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14/09/2018

Silence nocturne

Nous avons été jeunes sous tes frondaisons, ô forêt.

Je me souviens de tes clairières mystérieuses et des lacs bleus sous la lune.

Les branches entremêlées de tes arbres étaient plus noires que la nuit et de curieux oiseaux traversaient le néant en appelant la mort.

Parfois, la brise s’élevait dans le grand bois sonore et c’était là une musique étrange, comme venue d’un autre monde.

Dans l’obscurité, nous parlions à demi-mots de choses impossibles, t’en souviens-tu mon amour ?

Nous avions cet âge où l’on croyait encore qu’une caresse sur une peau nue pouvait ouvrir les portes de l’impossible. Ta voix était douce et inquiétante comme celle de la forêt, pleine des mystères de ta féminité.

Ta voix était la nuit et depuis toutes ces années j’en cherche encore le chemin.

Par les sentiers sinueux, j’erre en vain, troublé à l’idée qu’un soir, peut-être, je te retrouverai là, assise en silence au bord du lac bleu. Sur tes épaules nues la lune tracera la marque de l’au-delà et moi je me cacherai dans l’ombre pour mieux contempler celle que j’ai tant aimée et que je n’ai jamais revue.

 

foret-nocturne-01.jpg

08:27 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (7)

Commentaires

Beau texte, Ami.

La vie va sans cesse et jamais ne demeure où elle a fait son nid.
Une histoire se ferme ici, une autre s'ouvre là...

Écrit par : Michèle | 15/09/2018

Il nous suffit de garder un long fil de laine...

Écrit par : Michèle | 15/09/2018

@ Michèle : oui, une sorte de fil d'Ariane, pour ne pas se perdre soi-même. Mais même l'histoire d'amour d'Ariane finit mal, puisque Thésée l'abandonna sur une île, la pauvre.

Écrit par : Feuilly | 15/09/2018

C'est la vie qui finit mal, hélas, pauvres de nous :)

Écrit par : Michèle | 16/09/2018

« Nous avions cet âge où l’on croyait encore qu’une caresse sur une peau nue pouvait ouvrir les portes de l’impossible. »
J'ai toujours cet âge...
Très beau texte. Splendide et nostalgique comme j'aime.
•.¸¸.•*`*•.¸¸✿

Écrit par : celestine | 16/09/2018

@ Célestine : Je suis heureux d'apprendre votre âge, celui où tout est encore possible :)

Écrit par : Feuilly | 16/09/2018

Jusqu'à présent je croyais qu'on a l'âge de ses artères, Célestine m'apprend qu'on a l'âge de sa peau... Je préfère et je fais la mise à jour.

Écrit par : Halagu | 19/09/2018

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