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21/08/2007

De la modernité des classiques

"Qu’on abatte les arbres quand c’est nécessaire, mais qu’on cesse d’anéantir les forêts. Toutes les forêts russes gémissent sous les coups de hache, des millions d’arbres sont perdus, les bêtes et les oiseaux quittent leurs refuges, les rivières baissent et se dessèchent, les plus beaux paysages disparaissent à jamais – tout cela parce que l’homme paresseux n’a pas le courage de se baisser pour ramasser le combustible qui traîne. Il faut être un barbare insensé (il montre les arbres) pour brûler cette beauté dans un poêle, pour anéantir ce que nous sommes incapables de créer. L’homme a été doué d’intelligence et de force créatrice pour augmenter son patrimoine mais jusqu’à présent il n’a rien créé, il n’a fait que détruire. Il y a de moins en moins de forêts, les cours d’eau se tarissent, le gibier disparaît, le climat est détérioré et, tous les jours, la terre s’appauvrit et s’enlaidit."

Tchékov, Le Sauvage, Acte I, scène VII

Commentaires

Il y a aujourd'hui plus d'arbres qu'il y a cent ans sur Terre.

Écrit par : Dominique | 21/08/2007

C'est ce qu'on dit en effet. Il n'empêche que la déforestation de la forêt primitive reste préoccupante.
Mais ce qui est étonnant, dans cet extrait, c’est cette conscience du rôle perturbateur de l’homme et cela précisément dans un pays immense comme la Russie fort peu urbanisée à l’époque.
Le sentiment d’une perte irréparable semble donc lié à la nature humaine.

Ceci dit, il faut remettre les paroles de Tchékhov dans leur contexte. Le « Sauvage » de la pièce doit précisément se singulariser des autres protagonistes, précisément en prenant la défense de la nature contre la société humaine.

Écrit par : Feuilly | 22/08/2007

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