09/10/2011
Médias (1)
J’ai été frappé, lors du conflit en Libye, de la désinformation systématique de nos grands médias. Qu’on approuve ou qu’on désapprouve l’intervention occidentale contre Kadhafi, peu importe finalement. Ce que je veux souligner ici, c’est que la presse, justement, devrait faire un travail objectif d’information et laisser ses lecteurs ou ses téléspectateurs libres de se faire une opinion.
Evidemment, on se doute bien qu’un article ou une émission sont toujours un peu orientés, ne serait-ce que par l’opinion préalable que le journaliste doit avoir sur les faits qu’il relate (soit que cette opinion est préalable à son reportage, soit qu’il se l’est forgée au cours de ce reportage). Tout cela est humain et normal. Mais alors le journal (ou la chaîne de télévision) devrait avoir l’honnêteté de proposer différentes approches d’un même événement, ce qui n’est manifestement pas le cas.
Dans le cas de la guerre en Libye, on a vu que tous les médias donnaient systématiquement la même version des faits, au point qu’on pourrait légitimement se demander si le but ultime n’est pas de conditionner l’opinion publique et de l’encourager à soutenir ce conflit. Je n’extrapole pas. On connaît par exemple aujourd’hui l’importance de la presse américaine dans le fait que la population étasunienne a accepté l’intervention en Irak. Cependant, parler du passé est certes intéressant, mais ce serait encore mieux si nous pouvions décoder ce qu’on nous dit à la télévision ou ce qu’on écrit dans nos journaux au moment où les faits se passent. Cela nous éviterait de cautionner certaines actions simplement parce que nous ne sommes pas au courant.
C’est pourquoi je voudrais de temps en temps attirer l’attention de mes lecteurs sur la manière dont les médias nous présentent les faits et sur tout ce qui se cache là en-dessous. Comment des journalistes peuvent-ils sciemment déformer des faits et tromper l’opinion ? On veut bien admettre que certains soient corrompus, mais tous ne peuvent pas l’être. Que se passe-t-il donc réellement, quelles pressions exerce-t-on sur eux pour les contraindre à falsifier leurs reportages ?
Pour tenter de répondre à ces questions, j’ouvre donc une nouvelle rubrique intitulée « médias » (voir colonne de gauche) qu’on remplira de temps en temps, selon ce que j’aurai repéré dans la presse et qui me semblera sujet à caution.
Ce qui m’a interpellé aujourd’hui, c’est une émission sur la Palestine (que je n’ai pas vue) diffusée sur Antenne 2 et qui a déclenché une série de protestations au point que le président de France télévisions doit aller s’expliquer auprès de l’ambassadeur d’Israël :
http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2011/10/09...
On lira également avec profit la réponse que donne un journaliste :
http://blog.france2.fr/charles-enderlin/
Sans commentaires.


15:14 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : médias, désinformation, palestine
05/10/2011
La course contre la montre
La vie est courte et l’on a peu de temps devant soi. On a même peu de temps pour discourir sur le temps qui passe. D’ailleurs parler et réfléchir serait perdre son temps. Mieux vaut aller de l’avant et vivre.
Mais vivre sans penser est un peu ridicule, cependant. Parfois, il faut savoir s’arrêter et prendre son temps, afin de comprendre que le temps passe inexorablement et qu’il nous faut aller bien vite à l’essentiel. Il n’y a pas de temps à perdre, en quelque sorte !
Mais cet essentiel, dans notre vie, consiste en quoi, finalement ?
Une course contre le temps, sans doute. Parvenir à s’affirmer et à exprimer ce que l’on est vraiment. Dans l’absolu, autrement dit hors du temps. « Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change » disait un poète. Il y a très longtemps. Mais lui, il se situait à la fin de la partie, quand la vie s’est arrêtée. Moi je parle de maintenant, de l’instant présent. Je regarde le grand cadran et je vois les aiguilles qui défilent. Elles repassent au même endroit dix fois, vingt fois, mille fois et il ne s’est rien passé. Je n’ai rien fait d’autre que de regarder la fuite du temps. Ce n’est pas malin, j’ai perdu mon temps. Les autres, eux, ne pensent pas au temps qui fuit, mais ils agissent. Ils agissent comme s’ils devaient être immortels et ne se soucient pas du temps. Ou alors de temps en temps, sans plus. Ils agissent, s’enrichissent et sont tout contents. Ils n’ont peut-être pas tort, tant qu’à faire.
Moi, en attendant, je reste des heures à contempler la fuite du temps. Je ne suis pas plus bête pour autant. Je ne fais rien, mais je sais. Je sais qu’un jour ce sera la dernière heure. Et je me dirai que j’aurai perdu mon temps.
Alors il sera trop tard.
Vulnerant Omnes, Ultima Necat.
07:00 Publié dans Errance | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cadran solaire, temps qui fuit
03/10/2011
Aphorismes (6)
Ce n’est sans doute pas un hasard si, dans nos écoles, les cours d’histoire se limitent à évoquer l’empire romain et celui de Charlemagne (autrement dit les deux seules périodes où toute l’Europe était unifiée politiquement) tandis que les mille ans qu’il a fallu pour que naisse la France actuelle sont passés quasi sous silence.
Le Christianisme s’est cru habile en récupérant les grandes fêtes païennes à son profit. C’était pourtant avouer que sa doctrine était aussi arbitraire que celle qu’il remplaçait.
L’amour fait voir l’autre meilleur qu’il ne l’est en réalité. Heureusement, d’ailleurs.
Le désir que l’on éprouve pour les personnes de l’autre sexe est peut-être la seule constante de la vie.
C’est quand nous sommes amoureux que nous approchons le plus près du bonheur. Pourtant, si on y réfléchit, la nature nous joue encore là un bien sale tour. Elle se moque de notre bien-être personnel et ne recherche en fait que la perpétuation de l’espèce.
Ce sont toujours les loups qui arrivent au pouvoir dans les dictatures. Dans les démocraties aussi d’ailleurs.
Quand on est enfant, on regrette de n’être pas plus grand et quand on est adulte, on regrette son enfance. Plus tard encore, on regrette les deux.
Je n’ai jamais rien compris au péché originel. Du coup, je ne vois pas pourquoi un Dieu devrait mourir pour racheter une faute que je n’ai pas commise.
Plutôt que de venir bêtement mourir sur une croix pour partager notre état mortel, le Christ aurait mieux fait de nous rendre immortels.
Il est des jours, quand je suis coincé dans une foule, où j’envie les anachorètes du désert.
Pour celui qui ne croit pas, la prière n’a aucun sens. Elle ne devrait pas en avoir davantage pour le Chrétien. En effet, s’il aime son Dieu, il devrait accepter le monde imparfait qu’il lui a donné, plutôt que de venir le supplier sans cesse pour en abolir les aspects les plus injustes.
Dans le regard de cette femme croisée dans la rue, J’avais cru voir l’éternité que je cherchais en vain depuis toujours. Ce n’était en fait que l’éternité de mon désir.
Ces femmes que l’on croise et que l’on ne reverra plus jamais ont toujours quelque chose de parfait. Forcément puisqu’on ne les connaît pas.
07:00 Publié dans Actualité et société | Lien permanent | Commentaires (0)






