Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23/12/2007

Gracq, tel qu'en lui-même l'éternité le change.

Gracq, paradoxe d’un homme qui a refusé le Goncourt mais qui a accepté de rentrer dans la Pléiade de son vivant. Ou qui n’a pas daigné être édité en collection de poche, mais qui jouit tout de même d’un grand prestige. Qui s’est montré très réservé envers la modernité et la culture de masse mais qui a vu, cependant, certains de ses livres portés à l’écran. Compagnon de route d’André Breton, on se demanderait bien en quoi son œuvre se rapproche du surréalisme.

Ceci dit, c’est un grand écrivain, au langage pur. Nous l’avions évoqué ici même dans une courte note. Certains lui reprocheront de n’être pas un grand narrateur, ses intrigues se résumant souvent à peu de choses. D’un autre côté, il y a souvent derrière les situations décrites une grande finesse d’analyse et un esprit aiguisé qui cherche à comprendre. Il y a du Proust, chez lui (ce côté vieille France un peu désuet, la préciosité du style, le regard essentiellement littéraire), du Huysmans aussi (il me semble parfois incarner lui-même le personnage de Des Esseintes, ce anti-héros esthète d’A Rebours).

Maintenant, Gracq a conservé jusqu’au bout une certaine logique. Méfiant envers les prix littéraires et toute l’intelligentsia parisienne (voir La littérature à l’estomac), il refuse la Goncourt pour cette raison. Méprisant le grand public manquant de culture, il refuse les éditions de poche, tandis que la Pléiade lui ouvre officiellement les portes du Panthéon littéraire. Au moins on ne peut pas lui reprocher d’avoir sacrifié au goût du temps et d’avoir truffé ses écrits de thèmes triviaux plaisant au public. Solitaire, il sera resté à l’écart du monde, ce qui lui aura permis de conserver un regard personnel, loin des modes du moment.




65bf32ad64aa4772c02b98aff65d481c.jpg

Solstice d'hiver

f47837d77fe2092d4b8b2f92d4121e59.jpg







En cette période de Noël, plutôt que de nous attendrir sur la symbolique de la crèche, je proposerai une réflexion sur nos origines païennes. A côté de Lascaux ou de la grotte de Gargas, si chère à Dominique Autié, il est des lieux préhistoriques qui nous interpellent car ils nous font réfléchir à la vie des hommes qui nous ont précédés. Le site de Stonehenge est incontestablement un de ces lieux privilégiés. Il représente une trace de notre passé, emprunte de mystère, et nous fait souvenir qu’avant nous des êtres ont eux aussi réfléchi au sens de leur présence sur cette terre.

Ce site était bien connu des druides celtiques, qui y pratiquaient des cérémonies, notamment aux périodes d’équinoxes et de solstices. Pourtant, on sait que les Celtes n’ont pas été les bâtisseurs de ce grand cercle de pierre, dont certains prétendent qu’il a été construit les Mycéniens.

Quant à savoir à quoi servait cette construction, tout le mystère demeure. Etait-ce un temple, un monument funéraire ou un observatoire? Ce qui est sûr, c’est que ces mégalithes mettent en valeur des phénomènes astronomiques. On parvient à y calculer le cycle des éclipses lunaires. D’un point de vue astronomique, les calculs et les résultats obtenus sont incontestables. Pourtant, les archéologues font remarquer que la construction s’est faite en trois ou quatre étapes, ce qui semble ruiner l’idée d’un but fonctionnel précis. Nos cathédrales, cependant, ont bien été construites sur plusieurs siècles, sans que la foi première qui a présidé à leur érection ait été modifiée. Combien d’églises n’ont pas une partie romane et une partie gothique ? Les techniques avaient évolué, mais la démarche religieuse était toujours la même. Alors il se pourrait bien qu’il en eût été de même à Stonehenge et que la démarche spirituelle des peuples primitifs qui bâtirent ce site fût restée la même. Mais comment des peuples primitifs, précisément, purent-ils avoir de telles connaissances en astronomie ? Cela semble improbable, ce qui renforce encore le mystère de ces mégalithes. D’un autre côté, quand on suit Lévi-Strauss dans son analyse structurale des mythes amérindiens, on se rend compte que ces mythes reposent souvent sur une base astronomique (position de la lune, constellations, etc.). C’est ainsi, par exemple qu’un même conte peut s’inverser selon qu’on se trouve dans l’hémisphère Nord ou dans l’hémisphère Sud. Il semble donc bien que ces peuples, habitués à vivre dehors et à se guider avec les étoiles avaient une meilleure connaissance des astres que nous.

En tout cas, pour ce qui est de Stonehenge, beaucoup de scientifiques s’accordent pour dire que la précision des emplacements des mégalithes est trop grande pour être le fruit du hasard. Ainsi, au solstice d'été, les premiers rayons de soleil traversent le cercle et viennent frapper la pierre centrale. Au solstice d'hiver (soit pour cette année le 22 décembre 2007 à 7H 07), les rayons passent entre les blocs de trois pierres placés aux extrémités. Cette précision a de quoi confondre et nous oblige à nous demander ce que furent et ce que pensèrent ces être qui nous ont précédés et dont nous descendons, incontestablement. S’ils ont inventé la science astronomique et la religion, on peut supposer aussi qu’ils inventèrent la littérature, même si elle était orale. Quels contes se racontèrent-ils, dans la nuit des temps, pour justifier leur existence sur cette terre ? Comment se persuadèrent-ils qu’ils étaient différents des animaux, nos frères ? Comment inventèrent-ils la culture en dressant vers le ciel ces énormes blocs de pierre ? Le mystère reste entier, ce qui rend leur existence encore plus fascinante à nos yeux.




5ac9df150d06f674d39ad2bc43a9999a.jpg 86b1ab7e79850fe38c913c782b1fe3cb.jpg536cc86ae24465f26d463c74690383d7.jpg

02:25 Publié dans Errance | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : stonehenge

21/12/2007

De la religion

On savait que Sarkozy aimait imiter le président Bush. On ne savait pas qu’il irait jusqu’à le suivre sur le terrain de la religion. « Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes » a-t-il dit. On n’en avait jamais douté. Mais elles sont aussi celtiques et romaines. Et il ne faudrait tout de même pas passer sous silence 1789 et les deux siècles qui ont suivi. A force d’afficher sans complexe sa position à droite, il va bientôt nous tenir un discours digne de l’ancien régime. C’est sans doute ce qu’il voudrait : revenir à une société où les privilèges sont le propre de quelques-uns. D’ailleurs, si on l’écoute, on a l’impression que la Révolution n’a jamais eu lieu. Pour affermir sa position, il s’entoure de tous les penseurs chrétiens : Pascal, Bossuet, Péguy, Claudel, Bernanos, Mauriac, Maritain, Mounier, René Girard .

Il faut, nous dit-il, nous acheminer vers une laïcité positive. Que voilà un langage ambigu. La société française est laïque, point final. Intégrer officiellement la pensée religieuse dans son fonctionnement, cela revient tout de même à réduire la laïcité. Mais c’est que Sarkozy a besoin de citoyens qui « croient » et « espèrent ». Il n’a jamais si bien dit. Chacun espère qu’il tiendra ses promesses et donc que nous jouirons d’un meilleur pouvoir d’achat. Mais si notre attitude doit se fonder sur l’espoir, c’est donc que les promesses ne sont pas près d’être tenues.

Non, je plaisante. Par espoir, Nicolas veut parler de transcendance. Car la religion propose une morale, chacun le sait. Pour remettre de l’ordre dans notre société dépravée, il lui faut donc le concours des prêtres. Après les propos fermes contre le nucléaire iranien, tout cela commence sérieusement à ressembler au sabre et au goupillon.

Bon, si la foi redevient la base de notre société, que faut-il penser de la présence des musulmans dans notre pays ? Il voulait des croyants, Nicolas ? Et bien il en a des millions, de quoi se plaint-il ? Pourtant il n’a pas eu un mot à leur intention. C’est que ceux-ci, s’ils ont une foi plus vive que les catholiques, semblent se trouver du mauvais côté de la barrière. C’est bien connu, en religion, il y a les bons et les méchants. Les bons, c’est nous, les méchants, ce sont eux. Diable (enfin, si j’ose dire), tout cela va nous amener une guerre civile. D’un côté les catholiques intégristes, de l’autre, dans un même combat, les athées, les laïcs et les musulmans. Cela nous promet une belle Saint Barthélemy, tout cela.

19/12/2007

Actualité littéraire

Dans l’actualité littéraire, deux choses à retenir.

Notre ami Sarkozy (encore lui) propose d’autoriser la publicité pour les livres à la télévision. Puisque les jeunes ne lisent pas et qu’ils passent leur temps devant le petit écran, allons capter leur attention là où ils se trouvent, autrement dit colonisons littérairement ce petit écran.
Outre le fait qu’on pourrait se demander si une telle démarche relève bien de la fonction de la présidence (ne serait-ce pas plutôt là une réflexion qui devrait venir des députés ?), on est surtout étonné de voir Nicolas se pencher sur cette problématique de la lecture chez les jeunes.

Le problème, cependant, est double. D’une part rien ne dit qu’un jeune qui ne lit jamais va se précipiter sur un livre rien que parce qu’il en a vu une publicité. D’autre part, une telle démarche, qui relève du marketing, va encore affaiblir le contenu des livres proposés. En faisant de ceux-ci des objets à vendre, on sera inévitablement amené à proposer des romans faciles et au succès assuré. On n’ose imaginer dans quel précipice on va encore tomber. Il suffit d’avoir regardé dix minutes une Star Académie pour s’en faire une petite idée. Il est à craindre, en effet, que le contenu des livres qui seront ainsi proposés sera du même acabit.

On peut donc douter de la volonté du Président de vouloir promouvoir la lecture. Issu de la société médiatique, lisant probablement for peu lui-même, il semble surtout ici faire le jeu des grands groupes éditoriaux, lesquels seront les seuls capables de supporter les frais de publicité. L’écart va donc encore se creuser un peu plus entre la vraie littérature et de simples historiettes à vendre. Déjà qu’on n’éditait que des manuscrits évalués principalement sur leur capacité à se vendre (et émanant, de préférence de personnalités déjà bien connues), ce n’est pas cette reconnaissance officielle de la publicité qui va arranger les choses.

Ceci dit, Sarkozy ne trompe personne. Il n’a jamais parlé, lui, de littérature, mais simplement de livres. Il recevait les grands éditeurs lors d’un dîner à l’Elysée. Ceux-ci, comme les représentants de n’importe quel corps de métier, en ont profité pour se plaindre. Nicolas, qui, il faut le reconnaître, ne manque ni de ressources ni d’énergie (voir ses galipettes avec la belle Carla Bruni) leur a donc proposé de gérer leur secteur comme tous les autres. Pour vendre, il faut se faire voir. Il en sait quelque chose, le bougre.



Deuxième nouvelle, dont on a peu parlé : l’affaire Handke. On se souvient que suite à un article paru dans Le Nouvel Observateur, l’administrateur de la Comédie-Française, Marcel Bozonnet avait refusé que son institution jouât une pièce de Handke. La présence de l’auteur aux obsèques de Slobodan Milosevic avait en effet été perçue comme un soutien politique à ce régime tant décrié. Et bien, on apprend que Le Nouvel Observateur vient d’être jugé coupable de diffamation par le Tribunal de grande instance de Paris le 3 décembre. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on en a beaucoup moins parlé que lorsqu’il s’était agi de salir la réputation de l’écrivain. Comme il se trouve que j’aime bien les livres de Handke (un ami par ailleurs de Wim Wenders), toujours remplis de désespérance, je me permets de faire ici modestement écho à la décision du tribunal.

Handke avait attaqué l’hebdomadaire sur deux imputations diffamatoires : la position révisionniste qui aurait soi-disant été la sienne et le fait qu’il aurait approuvé le massacre de Srébrenica. Le tribunal a estimé que le terme « révisionnisme » avait été utilisé en général par le journal et non dans le sens précis qu’on lui donne habituellement. Handke n’obtient donc pas gain de cause sur ce point. Par contre, le même journal ne pouvait affirmer « sur la seule base de la présence, incontestée, de Peter Handke aux obsèques de Slobodan Milosevic, que celui-là approuvait les massacres reprochés à celui-ci. »

Malheureusement, la presse, plus prompte à s’acharner sur une personnalité un peu passée de mode qu’à rectifier ses erreurs, n’a pas donné à la décision de justice la publicité qui s’imposait. La victoire est donc purement morale (plus un euro de dommage et intérêts).

Sur le fond de l’affaire, je ne pense pas que Handke ait jamais approuvé l’attitude de Milosevic. Disons plutôt qu’il a vu dans le bombardement de la Serbie la mainmise de l’impérialisme occidental sur un petit état encore fidèle à Moscou. Il est vrai que la Serbie, en jouant cavalier seul, portait un peu ombrage à l’expansionnisme américain dans les Balkans. Elle risquait en effet, au nom d’une doctrine raciste condamnable et qu’on fait bien, par ailleurs, de réprouver, de reconstituer à son profit l’ancienne Yougoslavie. Soutenue par le Kremlin (l’amitié pro-russe se fond en partie, ô ironie du sort, sur une commune appartenance à la religion orthodoxe), il fallait donc diminuer son influence. Handke fut manifestement sensible à son rôle de victime. Cela ne veut pas dire qu’il approuvait la position raciste tenue par ses dirigeants. Condamner ipso-facto la Serbie (laquelle en 1940 était pourtant de notre côté alors que la Croatie soutenait Hitler, précisément pour se dépêtrer de l’hégémonie serbe) revenait pour l’écrivain à soutenir le nouvel impérialisme mondial. C’est du moins comme cela que j’ai cru comprendre sa position.




c0081966696e1a17c270556cbe8eaedb.jpg

17/12/2007

Feuilleton présidentiel

Ainsi donc il est parti. Ouf. « Il », c’est Kadhafi, bien entendu, celui qui a gâché la vie de notre président bien aimé pendant cinq longues journées. Evidemment, c’était le prix à payer. On ne peut pas à la fois arriver au bon moment, faire libérer les infirmières bulgares, devenir une vedette internationale et ne pas recevoir celui par qui tout cela est arrivé. Il faut dire qu’il n’attendait que cela, Kadhafi : se faire reconnaître, lui aussi, sur la scène internationale. On comprend donc pourquoi le courant avait si bien passé au téléphone entre lui et Nicolas, quand il s’était agi de trouver un accord équitable au sujet des infirmières.

Par contre, une fois à Paris, on a tout de même l’impression que c’est le leader libyen qui a eu la vedette. Normal, il se retrouvait en position de force. Il venait toucher le salaire promis, tandis que Nicolas, lui, passait à la caisse. Et l’addition fut salée puisqu’il lui fallut avaler à peu près toutes les couleuvres glissées par son invité. Et pour une fois il n’y a pas eu que la gauche pour protester. Dans son propre camp des voix se sont élevées pour critiquer cette visite, des voix provenant de personnes qu’on croyait définitivement attachées au service du Tsar. Ligotées et ficelées depuis le début dans les filets de la reconnaissance, elles qui devaient tout à Nicolas, voilà qu’elles se permettent de montrer leur désapprobation. Du jamais vu. Jusqu’à Kouchner, qui portant saluait sans problème le Guide en Libye et qui se montre subitement réticent quand celui-ci est à Paris. « Vous vous rendez compte ? On n’a jamais vu cela » a dû dire Nicolas. Et Kadhafi qui en rajoute en insistant sur les incohérences de ce médecin qu’on croyait sans frontières et qui en trace pourtant bien une entre lui et ceux qui ne respectent pas les droits de l’homme. Mais peut-être n’est-ce pas seulement sa bonne conscience qui le fait parler ? Lui qu’on sait résolument atlantiste et qui, par ses discours sur l’ingérence humanitaire, a contribué à justifier la guerre en Serbie, il ne faudrait pas s’étonner qu’il ait reçu des ordres d’ailleurs. Rien ne nous dit qu’il ne travaille que pour Nicolas (d’ailleurs il n’y a pas si longtemps qu’il était, il me semble, de l’autre côté de la ligne réputée infranchissable qui sépare la droite de la gauche. Avec des gens comme cela, il faut donc s’attendre à tout). Imaginez donc qu’il ait été chercher ses ordres outre-Atlantique ? « Ce serait incroyable, cela ! » comme dirait je ne sais plus qui. Car il se pourrait bien que la reconnaissance de Kadhafi par la communauté internationale ne plaise pas tant que cela à Washington. Après tout, n’était-il pas le poulet qu’on voulait plumer après Sadam ? Et voilà le volatile qui non seulement continue à bien se porter mais qui en plus prend son élan et vole de ses propres ailes. Il se pourrait donc que Nicolas, en voulant se mettre lui-même en avant, ait outrepassé la limite assignée par les Américains. De plus, aller vendre des centrales nucléaires clef sur porte à un pays arabe, cela ne doit pas plaire beaucoup.

Ah que d’ennuis quand on est président ! Bon, ce poste, il l’a voulu et il l’a eu (c’est comme les Français : ils ont voulu Nicolas, ils l’ont eu). On ne va quand même pas le plaindre, maintenant. Après tout, ce n’était pas si terrible, cinq jours. Il suffisait de ne rien dire et de se taire. En attendant, on comprend qu’il soit allé se distraire à Disneyland le samedi. Pas seul, évidemment et pas pour faire un tour de manège. Non, pour se promener en compagnie de la belle Carla Bruni. Ancienne Top-modèle, elle est devenu auteur-compositeur. Va-t-elle faire chanter Nicolas ? L’avenir le dira. En attendant, la presse à sensation va titrer sur cette promenade à deux, photos à l’appui. Et revoilà Sarkozy à la une des journaux, tout ce qu’il aime. Avouez qu’il l’a bien mérité. Cinq jours sans faire la vedette, c’était tout de même beaucoup. Et puis tant que les Français s’intéressent à ses amours, ils ne pensent plus à leur pouvoir d’achat. En jouant sans cesse des médias, Nicolas aura fait descendre la fonction de président bien bas, au niveau d’un amuseur public, autrement dit d’une vedette de cinéma. Après les vacances en famille et le divorce, voici les amourettes. Bah, tant que cela amuse le peuple… Ceci dit, elle est mignonne, la petite Carla, vous ne trouvez pas ? On finirait pas comprendre Nicolas et par lui donner raison. Même moi. Elle a un petit défaut, cependant. Elle est née en 1968. Heureusement, c’était en décembre !




5b0a85e3a065e58cc9ea6ba2fd625d22.jpg
64aa7461c20a9d15ed386e2f7c31fb1b.jpg