27/10/2013
Souvenir pieux
Je suis retourné, seul, dans la collégiale que nous avions visitée ensemble,
Au temps de notre amour.
La nef m’a paru vide, terriblement vide.
Les grandes colonnes de pierre nue montant vers le ciel
M’ont semblé démesurées, froides, et inhumaines.
Ce jour-là, le soleil n’éclairait pas les vitraux, qui restèrent obstinément muets,
Ne délivrant aucun message, ne communiquant aucune poésie.
Les grandes peintures murales étaient ternes
Et aucune bougie ne brûlait dans la petite chapelle latérale que tu avais tant aimée.
Même le chœur était fermé et des portes de bois ouvragé en interdisaient l’accès.
Dans le grand silence, mes pas résonnèrent longtemps sur les dalles noires et inégales,
Tandis que je cherchais en vain l’écho de ton propre pas,
Qui n’existait plus que dans ma mémoire.
21:29 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (57) | Tags : littérature
Commentaires
Tout est possible alors.. :)
Écrit par : agnès | 28/10/2013
Écrit par : Feuilly | 28/10/2013
Écrit par : MarieFrançoise | 29/10/2013
Écrit par : Feuilly | 30/10/2013
Écrit par : Michèle | 31/10/2013
Écrit par : Feuilly | 31/10/2013
Vous savez comme moi à quel point l'évocation du passé peut s'avérer poétique, peut-être un relent de romantisme ?
J'aime cette résonance de choeur et les lieux qui prêtent à la spiritualité.
Écrit par : Saravati | 01/11/2013
Écrit par : Feuilly | 02/11/2013
Écrit par : Michèle | 02/11/2013
Evidemment, la mémoire est toujours là, sur son trône ardent, et n'oublie rien de ce que nous n'arrivons pas à nous souvenir.
Écrit par : cléanthe | 03/11/2013
Tes textes Feuilly, et ce commentaire de Cléanthe pour en attester.
Ma question, une agacerie, une bravade, vis-à-vis de moi-même :)
Écrit par : Michèle | 03/11/2013
Mais l'amour est déchirant et épuisant, je suis d'accord. Pourtant l'expérience en ces matières ne sert à rien. On recommence toujours.
Écrit par : Feuilly | 03/11/2013
Non seulement on recommence toujours, mais IL FAUT recommencer. Quitte à ce que...
Écrit par : cléanthe | 03/11/2013
Et puis, il y a des rencontres qui ne semblent pas romantiques, où il faut s'adapter aux circonstances, aux différences, surtout quand on a des personnalités affirmées, des vies derrière soi, cela semble peu romantique et pourtant, en ajoutant les jours aux jours, on arrive à un an, deux ans, presque cinq...
Ce n'est pas déchirant, mais je reconnais que c'est épuisant. On recommence toujours, parce que la solitude totale (l'isolement sentimental) n'est pas très drôle. On a la paix et la liberté, mais, mais ?
Tout compte fait, j'ai vécu deux sortes d'amour, les unes romantiques, qui ont duré ce que durent les roses (sauf quand il y a un enfant...) et les autres, dont je me demande finalement si ce n'est pas davantage l'amour. Même si cela me semble dénué de romantisme... (Je me comprends !!!)
Écrit par : MarieFrançoise | 03/11/2013
Écrit par : MarieFrançoise | 04/11/2013
Écrit par : MarieFrançoise | 04/11/2013
Écrit par : Feuilly | 04/11/2013
Écrit par : cléanthe | 05/11/2013
Écrit par : Feuilly | 05/11/2013
Alors qu'il nous faut rester frais au cœur de la tragédie.
Bien à vous.
Écrit par : cléanthe | 05/11/2013
Mais à quel moment se sent-on plus vivant qu' au bord de cette déchirure là ?
Écrit par : agnès | 05/11/2013
Ah ça j'adore ! :)
Écrit par : Michèle | 05/11/2013
Écrit par : Feuilly | 06/11/2013
Écrit par : michèle | 06/11/2013
Écrit par : cléanthe | 06/11/2013
frais, Michèle, frais comme un gardon au milieu du courant-)
Écrit par : cléanthe | 06/11/2013
Écrit par : Feuilly | 06/11/2013
Écrit par : Feuilly | 06/11/2013
Quant à l' amour, il est vaste, multiforme, composite, évanescent, et et et...Il est là où il n'est pas et n'est pas là où il est. Par exemple, communiquer, ou tenter de le faire comme dans ces commentaires, c'est aussi une forme d'amour. C'est certain.
Écrit par : cléanthe | 06/11/2013
De même son pas, dans votre mémoire cependant, résonne ? (qui réconcilie les amours défuntes et la joie de savoir ce qu'est l'amour)
Écrit par : Isabelle | 07/11/2013
Écrit par : Feuilly | 07/11/2013
La maison de Dieu, simple décor, vraiment ?
Écrit par : Isabelle | 07/11/2013
Cependant, il est vrai que je me qualifie souvent d'athée mystique, ce qui veut dire que si ma raison m'interdit de croire, mon tempérament un peu poétique me rend très sensible au mystère et au sacré. J'aime donc les vieilles églises, un peu pour leur architecture et beaucoup pour leur silence et leur obscurité (si elles sont romanes). Ce sont des lieux qui invitent au recueillement. Je ne veux pas dire par-là la recherche de Dieu, mais quand même une manière d'entrer en communion avec ceux qui ont bâti ces églises et qui se sont interrogés sur l'origine du monde et le sens de notre vie ici. Je perçois dans ces églises le questionnement de l"humanité devant l'existence du monde. Mon sentiment serait le même dans les grottes de Lascaux devant les peintures rupestres (pour prendre un exemple qui vous est géographiquement proche). La grotte, comme l'église, est un lieu fermé et silencieux où l'homme peut laisser de côté ses activités habituelles pour s'interroger sur lui-même et sur le mystère de la création.
Ceci étant dit, tout poème est polysémique et si un croyant ou quelqu'un qui cherche Dieu voit dans mes mots une recherche mystique, pourquoi pas ? Le texte une fois écrit n'appartient plus à celui qui l'a écrit, mais à celui qui le lit. Le lecteur, avec son passé, ses expériences et son ressenti contribue à faire vivre le texte.
Écrit par : Feuilly | 07/11/2013
Écrit par : Isabelle | 08/11/2013
Elle est, d'un point de vue philosophique, affaire d'esprit, d'intériorité.
Le besoin, chaque fois, de repréciser, tant la confiscation de ce concept par la religion est agaçante :)
Écrit par : Michèle | 08/11/2013
Écrit par : Feuilly | 08/11/2013
Écrit par : Isabelle | 08/11/2013
Mais je manipule mal les concepts philosophiques et dans ce que je lis, j’essaie de garder mon libre-arbitre sans embrasser les pensées reconnues comme vivifiantes.
Oui, dans l’amour, il y a une forme de spiritualité qui perdure quand le charnel a cessé d’attirer. Parce que nous avons besoin de positif pour continuer à avancer et le positif c’est un partage qui même s’il relève du passé continue à habiter le présent de celui qui n’oublie pas.
Peut-être que l’amour comme tel n’existe pas, mais l’amour de l’amour oui.
Tiré d’un film japonais, cette poésie :
"Il semblerait que la vie soit construite de telle manière
Que nul ne peut la remplir tout seul
La vie nourrit en soi une absence propre que nul autre ne peut combler.
Le monde est peut-être la somme de ces autres."
Au fond, nous cherchons simplement à retrouver notre unité, à imaginer que nous ne pouvons nous suppléer à nous-mêmes…
Écrit par : saravati | 08/11/2013
La spiritualité n'a rien de céleste ni de purement terrestre. Elle est un nuage mêlé à l'humus.
C'est pourquoi la spiritualité a le parfum des soirs d'automne. Grise et lumineuse.
Si on veut, bien sûr.
Écrit par : cléanthe | 08/11/2013
@ Saravati : ne faites pas de complexes devant les philosophes et leurs concepts. Toute leur théorie ne sert souvent qu’à les rassurer eux-mêmes en essayant de trouver une sorte de logique dans notre monde incohérent. Le libre-arbitre est donc sans doute ce qu’il y a de mieux. Quant au véritable amour, peut-être commence-t-il vraiment quand l’attirance physique est dépassée. Qui sait ?
@ Cléanthe : la spiritualité comme mélange de terrestre et de céleste, oui. Une manière pour l’homme de dépasser la contingence de sa vie pour accéder à une autre dimension de son être.
Écrit par : Feuilly | 08/11/2013
"L'église consacrée par le catholicisme", oui Isabelle, bien sûr.
D'ailleurs, l'adhésion du pouvoir civil acquise avec Constantin, c'est le monopole du sacré que voudront les dirigeants de l’Église qui donneront au christianisme l'ambition d'être "katholikos", c'est-à-dire "universel" : il n'existe qu'une seule vérité, une seule voie de salut, et tous les humains doivent les adopter.
Ça, c'est pour la religion. Toutes les religions. Le christianisme n'est que l'un des nombreux chapitres de l'histoire religieuse de l'humanité. Il n'est pas le plus long ; hébraïsme et bouddhisme ont quelques siècles d'avance et le culte d'Isis et Osiris a duré trois millénaires.
Pour moi, une église est un lieu culturel. Et je me régale de la fréquentation, pas aussi assidue que je voudrais car hélas aujourd'hui les églises sont fermées à clé, des églises à retable Baroque de mon département. Colonnes salomoniques, baldaquins, gloires, envolées d'angelots... L'art de l'illusion et du mouvement...
Écrit par : Michèle | 09/11/2013
Car l'église, "si elle voit dans cette fusion une liquidation séculière, une banqueroute de la foi, le krach des valeurs ecclésiastiques, le remplacement déshonorant et méprisable du vicaire capitulaire par un administrateur de biens publics, admet néanmoins cette capitulation du Chapitre comme un moment douloureux de la pastorale : est-ce donc compromettre vraiment le verbe œcuménique que d’en déposséder l’autel pour le déposer entre les mains du profane ? Est-ce consommé la débâcle de l’Oint que d’en faire porter la voix par le chapelain mondain quand ce dernier accordait aux âmes désolées et solitaires son substitut laïcisé ? La source plonge maintenant sous terre et ne reste plus à vue qu’un fruit certes dégénéré et souillé mais dont les sucs, parce qu’émanant par dérivation de la Substance pure, alimente la nouvelle et tolérable physionomie du Sauveur. La configuration de la Rédemption, sa forme, et non sa matière, était déplacée au cours d’un transport qui, n’ayant plus rien de divin, temporalisait l’extase."
Ni Dieu, Ni Maitre et le dernier homme est pire encore que le prêtre dont il n'y que l'ombre perfide et cachée.
Écrit par : cléanthe | 09/11/2013
Écrit par : cléanthe | 09/11/2013
Garder son libre arbitre, dont parle Saravati, c'est ne laisser opérer aucune séduction. De quelque ordre soit-elle. Chacun est assez grand pour se diriger.
Reste une bataille non des moindres : œuvrer pour que le plus grand nombre sinon chacun ait un gîte, un couvert, une ouverture au monde. On en est bien loin et ça ne dérange apparemment pas beaucoup de monde. Alors les hommes tous frères, ça me fait doucement rigoler...
Écrit par : Michèle | 09/11/2013
Quant aux outils de séductions, ils ont à notre époque pris une force sans égale dans l'histoire humaine. Je ne vous ferais pas l'injure de vous les décrire, vous les connaissez aussi bien que moi. Loin, bien loin des Lumières, je ne sais pas trop si nous sommes encore dans cet âge de la "Majorité", dans cet âge de confiance de la conduite autonome de l'être humain. J'ai bien l'impression que nous entrons dans une période d'infantilisation généralisée, de stupiditisation décervelée, avec des Chaires de vérité qui ne disent pas leur nom, dans des sociétés comme collections d'individus qui n'ont plus rien de singuliers.
Je déteste mon époque. Mais j'arrive encore à trouver du sens.
Question de survie. Même si je suis d'une faiblesse infinie.
Écrit par : cléanthe | 09/11/2013
Écrit par : cléanthe | 09/11/2013
Écrit par : Michèle | 09/11/2013
Écrit par : Feuilly | 09/11/2013
Je n'ai pas de rejet viscéral des religions quelles qu'elles soient, je les observe à l'époque qui les ont vues naître, croître, prendre assise et ainsi embarquer avec elles, pour le meilleur, pour le pire et si souvent aussi, le moins mal possible, les populations qui étaient partie prenante.
J’essaie de comprendre comment l’humanité s’est éveillée à la spiritualité ; ou bien a-t-elle été naturellement saisie de spiritualité ? Ou bien : nos ancêtres primitifs avaient-ils eu vraiment si tôt le dessein d’asservir leurs contemporains par le biais d’une religion ?!
Comment l’humanité s’est débrouillée avec ses problèmes éternels d’une génération à l’autre, et au milieu de ce merdier, pourquoi la religion plutôt que rien ?
Bâtir culture, civilisation et transmettre.
Pouvoir, géopolitique, vie ou survie des peuples qui se sentent unis par certaines valeurs communes, dont un Dieu, des Dieux ou des textes sacrés qui proposent une voie.
Civilisations, les défaire ; les intégrer ; laisser des traces, comme ces décors ou ces écrins à notre spiritualité. L'Art, l'expression de nous.
Tous des crétins ces ancêtres pétris de « religion » ?
Notre spiritualité aujourd’hui est l’enfant de quel cheminement à travers nous ?
La petite oligarchie mondiale qui se fout bien de donner à manger, un toit et une ouverture au monde au plus grand nombre, vous comptez lui expliquer comment qu’elle doit tenir compte de ses contemporains ? à coup de pompe dans le derrière ou par une petite révolution culturelle ?
Vous écrivez : "Chacun est assez grand pour se diriger." En Utopie peut-être ?
Mes petits dieux personnels ? Armel Guerne et JC Michéa.
"Les hommes enfin frères spirituellement", c'était de ma part une ironie teintée de paradoxale misanthropie.
Écrit par : Isabelle | 11/11/2013
J'essaie d'être active à mon échelle, et de ne rien lâcher de mes convictions, politiquement, syndicalement et dans le domaine associatif. Je crois au pouvoir de la littérature :)
Quant aux religions, je ne m'étendrai pas sur les massacres qu'elles ont perpétrés, comme le font tous les totalitarismes. La soif de pouvoir, de gloire et de fric est consubstantielle à l'homme. Pas grande illusion donc, mais le désir, parce que c'est la moindre des choses, de faire quelque chose de ma vie.
Ajouter que dans le fil des commentaires, il y a un certain plaisir à réagir à tel ou tel mot, et je ne pense pas m'être tout du long adressée à vous. Il y a bien sûr des expressions chargées d'histoire qui réveillent des images, celle des hommes tous frères en est une.
Écrit par : Michèle | 11/11/2013
non, pas tout du long, mais en bonne partie.
Je répondais moins à tel ou tel mot, qu'à vos idées.
Écrit par : Isabelle | 12/11/2013
Écrit par : Feuilly | 12/11/2013
La difficulté c'est que je ne connais pas Isabelle, n'ai donc pas la possibilité de décrypter ce qu'elle dit, et c'est pareil pour elle à mon propos.
Je viens de relire mes commentaires pour vérifier quels points s'adressaient précisément à Isabelle. Il y a la notion de spiritualité, et puis il y a "l'église consacrée par le catholicisme".
Pour le reste mon propos continuait surtout pour mon bonnet. Cette sorte d'élucidation que les mots nous aident à faire le plus souvent pour nous-même.
Écrit par : Michèle | 12/11/2013
Écrit par : Feuilly | 12/11/2013
Écrit par : Bertrand | 13/11/2013
Écrit par : Bertrand | 13/11/2013
Écrit par : Feuilly | 13/11/2013
Les commentaires sont fermés.