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17/12/2011

Le fleuve

Majestueux et impassible,

Coulant sous mille ponts de pierres,

Tu traverses la ville.

D’où viens-tu, fleuve aux reflets étranges

De quels pays es-tu issu ?

Tu charries, dans tes eaux brunes, des limons venus d’ailleurs

Et des terres argileuses provenant de contrées inconnues.

Sur tes eaux, flottent des troncs d’arbres déchiquetés,

Vestiges d’incroyables catastrophes.

Tu es né en amont, sur les hautes terres inexplorées,

Là bas, il y a, dit-on, des plateaux marécageux

Où vivent des animaux fantastiques,

Et des forêts profondes où nul n’a jamais pénétré.

Toi seul connais ces terres sauvages où commença le monde.

C’est leur âme que tu portes en toi

Et c’est pourquoi tu es si majestueux

Quand tu traverses les grandes villes

Et que tu coules sous leurs ponts de pierres.

Mille passants, sur la berge, te regardent avec respect

Car ils craignent tes colères.

Mais tu passes, impassible, et poursuis ta destinée

Vers les terres de l’aval,

Là où le ciel et la mer, paraît-il, se rejoignent à l’horizon.

Littérature



Paris, la Seine en crue

11:56 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : littérature

14/12/2011

Le Sud

Dans les après-midis d’été, quand le monde est endormi,

C’est un plaisir de se promener, seul, dans les rues du village.

Il suffit d’ouvrir la porte de la vieille bâtisse

Et aussitôt la terrible chaleur vous saute au visage.

Dehors, personne. Pas un bruit. Le silence.

Je descends les ruelles en pente,

Le long de vieilles maisons d’un autre âge.

Le temps, ici, s’est arrêté et rien n’a changé depuis le Moyen-âge

Ou si peu.

Le soleil brûle ma peau et je m’arrête un instant,

A l’ombre de l’église, près de la glycine centenaire.

Des monstres de pierre me fixent de leurs yeux insistants.

Diables, chimères, gorgones et coquecigrues

Semblent me reprocher de troubler leur repos.

Trois coups sonnent au clocher

Rappelant dans le silence, l’éternelle fuite du temps.

Moi je poursuis ma route, sous le ciel azuré,

Vers l’unique place, celle de toutes les Républiques.

Personne.

Pas un souffle de vent.

Rien.

Rien que la fontaine qui murmure doucement

Et dont les quatre lions crachent une eau glacée.

Je trempe ma main dans l’onde. Frisson.

A l’ombre d’un arbre, dort un chien

Qui rêve à ce qu’il fut ou ce qu’il aurait pu être.

Le temps s’est arrêté.

Le village est assoupi.

C’est le Sud, une après-midi d’été.

littérature

07:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : littérature