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30/08/2010

Obscurité (45)

 

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« Et s’il s’était perdu ? » demanda Pauline dans un sanglot. On tenta de la rassurer, mais la mère comme l’enfant savaient au fond d’eux-mêmes qu’elle n’avait que trop raison. On abrégea donc un peu le repas et on se mit à faire une battue en règle. On inspecta d’abord tout le camping, en interrogeant l’ensemble des touristes présents. Un chat ? Non, malheureusement personne n’avait vu de chat. Alors on agrandit le cercle des recherches et on arpenta la campagne avoisinante. On ratissa comme on put les champs de maïs qui poussaient le long de la Dordogne, on examina les berges du fleuve, on parcourut les chemins de terre. Rien. On alla jusqu’à traverser le pont et à patrouiller sur l’autre rive, dans des champs et de petits bois. Toujours rien. On finit par se séparer pour agrandir le périmètre des recherches, avec consigne de se retrouver près de la tente dans une heure. Pauline et sa mère se dirigèrent vers la ville tandis que l’enfant, suivant son instinct et répondant au mauvais pressentiment qu’il avait, se mit à suivre la départementale en direction de La Roque-Gageac.

Il n’avait pas parcouru un kilomètre quand il l’aperçut de loin le long de la route, immobile dans l’herbe du fossé. Plus il s’approchait, plus son cœur battait, car il ne voulait pas croire à l’inéluctable. Peut-être qu’Azraël dormait, tout simplement, épuisé par sa longue promenade. Mais enfin, c’était là un bien curieux endroit pour s’assoupir, avec les voitures qui passaient à cinquante centimètres de lui. Hélas, quand il ne fut plus qu’à deux mètres, il s’immobilisa : C’était bien Azraël, mais il ne bougeait plus. Il ne bougerait jamais plus, en fait. Du sang lui sortait par les oreilles et par le nez et de son ventre s’échappait quelques viscères. L’enfant s’agenouilla près de son chat et le regarda tout ému. Qu’est-ce qu’il allait dire à Pauline ?

(...)

07:00 Publié dans Prose | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature

Commentaires

Foutu pour foutu: autant aller voir l'Océan. L'errance devient insensée. C'est exactement ce que je ferais. J'ai découvert les dunes d'Hossegor (Landes) quand j'avais dix ans. J'étais désespérée. La force des vagues m'a toujours aidée. Je me souviens bien de la première image des dunes, de l'odeur du sel et des chardons des sables... Cette force de l'Atlantique pourra armer «nos» héros pour la suite...

Écrit par : Natacha S. | 30/08/2010

La perte d'un animal occasionne un chagrin réel, qui n'est jamais à traiter à la légère (comme peuvent le penser les personnes qui ne vivent pas avec des animaux), et notre trio, ici, accumule les événements traumatiques...

Écrit par : Michèle | 03/09/2010

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