<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0">
    <channel>
        <title>Marche romane - litterature</title>
        <description>Littérature, lectures et quelques propos sur le monde qui nous entoure</description>
        <link>http://feuilly.hautetfort.com/litterature/</link>
        <lastBuildDate>Mon, 14 Jul 2008 01:48:52 +0200</lastBuildDate>
        <generator>HautetFort.com</generator>
        <copyright>All Rights Reserved</copyright>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/07/10/numerisation-des-livres.html</guid>
                <title>Numérisation des livres</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/07/10/numerisation-des-livres.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Thu, 10 Jul 2008 22:19:34 +0200</pubDate>
                <description>
                    On apprend que la ville de Lyon serait sur le point de choisir Google pour numériser les 500 000 livres anciens de sa bibliothèque municipale.&lt;br /&gt;Google s’occupe déjà de la numérisation de l'université d'Oxford.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’un côté, il faut se réjouir de cette numérisation, qui, d’une part, offre une solution au fait que les livres se dégradent et qui, d’autre part, les rend accessibles à tous. D’un coup de souris, il vous est alors possible de consulter des ouvrages situés à l’autre bout du monde, des ouvrages dont nous n’aurions même jamais soupçonné l’existence autrefois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait été question également de numériser la Bibliothèque  nationale de France (BNF), mais certains avaient fait remarquer, à juste titre, que le choix des livres ne devait pas être fait par Google lui-même, qui travaillait dans un esprit trop « américain ». C’est vrai que nous sommes là devant un dilemme. Soit laisser nos livres prendre la poussière et rester inconnus (or à l’ère du numérique, il faut se montrer et être visible), soit en sortir un certain nombre de l’oubli, mais savoir que d’autres seront sacrifiés. Le problème est donc celui du choix. Quel critère retenir et qui va décider de ce critère ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mine  de rien, c’est un débat idéologique qui s’engage ici. Prenons la période de la fin de l’Ancien Régime. Vais-je privilégier les livres conservateurs ou au contraires ceux qui annoncent la Révolution ? On le voit, selon le choix que j’aurai fait, j’orienterai la perception que l’on aura de cette époque. Voire même j’orienterai nos conceptions actuelles. Imaginons que les créationnistes détiennent majoritairement les actions de Google, il y a fort à parier qu’ils ne vont pas numériser les œuvres de Darwin ou en tout cas qu’ils censureront les passages les plus compromettants pour leur théorie. On pourrait d’ailleurs imaginer qu’on ne numérise qu’une partie d’un ouvrage, faussant ainsi la diffusion de certaines idées. Bon, je vais peut-être trop loin dans mon raisonnement, mais on n’est jamais assez prudent quand il s’agit de la diffusion du savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De toute façon, les carottes sont déjà cuites, si je puis m’exprimer ainsi. Il est clair que les oeuvres américaines et finalement européennes vont se retrouver sur la Toile. Mais qu’en est-il des autres cultures ? Verra-t-on les contes africains (qui appartiennent encore souvent à la littérature orale) faire partie des pages consultables ? Non bien sûr. Et s’il existe en Amérique latine des bibliothèques qui possèdent des livres rares (sur la découverte du Nouveau Monde, par exemple), les pays qui les possèdent auront-ils les moyens de faire numériser leurs archives ? Probablement pas. Du coup, n’étant pas présents sur Internet, ces livres resteront dans l’ombre, ce qui permettra à une seule culture (occidentale, mais surtout américaine) de s’imposer dans le monde. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/00/02/1727337083.gif&quot; id=&quot;media-1117665&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;diuani_hikmet_300.gif&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/07/09/foret-profonde-d-alina-reyes.html</guid>
                <title>Alina Reyes dans La Presse littéraire</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/07/09/foret-profonde-d-alina-reyes.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Wed, 09 Jul 2008 02:45:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/00/01/189337291.jpg&quot; id=&quot;media-1114847&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;L3208_180.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la note intitulée « &lt;em&gt;De la fonction poétique &lt;/em&gt;», les commentaires vont bon train au sujet du site d’Alina Reyes. C’est l’occasion de citer mon article « &lt;em&gt;Alina Reyes, de l’érotisme à l’esprit »&lt;/em&gt; paru dans la presse littéraire n° 15 (juin/juillet/août 2008), consacré essentiellement à son livre « &lt;em&gt;Forêt profonde&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques explications s’imposent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alina Reyes (de son vrai nom Aline Chardonne) est née « quelque part aux confins du Médoc, entre l’Océan et l’estuaire de la Gironde, à « la Fin des Terres » (tout un programme). Elle y grandit en petite sauvageonne, en relation étroite avec la nature et jette déjà sur le monde un regard lucide, tandis que très tôt se manifeste l’éveil sexuel, qui ouvre d’autres portes. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses parents sont communistes et très jeune, alors qu’elle termine ses études de lettres, elle publie « &lt;em&gt;Le Boucher &lt;/em&gt;», un roman érotique qui lui ouvre les portes de la littérature mais qui l’enferme aussi dans un genre auquel elle ne veut pas se limiter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personnellement, je l’ai découverte voici deux ou trois ans via son blogue et j’ai été tout de suite sensible à ce qu’elle dit de la nature. Elle possède une petite grange restaurée dans les Hautes Pyrénées, où elle se retire de temps à autre, complètement coupée du monde (surtout en hiver) et où elle partage son temps  entre les promenades en forêt et l’écriture. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai lu son livre « &lt;em&gt;Moha m’aime &lt;/em&gt;», qui s’inspire d’un séjour qu’elle fit au Maroc. Ce roman est plein de sensibilité et traite essentiellement des rapports humains et cela avec beaucoup de pudeur. Elle a publié toute une série d’autres ouvrages qui eurent un succès certain et qui furent traduits en de nombreuses langues. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/01/02/1059176888.jpg&quot; id=&quot;media-1114848&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;756684.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, en août 2007, vint « &lt;em&gt;Forêt profonde &lt;/em&gt;» qui eut peu d’écho auprès de la critique, laquelle préféra privilégier le livre de Yannick Haenel « Cercle ». Mais voilà qu’Alina découvre dans ce roman de Haenel  les thèmes fondamentaux de son propre livre. Il semblerait donc que l’éditeur (dont nous tairons charitablement le nom), qui avait eu le manuscrit d’Alina en main, l’eût confié à Haenel qui s’en  serait inspiré. Je mets tout au conditionnel, car cette affaire est actuellement devant les tribunaux et la Justice tranchera.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il m’avait donc semblé opportun de faire sortir «&lt;em&gt;Forêt profonde&lt;/em&gt; » de l’ombre en en parlant un peu dans un article selon mes modestes moyens.&lt;br /&gt; C’est un livre que j’ai aimé, qui parle de la vie, de la mémoire et de la nature. C’est aussi un livre qui se veut cathartique pour celle qui l’a écrit (laquelle se remet d’une déception amoureuse). Dans de nombreuses pages, on côtoie la beauté sauvage et celle-ci touche souvent au sacré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/00/02/675629848.jpg&quot; id=&quot;media-1114849&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;1079788.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre le moment où l’article a été écrit et celui où il a été publié, il s’est passé quelques mois, durant lesquels dame Alina, toujours très prolixe, en a profité pour écrire d’autres livres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a « &lt;em&gt;La dameuse &lt;/em&gt;», qui raconte l’histoire d’un viol (lequel renvoie manifestement au viol symbolique qu’elle a subi avec cette affaire de plagiat). Je n’ai pas encore lu ce livre, mais je le lirai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a aussi « &lt;em&gt;La jeune fille et la Vierge &lt;/em&gt;» sur les apparitions de Lourdes et là, j’avoue que je suis plus. Autant j’apprécie l’analyse du sacré (car la poésie touche au sacré et à l’indicible), autant les références soudaines  à un catholicisme pur et dur me dérangent. Elles me dérangent et m’étonnent également car je lisais aussi parfois des articles d’Alina sur le site Bellaciao qui est très clairement laïque et orienté à gauche (ce qui me convenait assez bien). D’où mon étonnement en découvrant le délire mystique dans lequel elle a maintenant plongé. A la limite, moi qui adore les chants grégoriens (ou même en vieux romain) et qui me délecte de Palestrina ou d’Hildegarde Von Bingen, je peux comprendre que le sentiment d’appartenir à la grande nature (et d’être un microcosme dans un microcosme) peut soulager de toutes les angoisses car alors vous n’êtes plus vraiment seul, mais vous devenez  un élément du vaste univers, autrement dit vous avez votre place dans le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais cru, tout d’abord, qu’Alina, si proche de la nature sauvage, avait poussé un peu plus loin son expérience et avait atteint une spiritualité qui, ma foi, pour autant qu’elle exalte son monde intérieur, ne pouvait que lui permettre de trouver un équilibre. Malheureusement, il ne s’agit pas de cela et c’est bien des références au catholicisme pur et dur qu’elle nous donne sur son blogue. Moi qui suis athée pour ainsi dire par essence (ma lucidité et mon pessimisme s’accordent mal avec la foi et la croyance en un monde meilleur, dans lequel nous irions folâtrer après notre mort), c’est trop pour moi. Alina, qui est manifestement en pleine crise de je ne sais pas quoi, est en train de se faire récupérer par les mouvements conservateurs. Dommage et je ne reconnais plus vraiment celle qu’on avait baptisée « « &lt;em&gt;la baronne rouge &lt;/em&gt;» lors d’un passage chez Pivot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/30/du-roman-poetique.html</guid>
                <title>Du roman poétique</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/30/du-roman-poetique.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Mon, 30 Jun 2008 02:05:40 +0200</pubDate>
                <description>
                    Beaucoup pensent que le genre romanesque s’épuise. Je ne partage pas vraiment leur avis, mais bon, c’est vrai que devant la pléthore habituelle de romans qui va envahir les librairies dans les mois à venir, nous sommes en droit de nous demander si ce n’est pas plus ou moins la même histoire qu’on va nous raconter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le roman, disent certains, est mort avec le nouveau roman, quand on a supprimé l’intrigue. Il tenterait aujourd’hui de renaître de ses cendres, mais ce serait surtout pour se concentrer sur les problèmes intimes du romancier (sa vie privée ou bien son incapacité à écrire) beaucoup plus que pour dresser une fresque lucide de notre époque. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’idée, les idées, ne semblent plus avoir droit de cité dans la littérature proprement dite. Si vous voulez développer des thèmes qui vous sont chers, mieux vaut écrire un essai qu’un roman, surtout si vous êtes sociologue, anthropologue, linguiste ou sémiologue. Un Zola, qui dénonce la cassure sociale, ne semble plus possible aujourd’hui (pourtant, on en aurait bien besoin car nous courons vers l’abîme et le nombre de citoyens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ne cesse de croître), un Vallès, qui raconte ses expériences révolutionnaires non plus. Même un Balzac serait bien utile, pour dresser un panorama complet de notre société où l’ascension sociale par la richesse est de mise. Hélas, point de Balzac non plus, quant aux Flaubert, Maupassant ou autres Hugo, ils brillent par leur absence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ? Et bien, je l’ai dit, les citoyens qui pensent doivent s’exprimer dans des essais et non plus dans la littérature. Sartre lui-même n’avait-il pas refusé le Nobel de littérature parce qu’il estimait qu’il n’était pas un écrivain mais un philosophe ? Depuis cette époque le roman semble donc vidé de sa substance et il ne sert plus qu’à raconter des historiettes sans grande envergure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès lors, ne conviendrait-il pas de révolutionner le genre ? Soit en revenant à un contenu qui interpelle, soit en renouant avec le grand style. Pourquoi, par exemple, ne pas imaginer un roman qui serait également poétique ? Une sorte de fresque fondatrice ou initiatique, dans le genre de l’Odyssée ou de l’Enéide ? Après tout, voilà deux livres dans lesquels on raconte des aventures (et quelles aventures !) mais qui sont écrits en vers et dont la formulation est assurément poétique ? Alors, qui nous écrira un roman qui serait aussi un grand poème ? Ce serait peut-être une manière habille de redonner un nouveau souffle à ce genre qui se résume trop souvent à un intarissable bavardage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/02/02/1873348956.jpg&quot; id=&quot;media-1099845&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;choudhury-fig4.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/28/rentree-litteraire.html</guid>
                <title>Rentrée littéraire</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/28/rentree-litteraire.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Sat, 28 Jun 2008 15:03:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    On apprend avec soulagement qu’il n’y aura que 676 nouveaux romans publiés cette année entre le mois d’août et le mois d’octobre. Même en admettant qu’il y a là-dedans deux mois à 31 jours, cela vous fait tout de même plus de sept romans à lire par jour. Même en ne dormant que quatre heures par nuit et en se contentant d’un sandwich unique à midi, cela va tout de même être dur pour les critiques littéraires. Quand on dit que la vraie littérature ne propose pas que des mots mais qu’elle bouleverse la vie, on n’a jamais aussi bien parlé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/01/00/868646421.jpg&quot; id=&quot;media-1097760&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;dyn006_original_574_146_jpeg_58330_001c74e5eb87ac1fbfe5c935e062cbfa.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/28/de-la-fonction-poetique.html</guid>
                <title>De la fonction poétique</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/28/de-la-fonction-poetique.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Sat, 28 Jun 2008 04:01:01 +0200</pubDate>
                <description>
                    Pourquoi la fonction poétique ne semble-t-elle plus avoir droit de cité dans notre société ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On édite peu les poètes, leurs livres se diffusent d’une manière confidentielle et ceux qui les lisent osent à peine avouer en public qu’ils les apprécient. Imaginez-vous, en plein conseil d’administration d’une banque ou dans le bureau de votre directeur du personnel, dire que vous aimez la poésie. On va vous regarder soit comme un dangereux malade, soit comme un utopiste romantique un peu fou dont il convient de se débarrasser au plus vite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi donc la poésie a-t-elle perdu tout crédit officiel ? Les gens sont-ils moins sensibles qu’autrefois ? Je ne le pense pas. Alors ? Est-ce parce qu’elle se situe en dehors du circuit des échanges marchands qui caractérisent notre époque ? Probablement. La poésie est gratuite et esthétique. Elle n’est finalement qu’un jeu sur la langue, mais comme chacun sait, ce jeu peut être contestataire puisqu’il valorise le monde intérieur de l’individu et fort peu l’instinct grégaire du consommateur. A ce titre, la poésie est condamnable et donc  condamnée par les boutiquiers qui nous dirigent. D’abord elle inquiète par sa gratuité, notion impensable pour ceux qui font de l’argent avec tout, ensuite elle recherche la beauté afin d’émouvoir, créant des mondes imaginaires qu’il est difficile de faire contrôler par la police d’état. Elevant l’esprit, proposant un univers différent, parallèle, elle inquiète, aussi préfère-t-on la ridiculiser en évoquant un sentimentalisme qu’on qualifie de ridicule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis ces gens ne pensent qu’à l’argent, argent qui leur permettra d’acheter des objets destinés à paraître (comme si la possession d’un objet pouvait grandir un individu !). Comment pourraient-ils comprendre la poésie, qui elle vise essentiellement l’être et même la profondeur de l’être ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme ce sont eux qui ont le pouvoir, la poésie a donc pris le maquis, c’est sans doute pour cela que vous ne la rencontrez plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/00/01/539489036.jpg&quot; id=&quot;media-1097259&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;marot.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/25/quand-un-goncourt-devient-immortel.html</guid>
                <title>Quand un Goncourt devient immortel.</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/25/quand-un-goncourt-devient-immortel.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Wed, 25 Jun 2008 02:03:42 +0200</pubDate>
                <description>
                    L'écrivain Jean-Christophe Rufin, 55 ans, qui avait obtenu le prix Goncourt en 2001 pour son roman  &quot;&lt;em&gt;Rouge Brésil&lt;/em&gt;&quot; a été élu jeudi dernier à l'Académie française.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sait par ailleurs qu’il avait été nommé ambassadeur au Sénégal par Nicolas Sarkozy. C’est curieux, tout de même, le nombre d’écrivains que l’on trouve dans la diplomatie. Ces gens ont-ils du temps libre à revendre et s’ennuient-ils si profondément pendant la saison des moussons ou au cœur des tempêtes de sable, qu’ils sont pour ainsi dire contraints de prendre la plume ? Sont-ce les noms prestigieux de leurs prédécesseurs (Claudel, Saint-John Perse, Giraudoux, Morand), qui les poussent ainsi à écrire ? Ou bien peut-être est-ce que les grandes maisons d’édition sont plus disposées à lire leurs manuscrits… Il est vrai que les timbres exotiques qu’ils ont été contraints d’apposer sur leur enveloppe attirent davantage l’attention, mais les gens réalistes savent qu’il est bien rare qu’un  manuscrit envoyé anonymement par la poste soit édité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que faut-il penser, alors, de cette capacité d’écriture chez nos grands diplomates ? Ayant parcouru le monde, auraient-ils plus de relations que les autres écrivaillons qui grattent du papier dans un coin perdu de Lozère ou de la Creuse ? Peut-être, mais dire cela, ce serait avouer que le jeu n’est pas égal. Pure médisance de ma part, donc. C’est comme si je vous disais que JC Rufin s’est fait élire à l’Académie parce qu’il avait le soutien de Sarkozy. Allons, ce n’est pas parce que Giscard est devenu immortel qu’il faut en déduire que la carrière politique et la carrière littéraire sont étroitement liées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/02/00/1144200527.jpg&quot; id=&quot;media-1091624&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;image_44271395.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/24/citation.html</guid>
                <title>Citation</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/24/citation.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Tue, 24 Jun 2008 16:40:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;em&gt;&quot;Il est beau de ne pratiquer aucun métier, car un homme libre ne doit pas vivre pour servir autrui.&quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aristote&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Belle citation, mais difficile à mettre en pratique si on n’est pas né rentier.&lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/23/villon-la-belle-heaulmiere.html</guid>
                <title>Villon, &quot;La belle heaulmière&quot;</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/23/villon-la-belle-heaulmiere.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Mon, 23 Jun 2008 16:40:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Dans le texte de Villon, cité dans la note précédente, il est donc fait allusion à la beauté perdue de la belle heaulmière. Encore faut-il savoir ce qu’est une heaulmière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le terme nous semblera plus familier si on supprime la lettre « l » intermédiaire. Heaumière renvoie alors manifestement à heaume, c’est-à-dire au casque porté par les hommes d’armes du Moyen Age. Ce casque enveloppait la tête et le visage et était muni d’ouvertures pour les yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la Chanson de Roland, le terme est orthographié « &lt;em&gt;helme &lt;/em&gt;» et vient de l’ancien francique « &lt;em&gt;helm &lt;/em&gt;», qui signifie casque (voir allemand et néerlandais actuels). Le mot a été latinisé en &lt;em&gt;helmus &lt;/em&gt;au VII° siècle et on le retrouver sous cette forme dans les Gloses de Reichenau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour rappel, les Gloses de Raichenau sont un glossaire de mots romans interprétant des termes de la Vulgate (traduction latine officielle de la Bible) et qui prouve par ailleurs que le latin n’était plus compris puisqu’il fallait le traduire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès lors, si le heaume est un casque, le heaumier désigne la personne qui fabrique ce casque.  La &lt;em&gt;heaumerie&lt;/em&gt;, quant à elle, renvoie à l’atelier de fabrication et la &lt;em&gt;heaumière &lt;/em&gt;est la femme du heaumier .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, Villon fait allusion à une dame qui, à Paris, avait été célèbre pour sa beauté à une certaine époque. Le thème qu’il développe est finalement assez courant : vanité des biens terrestres et égalité de tous devant la mort. Il faut se remettre dans le contexte du Moyen Age pour en saisir toute la portée : d’une part la vie y est précaire (absence de médecine, mortalité élevée, etc.) et d’autre part la religion prédomine tout le mode de pensée. Elle se présente en effet comme une consolation devant la misère ambiante en proposant une vie éternelle en laquelle tout le monde semble croire. Les gens modestes ou frappés par le sort y trouvent donc une sorte de consolation (voire de vengeance) : la mort abolit les différences sociales et traite tout le monde avec égalité. Il s’agit finalement d’une sorte d’idéologie communiste post-mortem, si on y réfléchit bien, l’aspiration à un régime égalitaire, une sorte de Grand Soir qui se concrétisera dans le paradis promis par le Christ.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais revenons au texte de Villon. Celui-ci-, habillement, feint de faire parler la belle heaumière, afin de rendre son texte plus vivant et dès lors plus poignant. Elle se révolte contre la vieillesse félonne et regrette de n’avoir pas joui davantage de sa jeunesse. Puis elle passe en revue son corps décrépi et le compare avec son aspect antérieur (« &lt;em&gt;Qu'est devenu ce front poly ces cheveulx blons, sourcilz voultiz &lt;/em&gt;»),non sans à l’occasion risquer une pointe érotique (« &lt;em&gt;ces belles levres vermeilles &lt;/em&gt;», les seins menus, les hanches bien développées faites pour « &lt;em&gt;tenir amoureuses lisses &lt;/em&gt;», le  sadinet (ce qui est gracieux, doux, agréable) dans son jardinet au haut des cuisses (qu’en termes galants ces choses-là sont dites…).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le contraste est saisissant entre la situation d’antan et ce que la belle est devenue. Son front est ridé, le regard rieur qui attirait les marchands est éteint, le visage est pâle, etc. Villon ne se contente donc pas d’une réflexion théorique sur la fuite du temps, mais entre dans des descriptions physiques qui sont plus parlantes qu’un long discours. En agissant de la sorte et en faisant tenir tous les propos par la dame qui a perdu ses attraits, il renforce le côté dramatique de la scène. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, la belle heaumière passe subitement à la première personne du pluriel. Elle ne se plaint donc pas seule mais s’exprime au nom de toutes les femmes, ce qui renforce la teneur de ses propos. La description physique ne concernait que son seul corps (ce corps merveilleux qui avait fait sa réputation), mais la conclusion se veut générale. Il n’y a pas qu’elle qui est touchée par la fuite du temps, mais c’est toute l’humanité qui est concernée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les vieilles parlent entre elles de leur passé (« &lt;em&gt;Ainsi le bon temps regretons Entre nous, povres vielles sotes &lt;/em&gt;»). Elles ne semblent pas avoir d’autres interlocutrices qu’elles-mêmes, ce qui renforce leur solitude. Ce n’est pas à la jeunesse qu’elle font la morale. Isolées, rejetées peut-être, c’est avec d’autres vieilles qu’elles parlent de leur malheur, constituant ainsi un microcosme de personnes séniles. Cette mise à l’écart sociale  renforce une nouvelle fois leur décrépitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Villon est donc passé de la description d’un corps jeune et beau à celui d’une ancêtre (sous la forme du monologue de la belle heaumière), puis il a étendu le procédé en imaginant ce dialogue entre les vieilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout est alors mis en œuvre pour renforcer leur décrépitude et leur malheur. Ainsi elles ne sont pas assises mais sont «  &lt;em&gt;à crouppetons &lt;/em&gt;» devant le feu. Peut-être faut-il y voir un signe de leur pauvreté matérielle (elles n’ont même plus de chaises) mais peut-être aussi est-ce pour elles une manière de mieux se réchauffer (la mort approchant, leurs membres sont déjà froids). Ce qui est sûr, c’est que leur position a quelque chose de misérable qui tranche avec leur beauté altière d’autrefois. Ramassées en tas, on se demande si elles ont encore forme humaine.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Notons qu’elles ne se réchauffent pas auprès d’un bon feu, mais d’un petit feu de chènevotte (partie ligneuse du chanvre. L’idée est celle de la minceur du matériaux : ce combustible s’enflamme vite mais ne dure pas longtemps).C’est peut-être pour cela qu’il leur faut s’accroupir : pour mieux jouir de cette flamme éphémère. L’idée renvoie à la beauté du corps, tout aussi éphémère que cette flamme. Les vieilles, rassemblées autour de ce feu aussi vite allumé qu’éteint, parlent de leur jeunesse trop tôt évanouie. Nous avons donc un phénomène de mise en abyme, le décor présent étant une métaphore du thème développé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, les rimes en « otes » rapprochent &lt;em&gt;« pelotes &lt;/em&gt;» et « &lt;em&gt;chenevotes &lt;/em&gt;», ce qui renforce encore le côté dramatique de la scène : on insiste d’un côté sur l’aspect éphémère de le jeunesse, tandis que la vieillesse semble s’éterniser dans ce « tas » de vieilles amassées comme pelote, vieilles qui par ailleurs ne parviennent même plus à se réchauffer à ce feu qui ne dure qu’un instant (pas plus qu’elles ne parviennent à se consoler avec leurs souvenirs).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis vient ce vers « &lt;em&gt;Et jadis fusmes si mignotes&lt;/em&gt;! » qui rappelle d’une manière bouleversante ce qu’elles furent avant d’être devenues ce qu’elles sont. Faut-il y voire une sorte de résignation ? Peut-être. En tout cas le dernier vers «Ainsi emprent à mains et maintes » propose une sorte de consolation. Cette situation qu’elles connaissent concerne en fait tout le monde. Piètre consolation, on en conviendra, mais qui renvoie à une définition du destin commun. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poème profond et tragique que ce texte de Villon, qui décrit en quelques strophes l’histoire d’un parcours individuel. Dans la poème suivant (« &lt;em&gt;Ballade de la belle Heaumière aux filles de joie&lt;/em&gt;), il propose une sorte d’épicurisme : profitez de la vie et des plaisirs du corps pendant qu’il est encore temps car la vieillesse n’est que «monnoie qu'on décrie » .&lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/21/du-temps-qui-passe-inexorablement.html</guid>
                <title>Du temps qui passe, inexorablement</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/21/du-temps-qui-passe-inexorablement.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Sat, 21 Jun 2008 01:24:32 +0200</pubDate>
                <description>
                    Ainsi donc revoici le solstice d'été, qui nous rappelle, certes, que revient la belle saison, mais aussi que le temps n’en finit pas de s’écouler, inexorablement. Trompeur, celui-ci prend un aspect cyclique, nous donnant l’impression d’accéder à une espèce d’éternité. Illusion, évidemment, car la ligne du temps est linéaire et nous emporte avec elle. Les poètes, même anciens, ne s’y sont pas trompés : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Advis m'est que j'oy regreter&lt;br /&gt;La belle qui fut hëaulmiere,&lt;br /&gt;Soy jeune fille soushaicter&lt;br /&gt;Et parler en telle maniere:&lt;br /&gt;`Ha! viellesse felonne et fiere,&lt;br /&gt;Pourquoi m'as si tost abatue&lt;br /&gt;(…)&lt;br /&gt;&quot;Qu'est devenu ce front poly,&lt;br /&gt;Ces cheveulx blons, sourcilz voultiz,&lt;br /&gt;Grant entroeil, le regart joly,&lt;br /&gt;Dont prenoie les plus soubtilz;&lt;br /&gt;Ce beau nez droit, grant ne petit;&lt;br /&gt;Ces petites joinctes oreilles,&lt;br /&gt;Menton fourchu, cler vis traictiz,&lt;br /&gt;Et ces belles levres vermeilles? &lt;br /&gt;LIII&lt;br /&gt;&quot;Ces gentes espaulles menues;&lt;br /&gt;Ces bras longs et ces mains traictisses;&lt;br /&gt;Petiz tetins, hanches charnues,&lt;br /&gt;Eslevées, propres, faictisses&lt;br /&gt;A tenir amoureuses lisses;&lt;br /&gt;Ces larges rains, ce sadinet&lt;br /&gt;Assis sur grosses fermes cuisses,&lt;br /&gt;Dedens son petit jardinet? &lt;br /&gt;LIV&lt;br /&gt;&quot;Le front ridé, les cheveux gris,&lt;br /&gt;Les sourcilz cheuz, les yeulz estains,&lt;br /&gt;Qui faisoient regars et ris,&lt;br /&gt;Dont mains marchans furent attains;&lt;br /&gt;Nez courbes, de beaulté loingtains;&lt;br /&gt;Oreilles pendans et moussues;&lt;br /&gt;Le vis pally, mort et destains;&lt;br /&gt;Menton froncé, levres peaussues: &lt;br /&gt;LV&lt;br /&gt;&quot;C'est d'umaine beaulté l'yssue!&lt;br /&gt;Les bras cours et les mains contraites,&lt;br /&gt;Les espaulles toutes bossues;&lt;br /&gt;Mamelles, quoy! toutes retraites;&lt;br /&gt;Telles les hanches que les tetes.&lt;br /&gt;Du sadinet, fy! Quant des cuisses,&lt;br /&gt;Cuisses ne sont plus, mais cuissetes,&lt;br /&gt;Grivelées comme saulcisses. &lt;br /&gt;LVI&lt;br /&gt;&quot;Ainsi le bon temps regretons&lt;br /&gt;Entre nous, povres vielles sotes,&lt;br /&gt;Assises bas, à crouppetons,&lt;br /&gt;Tout en ung tas comme pelotes,&lt;br /&gt;A petit feu de chenevotes&lt;br /&gt;Tost allumées, tost estaintes;&lt;br /&gt;Et jadis fusmes si mignotes!  &lt;br /&gt;Ainsi emprent à mains et maintes.&quot; &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;François Villon, Le Testament («  Les regrets de la Belle Heaumière »)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/01/01/899989755.jpg&quot; id=&quot;media-1085194&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;belle_heaulmiere.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Rodin&lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/20/reflexion.html</guid>
                <title>Réflexion</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/20/reflexion.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Fri, 20 Jun 2008 16:19:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    «&lt;em&gt;Tous les animaux sont égaux, mais certains animaux sont plus égaux que d'autres&lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;George Orwel&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Belle citation, qu’il convient, cependant, de replacer dans son contexte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est extraite du livre « &lt;em&gt;La ferme des animaux &lt;/em&gt;» (on connaît surtout Orwell pour « &lt;em&gt;1984 &lt;/em&gt;»)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Critique de la Révolution bolchevique (quand la foi en un monde meilleur se transforme en dictature stalinienne), ce livre n’en est pas pour autant une apologie du capitalisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, cet auteur particulièrement clairvoyant était surtout pessimiste (conséquence souvent inévitable de cette première qualité) et il ne se faisait plus beaucoup d’illusions sur la nature humaine.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notons qu’Orwell est un pseudonyme. De son vrai nom, l’écrivain s’appelait Éric Blair (on a connu des Blair moins clairvoyants) et il était né aux Indes en 1903. Il vécut dans différentes colonies britanniques avant de s’installer en France en 1936. En d’autres termes, ce fut un Anglais qui n’a pour ainsi dire jamais vécu en Angleterre. Opposé au colonialisme britannique, partisan de la justice sociale, scandalisé par les totalitarismes nazi et stalinien, il participa aussi à la guerre d’Espagne, où il fut instructeur au POUM (Partido Obrero de Unificación Marxista).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Blessé sur le front d’Aragon, Orwel, démobilisé, quittera l’Espagne clandestinement pour ne pas être arrêté. C’est que le POUM venait d’être dénoncé comme un « parti fasciste » par la propagande du PSUC et déclaré illégal le 16 juin 1937. Le PSUC (Partit Socialista Unificat de Catalunya), quant à lui, était un parti appartenant au Kominterm et était  fédéré avec le Parti communiste espagnol (PCE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le POUM a aussi été accusé d'être une organisation trotskiste, ce qui est faux. En réalité le POUM était surtout anti-stalinien et il a dénoncé les procès de Moscou, ce que le PCE ne pouvait tolérer. Evidemment, le fait de critiquer ce qui se passait à Moscou alors que la  Russie était le principal fournisseur d'armes a amené une crise grave dans le camp républicain, entre le POUM et les anarchistes d'une part et entre le POUM et  le PCE d'autre part.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais revenons à Orwell. A la veille du conflit mondial de 40-45, il est dans le clan des pacifistes, estimant que cette guerre ne servira que les intérêts du capital. Toutefois, au moment où le PCFapprouve le pacte germano-soviétique et devient donc à son tour pacifiste, Orwell, toujours aussi indépendant d’esprit, se découvre une âme de patriote. C’est qu’il imagine que le renversement des fascismes en Europe va s’accompagner par une révolution sociale. On verra ce qu’il en sera par la suite dans le camp allié (notamment quand il ne sera plus question de libérer l’Espagne du franquisme).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;La ferme des animaux &lt;/em&gt;» a été écrite en 1944. Le livre est d’abord refusé par quatre éditeurs (il était sans doute trop tôt pour oser critiquer l’allié soviétique alors que l’Allemagne combattait encore) avant de paraître enfin en 1945.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Orwell est décédé en 1950 d’une tuberculose. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                </channel>
</rss>