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26/05/2007

Paysage (1)

 

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D’abord, il y a la montagne

La montagne et le ciel

Et puis la mer qu’on devine

Ou qu’on imagine.

La mer.

 

Dans le ciel, si bleu, si pur, tourne un vautour.

Il tourne au-dessus des ruines d’un improbable château.

Il tourne depuis mille ans

Le gypaète barbu.

 

Nous sommes dans la montagne

Aux marches du royaume.

Midi scintille de tous ses feux

Tandis qu’une lézarde se chauffe au soleil

Sur une roche de schiste,

Les yeux ouverts, aux aguets,

La respiration palpitante.

 

Un ermitage est là, dans ce désert de pierres.

D’une source coule une eau froide,

Salutaire au voyageur.

Dans la chapelle à l’abandon

Point de chants liturgiques

Mais une musique obsédante qui emplit l’espace.

Celle des insectes qui, par milliers, crient leur certitude

Et leur volonté de vivre.

 

Sur l’autre versant, se dresse une tour

Qu’on appelle sarrasine car le Maure la construisit

En des temps reculés,

Quand ce pays était frontière d’un autre empire

A jamais disparu.

 

En bas, s’étend la plaine et ses villas romaines

La plaine antique et ses vignobles

La terre des hommes et du vin fou.

En bas c’est la plaine.

 

L’ombre du vautour a décrit un cercle plus étroit.

Il est midi et l’on reprend sa marche

Vers d’autres destinées

Vers d’autres montagnes  

Où la vie n’est plus qu’un songe

Dans la chaleur de l’été.

 

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00:55 Publié dans Errance | Lien permanent | Commentaires (2)