ces anfractuosités, des générations entières d’araignées ont tissé leur toile. Cela fait comme de grandes draperies poussiéreuses qui pendent le long des parois. L’enfant a même l’impression que tout cela ne constitue qu’une énorme toile, tissée par une araignée monstrueuse. Craintif, il regarde aussitôt dans le coin derrière lui. On ne sait jamais… Ouf, il n’y a rien. Mais il conserve tout de même l’impression d’être lui-même englué dans une toile immense, gigantesque. Pourra-t-il jamais s’en dépêtrer ?

 

C’est à ce moment qu’il entend un bruit de pas et que la porte s’ouvre brutalement, dans un grand fracas de cageots brisés. Ebloui par la lumière, il ne voit rien, mais il sait que c’est fini, qu’il n’y a plus rien à espérer. Sa dernière heure est venue.

 

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00:33 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : littérature, enfant, écurie

31/12/2009

Un conte de Noël (fin)

Alors, les mois et les années passant, sa  réputation ne fit que croître, comme on le pense bien. Quand il revenait dans un village déjà visité précédemment, tout le monde sortait des maisons et on lui faisait fête. Ce n’est pas la nourriture qui lui manquait, ni le vin et s’il n’avait plus la moindre pièce de monnaie en poche, il n’avait jamais aussi bien vécu. Tout en mangeant et en engloutissant le pain et les pâtés qu’on lui offrait à profusion, il caressait la joue d’une fillette et expliquait que Dieu aimait les enfants et leur innocence. On le laissait faire car c’était un honneur de voir sa propre fille caressée par un tel mage, qui disait de si belles choses et même si on ne les comprenait pas toutes, on devinait que celui qui les proférait avait sa place à la droite de Dieu, ce qui n’était tout de même pas rien.

 

Sa popularité prenait chaque jour de l’ampleur et parfois à son insu. Ainsi, une fois qu’il était invité à un repas de noce, un des villageois, pour lui être agréable, fit apporter une barrique de vin, pour qu’il puisse offrir à boire à l’assemblée. C’était une attention délicate : il remercierait ainsi les jeunes mariés de leur invitation et ne se ferait pas passer pour un vulgaire pique-assiette. Mais les convives, qui avaient déjà bien bu, ne comprirent pas d’où sortait ce tonneau et il s’imaginèrent que leur mage avait transformé l’eau insipide du puits en un vin délicieux et capiteux. Lui, tout en riant dans sa barbe, s’est contenté de lever son verre, car il savait qu’en s’entourant de mystère, son crédit ne ferait que croître.

 

Parfois, il organisait lui-même ses tours de magie, comme la fois où il mit un puissant soporifique dans la boisson d’un pauvre diable. Ce somnifère, mélangé au vin, eut un effet insoupçonné. Le villageois tomba dans une espèce de coma éthylique qui le laissa sans connaissance et sans souffle pendant plus de vingt-quatre heures. On s’apprêtait déjà à l’enterrer quand notre mage réapparut, un peu surpris lui-même des conséquences inattendues de son breuvage. Décontenancé, mais ne pouvant avouer la vérité, il conseilla cependant d’attendre encore un peu avant de laisser faire les fossoyeurs. Bien lui en prit car quelques heures après le mort ouvrait un œil, à la stupéfaction de tous. Il n’en fallut pas plus pour que de simple devin notre héros ne fût déclaré d’essence divine. Proclamé malgré lui fils de Dieu, il continua donc à parcourir le pays, acclamé par tous. Des foules immenses l’attendaient le long des chemins, on se prosternait devant lui, les jeunes filles tombaient en pâmoison, quand elles ne tentaient pas carrément de l’embrasser. Lui, imperturbable et prenant son rôle très au sérieux, parlait des temps futurs et de ce Royaume de Dieu où la vie serait enfin supportable et bien différente de celle que l’on connaissait aujourd’hui (c’était à espérer). Il n’y aurait plus de percepteurs d’impôts, plus de policiers zélés, plus de marchands avides ni même de prêteurs sur gage pour plonger les pauvres gens dans la misère. Non, il n’y aurait plus rien de tout cela, rien que des plaines verdoyantes où couleraient le vin et le miel.

 

Evidemment, tous ces attroupements qui se formaient sans arrêt, cela commençait par faire un peu désordre et les autorités se mirent à surveiller discrètement les moindres déplacements de l’homme de Dieu. Ses histoires de paradis et de monde meilleur, on s’en moquait bien. Après tout, cela faisait rêver le peuple et pendant qu’il rêvait celui-ci ne pensait pas à se révolter. Mais venir contester les autorités religieuses en place, c’était beaucoup plus délicat car, on le sait bien, le pouvoir politique s’appuie toujours sur la religion officielle et réciproquement. Et puis venir critiquer les notables, leur reprocher leur richesse et venir sous-entendre que demain, dans ce merveilleux paradis, ils pourraient bien ne plus être les premiers, voilà une chose qu’on ne pouvait guère tolérer. Alors, un jour que notre vagabond mystique, sûr de son succès, s’était aventuré jusque dans la capitale (où il avait d’ailleurs reçu un accueil triomphal), on décida tout bonnement de l’arrêter. On n’avait d’abord pensé qu’à l’enfermer dans une prison quelconque, afin que l’engouement des foules retombât un peu, mais les prêtres, qui étaient plus hargneux que les juges et les policiers réunis et qui craignaient surtout pour leur petit commerce (car ce fils de Dieu, devenu complètement fou, avait osé affirmer qu’il valait mieux aimer son prochain que d’apporter des présents au temple), ne l’entendirent pas de cette oreille. Ils manœuvrèrent si bien auprès des autorités (lesquelles avaient sans doute quelques dettes à leur égard, car on sait que la religion est parfois fort utile pour inciter les gens à se résigner et à renoncer aux revendications les plus légitimes) qu’on décida purement et simplement d’éliminer ce fils de Dieu si encombrant. Après un jugement sommaire, l’exécution fut donc décidée. La foule, retournée par quelques sermons bien ajustés, applaudit des deux mains, ce qui laisse quand même rêveur si on réfléchit à son  inconstance et sa versatilité. Le plus surprenant, ce fut en fait l’attitude de notre mage lui-même. Alors qu’il n’était jamais à court d’arguments et qu’il était passé maître dans l’art de manier la parole devant un public, là il resta complètement muet devant ses juges. Avait-il compris que l’issue de cette affaire était déjà décidée et qu’il ne servait plus à rien de se défendre ? S’était-il imaginé que le peuple allait se soulever et venir le libérer, ce qui aurait encore accru son prestige ? Ou bien avait-il fini par croire lui-même à toutes les histoires qu’il avait racontées et considérait-il qu’il était temps d’en finir et de rejoindre celui qu’il appelait son père et qui n’était autre que Dieu lui-même (lequel, après tout, le sauverait peut-être à la dernière minute) ? Ou bien encore avait-il pensé que ses parents, une dernière fois, allaient surgir au bon moment pour le ramener à la maison ? Difficile à dire. Tout ce que l’on sait c’est qu’il fut exécuté avec quelques brigands qui comme lui avaient l’habitude de traîner sur les chemins.

 

On n’aurait plus jamais entendu parler de lui si ses compagnons n’avaient tenté de conserver sa mémoire. Qu’auraient-ils pu faire d’autre, les pauvres ? Subitement privés de ressources, ils continuèrent d’aller de village en village, expliquant que la disparition physique de leur maître n’enlevait rien à la pertinence de son message : plutôt que de se calfeutrer chez soi et de vivre sur un tas d’or, il valait mieux ouvrir sa porte et partager ses richesses avec les plus démunis. Et tout en rappelant ces belles paroles, ils tendaient humblement la main. On dit qu’il se trouvait toujours quelqu’un pour y glisser une petite pièce.

 

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