Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/02/2017

Prise de conscience

Quand j’étais un cheval, je parcourais des plaines immenses, du matin au soir et du soir au matin.  Je broutais l’herbe verte des hauts plateaux puis descendais me désaltérer dans les eaux limpides des rivières.

Quand j’étais un aigle, je planais des heures durant dans les hautes sphères, regardant en face le soleil et observant, en contrebas, la pauvre vie des êtres éphémères.

Quand j’étais un poisson, j’étais un grand requin bleu et je nageais en eaux troubles à l‘affût de la moindre proie. J’étais redouté partout et la faune marine craignait mes ondoiements languissants et sournois.

Quand j’étais une tortue, je prenais mon temps et méditais sur mon grand âge, bien à l’abri sous ma carapace.

Quand j’étais un écureuil, je gambadais dans la forêt et tel un éclair roux et imprévisible j’atteignais la cime des arbres avant d’en redescendre  la tête en bas.

Quand j’étais un loup, je chassais en meute les élans magnifiques et les rennes rachitiques. Dans la neige je laissais l’empreinte de mes pas, terrifiant les enfants en chaperon rouge.

Quand j’étais un cerf, je portais sur ma tête l’emblème de la forêt et conscient de ma noblesse, je parcourais en bonds majestueux les clairières et les halliers.

Quand j’étais un sanglier, je parcourais l’Ardenne en fouinant de mon groin les faînes et les glands. Quand on lâchait sur moi des meutes de chiens, ceux-ci ne me rattrapaient jamais.

 

Aujourd’hui je suis un homme. Je ne peux ni voler dans les airs ni courir par les plaines. Je n’ai ni la force du loup ni l’agilité de l’écureuil. C’est à peine je parviens à suivre mon chien dans la forêt, quand celui-ci a senti la trace d’un sanglier.

Alors je reste là, méditant sur mon sort, et j’appelle réflexion ce qui n’est que rumination et attente de la mort.

 

Littérature

00:17 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature

Commentaires

Un très beau texte mais beaucoup trop triste pour moi.
Homme, tu es encore oiseau quand tu fais des projets qui t'emmènent vers le haut, et papillon quand tu butines un baiser. Tu es chat quand tu ronronnes de plaisir.
Tu es loup quand tu défends tes valeurs et anguille quand tu ne réponds pas aux questions.
Tu es ours quand tu es de mauvaise humeur, et kangourou quand tu sautes de joie.
Ce dont il nous faut prendre conscience, c'est peut-être que nous sommes simplement un maillon de cette chaîne de vie si belle et du cosmos dans sa globalité. Et que cela donne beaucoup de joie.
¸¸.•*¨*• ☆

Écrit par : celestine | 28/02/2017

Ce n'est pas un texte triste, il est plein d'émerveillement pour le monde de la nature. C'était juste pour dire que l'être humain, à force de se couper de cette nature et de s'entourer de technologie, finit par sombrer dans la dépression. A méditer sans fin plutôt que de s'ouvrir aux beautés simples du monde, il finit par perdre l'essentiel, le goût de la vie.

Le "je" du narrateur n'est pas toujours le "je" de l'écrivain.

Écrit par : Feuilly | 28/02/2017

J'aime bien ce texte :)

Écrit par : Michèle | 02/03/2017

Tant mieux ! :))

Écrit par : Feuilly | 03/03/2017

Écrire un commentaire