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09/05/2014

Incendies historiques

L’Histoire, on le sait, n’a pas été avare d’incendies. Homère, déjà, nous a raconté dans l’Iliade l’incendie de Troie après la prise de la ville par les Grecs. Mais ces mêmes Grecs verront bientôt l’Acropole d’Athènes détruite par les flammes : les anciennes fortifications, les constructions et les statues furent en effet détruites par un immense incendie allumé par les Perses en -480 au cours des guerres médiques. C’est Périclès, aidé du sculpteur Phidias, qui reconstruira le site.

En 390 avant JC, c’est Rome qui tombe sous la coupe des Gaulois. Terrifiés, les soldats romains se réfugient dans la citadelle qui surplombe la colline du Capitole, laissant les « Barbares » massacrer femmes, enfants et vieillards dans la ville basse. Ceux qui ont traduit Tite-Live se souviendront de l’épisode des oies sacrées du Capitole, qui par leurs cris donnèrent l’alerte lorsque les Gaulois voulurent  s’emparer de la forteresse.

En -146, c’est Carthage qui brûle après avoir été pillée par les Romains, tandis que la bibliothèque d’Alexandrie aurait été détruite par les flammes en -47. Le grand incendie de Rome par Néron, date lui de 64 après JC.

Mais tout cela, c’est de l’histoire ancienne. Plus près de nous, on se souvient surtout du fameux incendie du Reichstag, allumé par les partisans d’Hitler, lequel accusa immédiatement les communistes d’en être les responsables. Il s’ensuivit une limitation immédiate des libertés individuelles et une chasse aux communistes allemands.

On se souviendra longtemps aussi de l’incendie de la Maison des Syndicats à Odessa, où plus de quarante personnes qui manifestaient pour s’opposer au régime fasciste mis en place à Kiev ont été encerclées et brûlées vives par ces mêmes fascistes. La première version officielle de ces faits désignait la Russie comme responsable de ce massacre, ce qui n’a évidemment aucun sens. Il est vrai que les conseillers US et les agents de la CIA qui pullulent en ce moment à Kiev ont pris l’habitude d’accuser leurs ennemis des crimes qu’ils ont eux-mêmes commis (voir l’attaque aux armes chimiques dans la banlieue de Damas qui avait été imputée au régime de Bachar el Assad, alors qu’il est aujourd’hui prouvé que les tirs provenaient bien des djihadistes armés par l’Occident).

Curieusement, cette version qui désignait la Russie comme responsable du massacre n’a pas été reprise par les médias occidentaux, pourtant habituellement très dociles quand il s’agit de colporter des mensonges d’Etat. Je ne sais pas pourquoi, peut-être tout simplement parce que la couleuvre était trop grosse à avaler. Par contre, j’ai entendu que les chefs de la police avaient été limogés. J’ignore pourquoi également. Sans doute parce qu’ils ne sont parvenus à séparer les deux camps en présence et surtout parce qu’il fallait bien trouver un coupable. Et puis dire que la police officielle n’est pas compétente, cela permet de créer des milices parallèles, ce qui a été fait le lendemain. Et qui va-t-on retrouver dans ces milices ? Les fascistes du Maïdan, évidemment, ceux-là même qui venaient juste de mettre le feu à la Maison des syndicats. La boucle est bouclée.

Comme en 1933, donc, des fascistes ont allumé un incendie et ont accusé leurs opposants (ici la Russie, berceau historique de ce communisme tant haï) d’en être responsables, puis ils ont renforcé leur présence militaire en étant officiellement chargés du maintien de l’ordre.

Pendant ce temps, à l’autre bout de l’Ukraine, les mêmes milices fascistes tirent sur des civils pro-russes (qu’ils qualifient de terroristes). Les hommes qui font partie de ces milices sont les petits-fils des Ukrainiens qui étaient venus avec les troupes allemandes en 1941 et qui avaient massacré des milliers de Juifs au même endroit.

La complaisance de l’Europe devant les nouveaux maîtres de Kiev laisse rêveur. Quant à messieurs Hollande, Fabius et BHL, qui ne cachent pas leur sympathie pour la communauté juive en général et pour Israël en particulier, leur attitude relève de la bêtise profonde. Il est vrai que le premier ministre israélien appartient bien à l’extrême-droite. Il y a de quoi y perdre son latin. 

 

OdessaOdessa

08/05/2014

Souvenirs

Dans le miroir des souvenirs

J’ai croisé le regard de l’enfant que je fus.

Il se promenait le long de la rivière

Qui coule depuis toujours

Sous ses arches de pierre bleue.

 

Il y avait là-bas des forêts infinies

Qui frémissaient sous les tempêtes d’automne

Tandis que des hordes de nuages

Déchiraient l’immensité des cieux

Sous des équinoxes pluvieux.

 

Dans le miroir des souvenirs

Se dressa soudain une adolescente de quinze ans.

Elle baissa pudiquement les yeux

Quand elle se sentit désirée

Par un condisciple amoureux.

 

Il y avait sur les murs pourpres du lycée

Des vignes vierges et sauvages

Qui montaient à l’assaut des nuages

Tandis que penchés sur nos vieux bancs tachés d’encre

Nous traduisions Horace, Virgile ou Tacite.

 

Dans le miroir des souvenirs

J’ai revu ton ombre exquise et délicieuse

Frêle silhouette amoureuse

Qui se dévêtait lentement

Dans des hôtels improbables.

 

Il y avait dans la chambre aux rideaux fermés

Tout ton amour qui se donnait

Dans l’odeur poivrée et chaude

De ton corps aux mille senteurs de vanille

 

Quand se brisa le miroir des souvenirs

Il ne resta que des éclats étincelants

Sur la surface changeante de la rivière

Et dans mon cœur le regret infini

 De toutes ces amours perdues.

 

Littérature

00:05 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : littérature

06/05/2014

Elections "démocratiques"

Le monde s’assombrit. Heureusement, des élections sont prévues le 25 mai, en Europe comme en Ukraine, d’ailleurs. Malheureusement, cela ne changera rien et tout le monde le sait.

Avez-vous entendu un seul des politiciens qui se présentent dénoncer le nouveau traité commercial transatlantique ? Pas un seul. Pourtant ce traité va concrétiser la mainmise des multinationales sur soixante pour cent des consommateurs de la planète, tout en permettant à ces mêmes multinationales d’attaquer auprès de juridictions privées les Etats qui oseraient mettre un frein à leur appétit insatiable (par exemple en imposant un salaire minimum ou en prenant des mesures pour la protection de l’environnement).

Avez-vous entendu un seul des politiciens qui se présentent dénoncer le soutien infâme que nos soi-disant démocraties apportent au djihad en Syrie (alors que nul n’ignore les atrocités perpétrées par ces groupes d’enragés qu’on nous fait financer avec nos impôts) ?

Avez-vous entendu un seul de ces politiciens remettre en question les nouvelles guerres coloniales que nous sommes en train de mener en Côte d’Ivoire, au Mali ou en Centrafrique ?

En avez-vous entendu un seul qui ait osé dénoncer l’agression scandaleuse dont a été victime l’Ukraine de la part de nos belles démocraties, lesquelles n’ont pas hésité, via ce qui s’apparente  finalement à un coup d’Etat, à imposer au pouvoir des groupes d’extrême-droite ? Y en a-t-il eu un seul pour reconnaître que les tireurs d‘élite de la place Maïdan ont tiré à la fois sur les policiers et sur les manifestants pour créer le chaos ? Y en a-t-il eu ne serait-ce qu’un seul pour se demander s’il était bien normal de brûler vifs à Odessa des manifestants qui désapprouvaient le nouveau gouvernement en place (massacre dont le but était certainement de pousser la Russie à intervenir, ce qui aurait permis de crier au secours et d’appeler l’Otan à l’aide) ? Et quant aux opposants pro-russes de l’Est de l’Ukraine, qui s’est demandé pourquoi notre bonne presse les appelait « terroristes » et pourquoi tout le monde semblait trouver normal qu’on les attaque avec des chars et des hélicoptères ? N’est-ce pas là d’ailleurs ce qu’on reprochait tant à Bachar el Assad : tirer sur son propre peuple ?

Non, je n’ai entendu aucun de nos chers politiciens se poser une seule de ces questions alors que la planète est en train de brûler et que le beau feu d’artifice qui pourrait en découler risque d’être gigantesque. 

 

Parlement européen à Strasbourg

elections européennes