06/11/2011
Devinette (bis repetita placent)
Comme Carla Bruni, je suis originaire d’Italie, même si bien peu s’en souviennent. Comme elle, à un certain moment de ma vie, j’ai fréquenté les coulisses du pouvoir, mais quand la roue de la fortune a tourné, je me suis retrouvée sans revenus au point que j’ai dû faire face à plusieurs procès pour dettes. Je me suis mise alors à écrire pour gagner ma vie et ô surprise je suis parvenue à vivre de ma plume J’ai écrit beaucoup et on peut dire que j’ai eu du succès. J’ai abordé un peu tous les genres : d’abord des récits qu’on a qualifiés de lyriques, puis d’autres plus philosophiques ou même politiques. J’ai aussi parlé de la condition de la femme et j’ai contesté l’image conventionnelle qu’on donnait de cette dernière dans la littérature, ce qui m’a valu l’admiration de pas mal de gens célèbres. Qui suis-je ?
00:59 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : devinette
05/11/2011
Devinette
Je suis un écrivain français. A douze ans, j’épouse ma cousine germaine Isabelle, laquelle a dix-sept ans mais est déjà veuve. Elle mourra trois ans plus tard en me donnant une fille. J’ai séjourné longtemps en Angleterre. A quarante-six ans, j’épouse Marie, qui n’a que quatorze ans et qui est la petite-fille du meurtrier de mon père. Elle me donnera trois enfants, dont un fils que j’ai eu à l’âge de soixante-huit ans. Il sera le roi de la famille, bien entendu. Qui suis-je ?
00:31 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature
31/10/2011
Aphorismes (7)
Autrefois, le colonialisme apportait la civilisation. Aujourd’hui, le libéralisme apporte la démocratie. Pour le reste rien n’a changé, il faut toujours passer par la guerre pour imposer ses idées.
La Chine vient de racheter un gros morceau de la dette européenne. Nous sommes donc tous devenus un peu chinois. J’aime quand le libéralisme rapproche les peuples.
Ce qu’il y a de bien avec les guerres modernes, c’est qu’elles sont propres. Les bombes sont téléguidées et frappent leur objectif avec une précision redoutable, ce qui évite tout dégât collatéral, comme chacun sait. On ne comprend d’ailleurs pas comment 60 bombes ont pu tomber sur le palais d’un dictateur alors que tout le monde était d’accord pour dire qu’on n’en voulait pas à sa vie. La technique de téléguidage ne me semble pas tout à fait au point.
Les saisons tournent, revoici l’automne. Jusqu’au jour où nous ne serons plus là pour voir les feuilles tomber.
Je n’ai jamais aimé la Toussaint. Quand j’étais gosse, il fallait aller se recueillir sous la pluie sur la tombe de personnes que je n’avais jamais connues. Maintenant ce n’est pas mieux. Je connais à peu près tous ceux qui sont sous terre.
Le plus dur, à la Toussaint, ce n’était pas la visite aux morts, mais celle qu’il fallait rendre aux vivants. Moi qui enfant aimais déjà la solitude, me retrouver dans une pièce avec une trentaine d’adultes qui parlaient de la pluie et du beau temps m’ennuyait à mourir. Pour un peu j’aurais envié les autres, là-bas, dans leur tombe.
La tombe du grand-père (je ne l’ai jamais connu) n’avait ni pierre ni monument. Juste de la terre battue, ce qui en disait long sur notre position sociale. Enfin, au moins elle était propre et il n’y avait pas de mauvaises herbes. C’est que chacun a sa fierté !
A dix ans, au cimetière, quand je lisais mon nom de famille sur cette pierre dressée devant le petit carré de terre battue, il me semblait que j’étais déjà en retard.
La veille du 11 novembre, toute l’école montait à travers bois jusqu’au cimetière, pour rendre hommage à ceux de 14-18. Il faisait toujours mauvais et froid. Quand enfin on arrivait, complètement frigorifiés, c’est à peine si on apercevait le monument commémoratif, perdu dans le brouillard. Une fois revenus en classe, on se disait qu’ils avaient dû avoir drôlement froid les autres, là-bas, dans leurs tranchées. Pas étonnant qu’ils étaient morts.
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