16/05/2014
Odessa, 02 mai 2014
Que s'est-il vraiment passé à Odessa le 02 mai 2014 ? Difficile à dire. Voici en tout cas une version bien éloignée de ce qui s'est dit dans la presse classique. Et comme cette presse classique ment sans arrêt (voir la couverture des événements en Syrie), il se pourrait donc bien que la vérité se trouvât ici :
http://www.voltairenet.org/article183825.html

13:27 Publié dans Actualité et société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ukraine, odessa
14/05/2014
Questionnements
Comment une opposition syrienne, qui tue et massacre des populations civiles innocentes, pourrait-elle apporter la démocratie ?
Le chef de cette opposition déplore le nombre de morts, mais réclame des armes pour faire pencher la balance en sa faveur. N’est-ce pas avouer que sans l’intervention de cette « opposition », il n’y aurait eu aucun mort ?
Qui n’a pas compris que tous ceux que l’Occident met au pouvoir ne sont que des hommes de paille ?
Qui réalise vraiment qu’au-delà des 150 000 morts syriens, il y a aussi des centaines de milliers de blessés, des millions de réfugiés et que le pays est détruit (habitations, écoles, hôpitaux, usines, infrastructures, sans parler du patrimoine archéologique et culturel) ?
Qui ne comprend pas que les Syriens n’attendent qu’une chose : que leur armée reprenne le pouvoir partout, chasse les étrangers envoyés par l’Occident et rétablisse la paix ?
Qui a dit : « Les gars du « Jabhat al Nosra » »font du bon boulot » ? Ne cherchez pas trop loin, c’est le chef de la diplomatie d’un grand pays occidental.
Pourquoi nos gentilles démocraties ne s’émeuvent-elles pas quand les habitants d’Alep sont systématiquement affamés et assoiffés par les rebelles, qui leur coupent l’eau et l’électricité ?
Le mouvement des « Talibans » ne nous a-t-il pas été finalement bien utile pour pouvoir protéger militairement nos gazoducs dans cette région?
Qui se souvient encore que l’Amérique a financé Al Quaïda en Afghanistan contre les Russes, que Ben Laden était un ami de Bush et qu’alors que la planète entière était à sa recherche après le 11 septembre, il se faisait soigner dans un hôpital militaire américain ?
Qui a agressé la Yougoslavie, La Somalie, l’Irak, l’Afghanistan, la Lybie, la Syrie et l’Ukraine ?
Pourquoi le Tribunal pénal international ne condamne-t-il que ceux que l’Occident a vaincus ? Pourquoi ne se penche-t-il jamais sur les atrocités que l’on commet dans les pays qui sont nos amis, comme l’Arabie ou le Qatar, par exemple ? Et qu’en est-il des droits de l’homme dans ces pays (pour ne même pas parler des droits de la femme) ?
Pourquoi le même Tribunal international ne se penche-t-il pas sur ceux qui ont soutenu et armé l’opposition syrienne, cautionnant du même coup les atrocités commises contre les Chrétiens, les Alaouites, les Druzes, les Maronites, les Arméniens et tous les musulmans qui n’étaient pas sunnites intégristes ?
Pourrons-nous dire plus tard que nous ne savions pas ?
Peut-on dire que nos dirigeants ne savaient pas ?
Pourquoi la chef de la diplomatie européenne ne s’est-elle pas émue quand on lui a dit que les tireurs d’élite de la place Maïdan tiraient à la fois sur les manifestants et sur les policiers pour semer le chaos et provoquer une réaction violente de part et d’autre ? Savait-elle déjà qu’il en était ainsi ? Et si elle ne savait pas, pourquoi n’a-t-elle pas demandé une enquête avant de soutenir inconditionnellement une bande de fascistes et de les mettre au pouvoir à Kiev ?
Pourquoi personne ne réagit-il devant la folie des hommes ?
Pourquoi s’émeut-on subitement sur le sort atroce de 200 lycéennes africaines que les djihadistes vont vendre comme esclaves sexuelles alors que ces pratiques sont finalement courantes dans certains pays arabes avec qui nous entretenons de bonnes relations ?
Pourquoi combattons-nous le djihad en Afrique alors que nous le finançons en Syrie ?
Pourquoi le pays le plus civilisé et le chantre de la démocratie, à savoir l’Amérique, possède-t-il des bases militaires dans 78 pays au monde et pratique officiellement enlèvements et torture ?
Pourquoi nos journalistes ne nous informent-ils jamais de tout cela ?
Pourquoi alors que nous sommes en pleine campagne électorale pour les européennes, aucun politicien ne dénonce-t-il le nouveau traité commercial transatlantique qui va concrétiser la suprématie et la domination des grosses multinationales ?
Pourquoi un pour cent de la population peut-il berner ainsi l’ensemble de la planète ?
Pourquoi ne parvenons-nous pas à inverser la tendance de ce courant libéral qui réduit nos acquis sociaux, nous fait travailler de plus en plus tard (l’âge de la retraite vient d’être porté à 70 ans en Australie) et laisse des millions de jeunes au chômage ?
Si 99 % de la population ne parvient plus à se faire entendre, peut-on encore dire que nous sommes en démocratie ?
Et si nous ne sommes plus en démocratie, ne serait-il pas urgent de la rétablir ?

11:31 Publié dans Actualité et société | Lien permanent | Commentaires (4)
12/05/2014
"Le Diable et le berger" de Bertrand Redonnet
Je lisais l’autre jour le dernier livre de notre ami Bertrand Redonnet et je me faisais la réflexion suivante : il est quand même curieux que cet auteur, qui revendique son exil volontaire en Pologne, à la frontière biélorusse, ancre généralement ses livres dans le terroir qui l’a vu naître, à savoir la campagne profonde du Poitou. C’était déjà le cas dans son précédent livre, Zozo, et c’est toujours le cas ici, dans « Le Diable et le berger ». Forcément, me direz-vous, puisque le héros (ou anti-héros) dont on raconte l’histoire est un protagoniste que le lecteur avait déjà rencontré dans le premier livre. Certes, certes. Il n’empêche, pourquoi toujours situer l’action dans cette région précise du Poitou ? Parce que Bertrand n’en connaitrait pas d’autres ? Bien sûr que si, car tel un marin sans amarres (lui qui n’aime pas l’océan), il a bourlingué un peu partout. Il aurait donc très bien pu situer l’action dans une autre région de France ou faire voyager son personnage ailleurs en Europe. En Espagne, par exemple (pays que le vieil anarchiste qu’il est doit apprécier par sa guerre civile de 1936 et par la lutte clandestine contre le franquisme qui a perduré dans l’ombre pendant des décennies) ou en Pologne, où il habite.
Mais non, il revient toujours dans ses romans à cette région aux confins de la Vienne et des Deux-Sèvres, probablement parce que c’est le pays de l’enfance, cette terre où il a grandi, mûri, où il est devenu homme et d’où finalement il est parti pour découvrir le monde. Cette terre restera à jamais l’endroit qui est le sien. Les paysages, les vents, les tempêtes d’hiver, les lignes des grands peupliers, la rivière, le petit village (ce microcosme qui dit à lui seul l’univers tout entier) c’est tout cela qui a fait de Bertrand ce qu’il est et c’est pour cela qu’il y retourne par l’écriture, pour remonter à la source et essayer de comprendre le sens de la vie. Et nous, lecteurs, qui sommes d’un autre région, d’un autre univers, nous comprenons parfaitement ce qu’il nous dit, car nous avons également au fond de nous une rivière, un village ou un petit bois où nous avons vécu enfants. C’est la force de la littérature de réveiller ce qui fut et qui a fait un peu de ce que nous sommes.
Mais si le paysage est toujours sous-jacent chez Bertrand, c’est surtout les hommes (et les femmes) qu’il raconte ici, avec leurs désirs, leurs faiblesses et leurs actions qui ne sont pas toujours louables. Ce n’est pas un roman moral. On ne juge pas ici, on décrit. On décrit comment les idées et les passions de chacun vont se confronter avec celles des autres, qui sont différentes. Mais cela provoque des frictions et on frôle souvent le drame avant d’y tomber tout à fait. Stéphane Beau, dans son introduction, parle de véritable tragédie, presque au sens grec du terme. Il n’a pas tort, il y a de cela, en effet. Sauf peut-être que les héros ne sont pas des nobles comme chez Corneille ou des rois et des princes comme chez Sophocle. Ce sont de petites gens, mais par ce côté simple et ordinaire, ils sont plus proches de nous encore car les choses qu’ils vivent au quotidien sont aussi les nôtres : la vie en couple, les disputes, le désir parfois d’aller voir ailleurs si l’herbe n’est pas plus verte.
Le héros principal, Guste Bertin, est en marge de la société. D’abord il n’a pas de père officiel et cela a marqué son enfance. Ensuite, adolescent, il a quitté le village pour aller au collège, ce qui l’a rendu différent aux yeux des autochtones. Enfin, comme membre du Conseil communal, il représente évidemment l’opposition et il est toujours contre tous les projets que propose le maire. C’est l’occasion pour l’auteur de nous décrire quelques scènes épiques, où la truculence du langage est savoureuse. Cependant, derrière ces intrigues de village, c’est une nouvelle fois toute l’âme humaine qui est mise à nu, l’ensemble des conseillers municipaux préférant peureusement et servilement se rallier à l’avis de la majorité plutôt que de défendre les idées généreuses de cet anarchiste campagnard.
Dans ce village, il y a bien entendu un curé et quand on sait tout le mal que pense Bertrand de la religion, il ne fallait pas s’attendre à ce qu’il donne à celui-ci un rôle conventionnel, bien au contraire. C’est qu’il a beau être curé, le prêtre est aussi un homme à l’âme tourmentée, comme tout un chacun, et pour lui comme pour le héros la limite entre le bien et le mal n’est pas toujours bien tracée.
Dans ce roman, il y a des femmes, aussi. La femme de Bertin en a assez de la vie quotidienne qu’elle mène avec son homme grognon et, voyant son couple se déchirer, elle essaie de trouver ailleurs ce qu’elle ne trouve plus chez elle. Je n’en dirai pas plus, mais le noeud de l’intrigue est là, intrigue rondement menée à la lecture de laquelle on ne s’ennuie jamais. Mais je le répète, derrière toutes ces scènes truculentes, il y a toujours une réflexion sur la vie et les passions qui nous animent. Jamais l’auteur ne juge ses personnages. Il décrit leurs faiblesses, il les voit s’écarter du droit chemin, mais quelque part il les comprend et ne les blâme pas. Et si quelqu’un est puni à la fin, c’est finalement pour un meurtre dont il n’était pas directement responsable. Le destin, une nouvelle fois, est impénétrable, ce qui nous renvoie décidément à la tragédie grecque déjà évoquée.
00:05 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature, bertrand redonnet





