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        <title>Marche romane - langue_francaise</title>
        <description>Littérature, lectures et quelques propos sur le monde qui nous entoure</description>
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        <lastBuildDate>Sat, 05 Jul 2008 02:59:07 +0200</lastBuildDate>
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                <title>Des langues régionales</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 05 Jul 2008 02:55:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Les langues régionales ont toujours existé et personne n’y a jamais trouvé à redire. Bien sûr, elles étaient plus vivaces autrefois, sous l’Ancien Régime, quand la scolarité obligatoire et le brassage des populations n’avait pas répandu l’usage du français dans les campagnes les plus reculées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paradoxe de l’état français, pourtant si centralisé de par la volonté de ses rois, c’est que les monarques successifs qui ont dirigé le pays ne se sont jamais beaucoup inquiétés du fait que le peuple, dans son coin, parlait un langage différent de celui de la capitale et que ce langage variait d’une région à l’autre. Peut-être, en fait, était-ce là une manière habile de diviser pour régner et puis de toute façon, qui se souciait du peuple, à l’époque ? Les classes dirigeantes, elles, s’exprimaient en bon français (voyez Madame de Sévigné) et c’était ce qui comptait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fallut attendre la révolution de 1789 pour que le fait de s’exprimer en français apparaisse comme une nécessité. Tous les citoyens étant devenus égaux, il convenait qu’ils s’exprimassent dans une langue commune. Le bon peuple ne s’y est pas trompé, qui a vu là une manière se s’approprier la langue des riches (juste vengeance) et surtout un moyen de prouver son attachement aux idées révolutionnaires. Continuer à parler en patois eût signifié qu’on n’acceptait pas les nouvelles idées venues de Paris et qu’on se résignait à afficher son infériorité culturelle face à la noblesse locale, qui elle s’exprimait en français. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au XIX°, pourtant, les patois sont encore bien vivants, comme l’atteste par exemple le compte-rendu des apparitions de Lourdes. C’est en bigourdan que Bernadette relate son expérience et la Vierge elle-même (le hasard fait bien les choses) maîtrisait encore suffisamment ce langage pour l’employer avec la petite bergère :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;em&gt;Que soy era immaculada councepciou &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ço queb' ay a disé, n'ey pas nécessari dé bonta per escrit. Boulét mé hé éro gracia dé bié penden quinzé dios ?&lt;/em&gt;Depuis, les choses ont changé et au paradis comme sur terre le français a supplanté peu à peu les patois, d’abord dans les villes puis dans les campagnes elles-mêmes. Ces patois vont alors faire figure de symboles d’une identité régionale qu’on veut à tout pris préserver. Parfois, cette revendication se double d’un combat de nature politique (pays basque, surtout du côté espagnol, Bretagne, Roussillon, etc.). Les parlers d’oc, d’une manière générale, continuent à symboliser l’appartenance à un monde différent de celui de Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis vint l’Union européenne, qui, sous des dehors démocratiques, voulut asservir les nations aux lois du marché unique. Les états, surtout s’ils étaient grands et puissants (France, Allemagne), représentaient un frein au libre échange à cause des mesures protectionnistes qu’ils avaient toujours prises. Il fallait donc les affaiblir au maximum (comment les entreprises pourraient-elles encore tolérer des règles différentes d’un état à l’autre et surtout des règles sociales, entrave suprême à l’enrichissement légal maintenant admis par tous ?). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous couvert de défendre les minorités (attitude louable par ailleurs), l’Union européenne invita donc les états à reconnaître leurs langues régionales. C’était évidemment introduire le ver dans le fruit. En Espagne, les indépendantistes catalans et basques s’en sont retrouvés renforcés et ils ont vu dans cette action de l’Union un cautionnement de leurs revendications politiques. En Flandre, cette reconnaissance du droit des minorités n’a pas été acceptée, car cela revenait à donner des droits aux francophones de la périphérie de Bruxelles, lesquels vivent sur le territoire flamand. En France même, on s’est d’abord montré très prudent, puis, l’autre jour, le Parlement a décidé d’ajouter à l’article 1 de la Constitution qui commence par «  « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale », une phrase terminale : « Les langues régionales appartiennent à son patrimoine ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le risque, évidemment, c’est que cette légitimité ainsi donnée aux langues régionales ne vienne torpiller la langue française elle-même, déjà bien menacée par ailleurs sur le plan international. Les députés qui ont défendu le projet faisaient remarquer que si on ne défend pas les langues régionales aujourd’hui menacées d’extinction, demain, il ne se trouvera personne non plus pour défendre le français en perte de vitesse devant l’anglais. Le texte fut donc adopté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A mon avis c’est une erreur, car si c’est une chose de parler en patois local avec son voisin, cela en est une autre de revendiquer des écoles en catalan ou en breton ou bien de réclamer une feuille d’impôts en langue d’oc ou encore de vouloir être jugé en langue corse. On perçoit d’emblée tout ce que ce texte adopté par les députés  peut avoir comme conséquences. Dès lors, le français qui bat déjà de l’aile sur le plan international pourrait bien devoir aussi mener un combat intérieur (sans parler des conséquences politiques à moyen et à long terme : Bretagne autonome, Pays basque indépendant, etc.).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Académie française, qui pour une fois est sortie de sa réserve et de son rôle protocolaire, ne s’y est pas trompée. Elle a pris sa plus belle plume et dans sa séance du 12 juin 2008 elle a publié le communiqué suivant :     &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis plus de cinq siècles, la langue française a forgé la France. Par un juste retour, notre Constitution a, dans son article 2, reconnu cette évidence : « La langue de la République est le français ».&lt;br /&gt;Or, le 22 mai dernier, les députés ont voté un texte dont les conséquences portent atteinte à l’identité nationale. Ils ont souhaité que soit ajoutée dans la Constitution, à l’article 1er, dont la première phrase commence par les mots : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale », une phrase terminale : « Les langues régionales appartiennent à son patrimoine ».&lt;br /&gt;Les langues régionales appartiennent à notre patrimoine culturel et social. Qui en doute ? Elles expriment des réalités et des sensibilités qui participent à la richesse de notre Nation. Mais pourquoi cette apparition soudaine dans la Constitution ?&lt;br /&gt;Le droit ne décrit pas, il engage. Surtout lorsqu’il s’agit du droit des droits, la Constitution.&lt;br /&gt;Au surplus, il nous paraît que placer les langues régionales de France avant la langue de la République est un défi à la simple logique, un déni de la République, une confusion du principe constitutif de la Nation et de l’objet d'une politique.&lt;br /&gt;Les conséquences du texte voté par l'Assemblée sont graves. Elles mettent en cause, notamment, l’accès égal de tous à l'Administration et à la Justice. L'Académie française, qui a reçu le mandat de veiller à la langue française dans son usage et son rayonnement, en appelle à la Représentation nationale. Elle demande le retrait de ce texte dont les excellentes intentions peuvent et doivent s'exprimer ailleurs, mais qui n'a pas sa place dans la Constitution.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sénateurs, fort heureusement, n’ont pas cautionné le texte des parlementaires. Il faut s’en réjouir car cela aurait eu pour conséquence que l’accès de tous à l'Administration et à la Justice s’en serait trouvé perturbé. Affaire à suivre, donc, car on peut supposer que ce problème va revenir à la surface. De son côté Nicolas Sarkozy, qui a eu des beaux-parents corses, a regretté qu’on n’ait pas réservé un meilleur sort aux langues régionales. Il est étrange que lui qui a réclamé que l’ordre républicain soit respecté en Corse aille ainsi donner de l’eau au moulin des séparatistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car rien n’est simple et le débat a déjà eu lieu en Espagne. Une chose est d’avoir un pays avec des langues régionales (ce qui était déjà le cas de l’Espagne), une autre d’avoir plusieurs communautés tout à fait autonomes qui vivent vaguement ensemble. Cela débouche à moyen terme sur une sorte de xénophobie. De plus, cela suppose un bilinguisme constant. Ainsi, dans un train qui irait de Madrid à Barcelone, le personnel devrait maîtriser le catalan et le castillan pour pouvoir répondre aux passagers dans la langue de leur choix. Cette situation est d’ailleurs celle de la Belgique mais on a vu où cela a mené ce pays : au bord de l’éclatement. De plus, on pourrait imaginer qu’il serait impossible d’étudier ou même de parler en castillan lorsqu’on se trouve en Galice ou au Pays basque. Ce serait tout de même un comble. Après une période transitoire de bilinguisme, ces régions finiront par imposer leur langue comme la seule valable. Ce n’est pas pour rien qu’un comité de soutien au castillan s’était créé alors que la situation internationale de l’espagnol est certainement meilleure que celle du français, vu le nombre de locuteurs qui s’expriment dans cette langue.     &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est amusant aussi (façon de parler), c’est que l’Union européenne essaie d’imposer une seule langue véhiculaire, l’anglais (pour réduire les frais de traduction !) alors qu’elle encourage les états à faire exactement le contraire. Ce paradoxe, dans son chef, n’en est pas un. D’un côté l’Europe s’exprimera en anglais sur le plan international et de l’autre le citoyen ordinaire, un peu perdu par le gigantisme de cette Europe (à 25, 30, 35 ?), se consolera en employant son patois local (saintongeais, périgourdin, gascon, etc.). Les grands perdants seront évidemment la France et son français, mais aussi les citoyens, qui se trouveront relégués sur le plan local et éloignés des centres de décision.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/01/01/1474805050.2.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/01/01/1087487659.2.gif&quot; id=&quot;media-1108259&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;1307.gif&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/14/nouveau-petit-dictionnaire-de-la-france-sarkozienne.html</guid>
                <title>Nouveau petit dictionnaire de la France sarkozienne.</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 14 Jun 2008 02:10:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Suite à la sortie du nouveau Petit Robert (voir une note antérieure), plutôt que de vous donner la liste de tous les néologismes qui sont désormais acceptés, ce qui serait fastidieux et sans grand intérêt, je vous propose un petit exercice calqué sur le Dictionnaire des idées reçues de Flaubert. Il s’agit d’imaginer, dans la France sarkozienne d’aujourd’hui, ce que pourrait donner un dictionnaire qui serait à la solde du pouvoir (après tout les grands médias le sont bien, non ?). Voici ce que je propose, libres à vous de continuer le jeu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Nouveau dictionnaire de la langue française&lt;/strong&gt;, sous la direction d’un collèges de linguistes proches de l’UMP (et avec une introduction de Carla Bruni)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt; : &lt;u&gt;notions de grammaire dégénérative&lt;/u&gt; :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;•Tous les verbes doivent être transitifs afin de faciliter le passage des idées et des concepts libéraux.&lt;br /&gt;•Les verbes copules sont réservés à l’usage exclusif du président et de son épouse.&lt;br /&gt;•Les adjectifs ne peuvent être attributs que d’un seul sujet.&lt;br /&gt;•L’épithète détachée sera désormais enchaînée.&lt;br /&gt;•La conjonction de coordination « mais » est désormais interdite, car elle introduit un début de réfutation par rapport à l’idée qui précède, ce qu’on ne pourrait tolérer dans une France qui va de l’avant.&lt;br /&gt;•Les conjonctions de subordination seront au nombre de 64,5 millions (une par citoyen)&lt;br /&gt;•Les néologismes seront du seul ressort du président de la République.&lt;br /&gt;•Les anglicismes seront noyés dans la Manche.&lt;br /&gt;•Les adverbes en « ment » seront interdits sauf dans le monde politique&lt;br /&gt;•Chaque phrase devra comporter au moins un complément circonstanciel de but.&lt;br /&gt;•Les compléments circonstanciels de cause ne sont pas interdits mais ils sont à déconseiller (car il vaut mieux regarder devant soi que    derrière soi) &lt;br /&gt;•Les compléments d’opposition seront embastillés durant toute la présidence sarkozienne.&lt;br /&gt;•Le groupe sujet s’appellera groupe du président.&lt;br /&gt;•La proposition relative sera doublement relative, afin de lui enlever toute valeur intrinsèque. &lt;br /&gt;•Le mode impératif sera réservé aux agents de la force publique, qui seront les seuls à pouvoir en faire usage. &lt;br /&gt;•Les modes futur et conditionnel seront réservés aux citoyens, tandis que le gouvernement emploiera toujours le présent.&lt;br /&gt;•Le passé composé sera décomposé.&lt;br /&gt;•Le plus que parfait deviendra l’arrière-passé.&lt;br /&gt;•L’imparfait sera purement et simplement aboli, tout étant devenu parfait (du moins convient-il de le faire croire).&lt;br /&gt;•Les pronoms personnels réfléchis seront réservés aux ministres de la majorité.&lt;br /&gt;•Le pronom sans fonction logique se fêtera le six décembre, jour de la Saint Nicolas, en l’honneur de notre bon président laïc.&lt;br /&gt;•Les superlatifs absolus seront réservés au domaine de la finance.&lt;br /&gt;•Les comparatifs d’infériorité seront de mise chez les seuls chômeurs.&lt;br /&gt;•Les accords du pluriel sont abolis car il n’y a qu’un président et que ce n’est pas le nombre qui doit l’emporter.&lt;br /&gt;•Les majuscules seront interdites lorsque le gouvernement est en vacances.&lt;br /&gt;•Afin de résoudre les problèmes d’accord, les participes passés seront remplacés par des participes présents.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dictionnaire de la langue (lettres A à V) &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;Remarque&lt;/u&gt; : Les lettres W, X , Y et Z sont supprimées, vu leur connotation étrange et même étrangère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;Nouveautés &lt;/u&gt;:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;•Le verbe « libreéchanger » passe dans le dictionnaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;•Le verbe « libéraliser » s’emploie de préférence après « il faut ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;•L’usage du mot « sécurité » est à éviter. Il est à proscrire dans l’expression « sécurité sociale ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;Définitions :&lt;/u&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;•Albeniz : musicien espagnol connu par sa petite fille.&lt;br /&gt;•Alpes : montagnes remplies de vaches en été et de touristes en hiver.&lt;br /&gt;•Banlieue : zone située en dehors des grandes villes où vivent principalement des immigrés. Il y fait très chaud en décembre.&lt;br /&gt;•Bruni : famille d’immigrés italiens régularisée suite au mariage d’un de ses membres avec un Français.&lt;br /&gt;•Capital : à faire fructifier (voir évangile selon saint Max) .&lt;br /&gt;•Capitale : ville où vit le président.&lt;br /&gt;•Carla : prénom féminin (se dit en chantant).&lt;br /&gt;•Cecilia : il est interdit de donner ce prénom à un enfant, sauf en Bulgarie et en Lybie.&lt;br /&gt;•Césaire (Aimé): noir que l’on n’aime pas mais à l’enterrement de qui il faut aller.&lt;br /&gt;•Chine : pays qui tremble au moment des jeux olympiques.&lt;br /&gt;•Chirac : ancien chef qui a été supplanté. Est maintenant corrompu.&lt;br /&gt;•Clochard : chômeur qui a perdu son droit aux allocations.&lt;br /&gt;•Chômage : aumône accordée à celui qui ne veut pas travailler&lt;br /&gt;•Constitution européenne : l’adopter même si le peuple n’en veut pas/ ne se rejette qu’en Irlande.&lt;br /&gt;•Corrèze : région reculée qui compte beaucoup de vaches et un ex-président.&lt;br /&gt;•Douane : entrave au commerce mondial. A été supprimée.&lt;br /&gt;•Education nationale : les compétences semblant innées chez les individus (puisque ce sont toujours les mêmes familles qui détiennent les richesses), l’Education nationale peut disparaître. En attendant, elle assumera un rôle de rééducation.&lt;br /&gt;•Elysée : maison dans laquelle vit celui qui a été élu par le peuple&lt;br /&gt;•Enseignants : corps professionnel acquis à la gauche. En réduire les effectifs au maximum.&lt;br /&gt;•Etats-Unis : pays ami qui nous a annexés en 1945.&lt;br /&gt;•Expulser : ne se dit qu’en parlant des immigrés.&lt;br /&gt;•Facteur : seul homme de lettres.&lt;br /&gt;•Fonctionnaire : personne qui coûte très cher à l’Etat. Supprimer un tiers de l’effectif et voir les conséquences.&lt;br /&gt;•Hongrois : se dit des chevaux hongres.&lt;br /&gt;•Immigré : résident expulsable.&lt;br /&gt;•Irak : pays où on trouve du pétrole et des terroristes mais pas d’armes de destruction massive.&lt;br /&gt;•Iran : a disparu ou va disparaître.&lt;br /&gt;•Italie : pays ami où règne Berlusconi.&lt;br /&gt;•Jet : s’emploie surtout dans l’expression « jet privé ».&lt;br /&gt;•Justice : département indépendant tenu par une amie du président de la République.&lt;br /&gt;•Libre-échange : politique qui vise à favoriser l’échange des femmes.&lt;br /&gt;•Mai : se disait en 68.&lt;br /&gt;•Manifestation : émeute à réprimer.&lt;br /&gt;•Mariage : se rompt sur un air d’Albeniz et se célèbre avec une chanson de Carla.&lt;br /&gt;•Marin pêcheur : breton irascible.&lt;br /&gt;•Martin pêcheur : ours mal léché.&lt;br /&gt;•Neuilly : centre du monde.&lt;br /&gt;•Otan : club sportif auquel il est de bon ton d’appartenir.&lt;br /&gt;•Peuple : est supposé soutenir le président, mais le fait rarement.&lt;br /&gt;•Poitou-Charentes : région reculée encore royaliste.&lt;br /&gt;•Police : sert à courir après les incendiaires et à arrêter les terroristes. Il convient de calculer ses effectifs de manière inversement proportionnelle à la côte de popularité présidentielle.&lt;br /&gt;•Pouvoir d’achat : permet d’acheter le pouvoir quand on en dispose.&lt;br /&gt;•Prix (de l’alimentation) : monte toujours.&lt;br /&gt;•Prix (de l’essence) : monte toujours.&lt;br /&gt;•Salaire : entrave au profit/ monte seulement s’il est présidentiel.&lt;br /&gt;•Salon agricole : endroit où on peut dire des gros mots, même si on est président.&lt;br /&gt;•Sarkozy : famille d’origine hongroise fuyant le communisme.&lt;br /&gt;•Sondage : courbe descendante&lt;br /&gt;•Sondé : citoyen souvent déçu.&lt;br /&gt;•Suisse : gigantesque coffre-fort.&lt;br /&gt;•Syndicat : groupe terroriste.&lt;br /&gt;•Télévision : moyen technique qui permet de grandir l’image du président.&lt;br /&gt;•TGV : train qui, quand il roule, permet d’aller plus vite pour arriver nulle part&lt;br /&gt;•Tibet : région montagneuse de la Chine méridionale. Manifester pour son indépendance est la première discipline olympique, qui fait rire jaune les Chinois.&lt;br /&gt;•Yacht : bateau qu’on prête à un ami.&lt;br /&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/01/02/2117982393.jpg&quot; id=&quot;media-1071014&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;dictionnaire.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/12/du-francais-et-de-ceux-qui-le-parlent.html</guid>
                <title>Du français et de ceux qui le parlent.</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 12 Jun 2008 15:50:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Le Petit Robert 2009 vient de sortir. On sait que chaque année de nouveaux mots font ainsi une apparition officielle, leur présence soudaine dans ce dictionnaire de référence leur conférant une légitimité qu’ils n’avaient pas encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pourrait épiloguer longuement sur ce qui préside au choix de certains termes, tandis que d’autres sont irrémédiablement refusés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous, qui sommes les locuteurs du français, nous avons souvent l’idée fausse que les mots n’existent que parce qu’ils sont repris dans les dictionnaires. C’est évidemment l’inverse qui se passe, les dictionnaires ne faisant qu’admettre à un certain moment  (après un laps de temps plus ou moins long) des termes déjà bien ancrés dans l’usage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le choix des rédacteurs du Robert n’est pas facile à faire. S’ils vont trop vite pour accepter un mot et que celui-ci disparaît de lui-même dans les années qui suivent, ils se couvrent de ridicule. Inversement, s’ils s’obstinent à refuser des termes qui manifestement sont passés dans l’usage, ils se montrent alors particulièrement réactionnaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De tout ceci il faut retenir que ce ne sont pas les grammairiens qui font la langue, mais bien nous, modestes locuteurs. Autrefois, le système scolaire et des ouvrages de référence comme le Bon usage de Grevisse (que j’adore par ailleurs et auquel je me réfère tout le temps) ont fait de la langue leur chasse gardée. Ils détenaient la vérité et nous, pauvres citoyens, nous tentions tant bien que mal de ne pas commettre trop de fautes. Maintenant, la tendance s’est inversée. Les linguistes ont pris le pouvoir face aux grammairiens et pour eux, tout se vaut. Une langue, par définition, évolue tout le temps et dès lors le fait d’employer une tournure plutôt qu’une autre témoigne d’une étape historique et non de la supériorité de cette tournure sur celles qui ont été évincées. Plus de bon usage donc. Au lieu d’imposer une norme, les linguistes se promènent avec leur micro pour tenter de capter la langue telle qu’elle se parle aujourd’hui. Plus de hiérarchie des valeurs non plus : l’argot ou le parler adolescent valent la langue de Proust ou de Mauriac. J’en ai même entendu un (de linguiste) qui disait que le parler des jeunes des banlieues était bien plus innovant et partant beaucoup plus riche et créatif que la langue littéraire, faite finalement de conventions (utilisation de l’acceptation ancienne de certains mots, tournures désuètes, langue figée, emploi du passé simple, du subjonctif imparfait, etc.). Bref, selon lui, la vraie littérature se fait dans la rue par des jeunes à peine scolarisés  et pas par des académiciens qui ont un pied dans la tombe et qui écrivent comme au XIX° siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a du vrai dans tout cela, évidemment. Ceci dit, j’ai déjà entendu des discours similaires à propos de l’enseignement autrefois : le jeune était riche de toute la potentialité qui était en lui tandis que l’enseignant venait contrer son imagination par un savoir aussi figé que ridicule. Depuis, beaucoup d’eau est passée sous les ponts et on est revenu, par une sorte de logique dialectique propre semble-t-il à la pensée humaine (comme quoi Hegel n’avait rien inventé), à plus de modération. L’idéal est finalement de transmettre un savoir sans brimer la spontanéité propre à la jeunesse mais en lui permettant au contraire, par ce savoir, de faire fructifier au mieux ses possibilités innées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il en va donc de même en matière de langue française. Si le Bon usage a pu parfois nous paralyser par la crainte que nous avions de commettre des fautes, il est certain que le laisser-faire généralisé n’apporte rien non plus. Une langue n’est finalement qu’une norme. Celle-ci est certes arbitraire mais il importe que chaque locuteur la respecte au même moment, sinon, c‘est la compréhension même du message qui se trouve en danger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout cela pour dire que nous ne devons pas perdre de vue que nous sommes les utilisateurs de notre langue. Je ne  peux pas faire avec elle tout ce que je veux (puisqu’elle appartient aux autres aussi) mais je ne dois pas non plus me laisser paralyser par ce qui n’est finalement qu’un outil. Le principal, c’est que je parvienne à m’exprimer et à me faire comprendre (sciemment, je n’emploie pas le terme à la mode « communiquer », qui ne veut plus rien dire) et si parfois je prends quelques libertés avec la langue, ce n’est tout de même pas si grave que cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le danger, en fait, c’est de vouloir à tout prix s’exprimer dans une langue parfaite car à partir de ce moment-là celle-ci se sclérose et devient hermétique à toute innovation. L’emploi des anglicismes s’explique à mon avis en partie à cause de ce phénomène. D’abord il convient de les relativiser : ils n’affectent que le vocabulaire (et encore, dans des domaines bien spécifiques) et non la grammaire et ils sont dus en partie à la suprématie économique de l’Amérique et à son avance en matière en matière scientifique et technologique. Ensuite, leur introduction est facilitée par la peur des locuteurs francophones de créer des néologismes. Si nous étions moins timorés et si nous osions proposer des termes nouveaux au lieu d’attendre que l’Académie en suggère un avec vingt années de retard, il se pourrait bien que notre langue se montrerait beaucoup plus vivante. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, en matière de langue, il faut se montrer exigeant (et refuser les facilités et les compromissions) mais ne pas fermer la porte aux innovations, lesquelles sont nécessaires  pour que cette langue demeure dynamique.&lt;br /&gt;
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                <title>A vau-l’eau</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Langue française</category>
                                                <pubDate>Wed, 04 Jun 2008 17:57:00 +0200</pubDate>
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                    Nous avons commencé l’autre jour à nous pencher sur l’origine des expressions et nous avions parlé de « trempé comme une soupe ». Une autre expression dont on ne perçoit plus tout le sens, c’est « à vau-l’eau ». Ce mot « vau » sera mieux compris si on le remet au pluriel : vaux, que l’on retrouve dans la tournure «par monts et par vaux ». Vaux, c’est donc le pluriel de val (voir « Le dormeur du val » de Rimbaud). Dans la langue courante, on lui préfère habituellement le terme « vallée », sauf dans des dénominations comme le Val de Loire ou le Val-d’Oise. Notons aussi le mot « aval » qui désigne le côté vers lequel descend un cours d’eau (par opposition à amont). D’amont en aval, c’est donc partir d’une position élevée pour se diriger vers la vallée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet « aval » n’a évidemment rien à voir avec le terme aval (de l’arabe hawâla en passant par l’italien avallo) qui désigne l’engagement par lequel une personne s’engage à payer un effet de commerce en cas de défaillance du débiteur principal. Cette personne sera donc appelée donneur d’aval.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais revenons à notre val (au sens premier). Aller à vau-l’eau signifie donc qu’on suit un cours d’eau vers son aval, qu’on est emporté par celui-ci et donc entraîné vers l’embouchure. C’est encore dans ce sens que Rabelais employait l’expression. De là, on est passé assez logiquement au sens figuré pour signifier qu’un projet échappe au contrôle de celui qui l’a conçu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La tournure « Par monts et par vaux » signifie quant à elle « de tous côtés ». Elle suppose une idée de mouvement  dans tous les sens, à la fois vertical (montée/descente) et horizontal (par les verbes aller ou voyager qui accompagnent généralement l’expression).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notons encore qu’autrefois « monts et vaux » était synonyme de « monts et merveilles ». Promettre monts et merveilles, c’est promettre des avantages considérables, des choses merveilleuses. Chez Froissart, « des monts » signifiait d’ailleurs « une grande quantité, beaucoup de » (cf. des tas de). On aurait pu se contenter de dire « promettre des merveilles », mais par un procédé rhétorique d’intensification, on a préféré insister en employant deux termes plutôt qu’un (comme dans « bel et bien », « peu ou prou », « sains et sauf », etc.)  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/02/02/940519080.jpg&quot; id=&quot;media-1051141&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;47212897.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;
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                <title>Trempé comme une soupe</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Langue française</category>
                                                <pubDate>Tue, 27 May 2008 14:11:43 +0200</pubDate>
                <description>
                    Il est des expressions qu’on utilise tous les jours, dont on comprend parfaitement le sens, mais pour lesquelles il est parfois difficile de déterminer l’origine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si « &lt;u&gt;prendre des mesures draconiennes &lt;/u&gt;» renvoie manifestement à Dracon, archonte éponyme en 621 avant JC (éponyme parce qu’il donnait son nom à l’année en cours) qui établit un code certes équitable mais particulièrement rigoureux (tout délit, même un simple vol était puni de la peine de mort), si « &lt;u&gt;la fin des haricots &lt;/u&gt;» fait allusion aux familles pauvres pour qui la privation de ce légume, base de leur alimentation, représentait vraiment la fin de tout, une expression telle que « trempé comme une soupe » peut sembler par contre bien mystérieuse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi, en effet, une soupe peut-elle être qualifiée de trempée ? Tout simplement parce que « soupe », à l’origine,  désignait des tranches de pain qu’on trempait dans du bouillon., du lait ou du potage. L’étymon est le bas latin « &lt;em&gt;suppa &lt;/em&gt;», lui-même dérivé du germanique « &lt;em&gt;suppa &lt;/em&gt;» (tranche de pain sur laquelle on verse le bouillon) ». C’est ce sens que l’on retrouve dans la chanson de geste de Renaut de Montauban, au XII° siècle déjà. On disait aussi « tailler des soupes » (Ménestrel Reims).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par la suite, le mot soupe a désigné le potage lui-même, mais un potage auquel on ajoutait des morceaux de pain ou de légumes non passés. L’idée était donc bien celle d’un liquide contenant quelque chose de consistant. Plus tard encore, on est arrivé à l’idée d’un potage épais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme on pouvait aussi remplacer le bouillon par du lait (et que celui-ci monte vite quand on le chauffe), est apparue l’expression « soupe au lait », qui désigne une personne prompte à se mettre en colère mais qui se calme tout aussi vite. &lt;br /&gt;
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                <title>Ecrire comme un chat</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Langue française</category>
                                                <pubDate>Thu, 08 May 2008 00:57:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Autrement dit d’une manière illisible et en caractères très petits. Cette expression est à rapprocher de « pattes de mouche », d’où la formule que l’on rencontre parfois : « pattes de chat ».&lt;br /&gt;Mais si la trace des pattes de mouche peut en effet évoquer certaines écritures, on comprend mal en quoi les chats auraient l’apanage de l’illisibilité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains pensent qu’il faut en rechercher la cause dans l’homonymie entre « griffer » et  « greffer » (écrire). Autrement dit, griffonner aurait à a fois le sens de « donner des coups de griffes » et de « donner des coups de greffes» (stylet pour écrire)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On retrouve ce terme « greffe » dans le mot greffier, qui désigne le fonctionnaire chargé des écritures dans un tribunal. &lt;br /&gt;Notons que le mot greffe vient du latin graphium qui désignait le stylet, lui-même provenant du grec grrafeion). Il avait anciennement le sens de stylet et maintenant celui de bureau où l’on garde les minutes des actes du tribunal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne confondra pas ce terme avec le mot greffe (pousse d’une plante que l’on incère dans une autre plante pour que celle-ci produise les fruits de la première) dont l’étymon est pourtant le même puisqu’il s’agit d’une dérivation métaphorique (comparaison entre la forme du stylet et celle de la branche que l’on incère).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, cela nous éloigne des chats. Pauvres bêtes. Il est vrai qu’avec l’arrivée de l’ordinateur  et du traitement de texte, les problèmes de calligraphie semblent définitivement résolus et on peut espérer pour ces nobles félins que l’expression désobligeante ici relevée va tomber en désuétude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne vaut-il pas mieux, à leur sujet, se souvenir du poème de Baudelaire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Les amoureux fervents et les savants austères &lt;br /&gt;Aiment également, dans leur mûre saison, &lt;br /&gt;Les chats puissants et doux, orgueil de la maison, &lt;br /&gt;Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amis de la science et de la volupté, &lt;br /&gt;Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ; &lt;br /&gt;L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres, &lt;br /&gt;S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils prennent en songeant les nobles attitudes &lt;br /&gt;Des grands sphinx allongés au fond des solitudes, &lt;br /&gt;Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques, &lt;br /&gt;Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin, &lt;br /&gt;Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/01/01/1264018264.jpg&quot; id=&quot;media-1004821&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;1134339787.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
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                <title>Du cheval caparaçonné, de la tortue et de sa carapace.</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/04/10/vocabulaire.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Langue française</category>
                                                <pubDate>Thu, 10 Apr 2008 00:34:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Valclair, sur &lt;a href=&quot;http://valclair.canalblog.com/archives/2008/04/09/8717858.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;son blogue&lt;/a&gt;, a employé cette tournure : « &lt;em&gt;je me suis caparaçonné dans de tels réflexes individualistes que.. &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que j’aime bien avec ce verbe «caparaçonner» (recouvert d’un caparaçon) c’est qu’indirectement il renvoie, par une sorte de métonymie euphonique, au mot carapace (celle de la tortue qui se protège). &lt;br /&gt;Il est vrai que dans son sens premier ce verbe a signifié «&lt;em&gt;recouvrir entièrement&lt;/em&gt;» ( I&lt;em&gt;l avait les pieds caparaçonnés  d'épaisses chaussures&lt;/em&gt;). Evidemment, le verbe a fini par prendre le sens de «  &lt;em&gt;se protéger moralement, s'endurcir &lt;/em&gt;» (I&lt;em&gt;l s'est caparaçonné contre les critiques&lt;/em&gt;). Quoi qu’on en dise, on retrouve l’image de la tortue qui se protège. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceci dit, cela n’a rien d’étonnant. Le Robert historique nous apprend que &lt;u&gt;carapace&lt;/u&gt; vient de l’espagnol &lt;em&gt;carapacho&lt;/em&gt; (,quelquefois altéré en &lt;em&gt;caparacho &lt;/em&gt;sans doute sous l’influence de &lt;em&gt;capa&lt;/em&gt; : manteau).&lt;br /&gt;Le mot carapacho viendrait du préroman « &lt;em&gt;karapp&lt;/em&gt; » dont les variantes »kal » et donc « gal » se retrouveraient dans « galapago », tortue (et qui a aussi donné calebasse)&lt;br /&gt;D’autres linguistes y voient plutôt l’influence directe du provençal « &lt;em&gt;caparasso&lt;/em&gt; » (sorte de manteau), capa devenant cara par métathèse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le mot &lt;u&gt;caparaçon &lt;/u&gt;lui-même Le Robert historique nous dit qu’il viendrait de l’ancien espagnol « &lt;em&gt;caparasson&lt;/em&gt; » (ornement protecteur ou ornemental du cheval), lui-même provenant soit de « &lt;em&gt;capa&lt;/em&gt; » (manteau) soit du préroman « &lt;em&gt;karapp&lt;/em&gt; », comme il a été dit (ici, il rejette le mot provençal, qui serait de formation postérieure et calquée sur le français)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceci dit, dans l’exemple de notre ami Valclair, je me demande s’il a bien fait d’employer la préposition « dans » avec la forme réfléchie du verbe. En effet, dans ce cas, le verbe signifie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-soit « s’affubler d’un vêtement encombrant et ridicule (plutôt suivi de « avec » ou « au moyen de »)&lt;br /&gt;- soit « s’endurcir » (on attendrait alors préposition «contre»).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Manifestement, c’est l’idée d’être entièrement recouvert qu’il a voulu mettre en évidence et non celle d’endurcissement. Dès lors, j’aurais eu tendance à employer le forme non réfléchie (je suis caparaçonné de tels réflexes ou par de tels réflexes). Mais bon, allez reprendre Valclair et sa prose toujours si limpide, ce serait assez malvenu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/02/00/576505295.jpg&quot; id=&quot;media-950749&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;718746926.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/00/00/566327285.jpg&quot; id=&quot;media-950751&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;1952686828.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/03/25/defense-de-la-langue-francaise.html</guid>
                <title>Défense de la langue française</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Langue française</category>
                                                <pubDate>Tue, 25 Mar 2008 23:21:00 +0100</pubDate>
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                    Vous croyez que je vais vous parler de l’Ordonnance de Villers –Cotterêts ou bien du livre de Du Bellay, « &lt;em&gt;Défense et illustration de la langue française &lt;/em&gt;» ? Je voudrais bien, mais des réalités plus proches et plus contemporaines nous obligent à ouvrir les yeux.  Voici un épisode particulièrement significatif de ce qui se passe actuellement en Belgique. On sait que le pays est au bord de l’éclatement sous les coups de butoir du nationalisme flamand. On veut bien comprendre qu’un tel pays, fabriqué de toute pièce et comportant plusieurs communautés ne peut survivre très longtemps (et à vrai dire 178 ans, c’est déjà un exploit). Que chacun revendique son droit à l’autonomie, c’est une chose, mais quand on en arrive à des situations comme celle que nous révèle l’agence Belga et que je cite ici intégralement, on ne peut pas ne pas se souvenir que les fours crématoires instaurés par Hitler avaient commencé comme cela :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;«&lt;em&gt; Le nouveau règlement des plaines de jeux à Liedekerke, commune du Brabant flamand, prévoit que le moniteur principal pourra refuser des enfants qui ne parlent pas ou ne comprennent pas le néerlandais. Les activités qui sont organisées ne seront en outre accessibles qu'aux enfants qui vivent dans la commune ou qui ont un lien familial avec un habitant de la commune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La commune a pris cette mesure à la suite des problèmes de communication qui se sont posés à plusieurs reprises dans le passé. &quot;Quand il faut s'occuper d'un groupe d'enfants et les laisser jouer en toute sécurité, il est important qu'ils comprennent ce que les moniteurs leur disent. Dans le passé, nous avons eu beaucoup d'enfants qui venaient dans nos plaines de jeux, même de Bruxelles, et qui ne connaissaient pas le néerlandais&quot;, a expliqué le bourgmestre Luc Wynants (CD&amp;V) sur les ondes de la station flamande Radio 2. &lt;/em&gt;» (belga)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les non-initiés, le CD&amp;V est le parti catholique flamand (celui de l’actuel premier ministre Leterme, qui vient d’arriver au pouvoir). Comme quoi on peut être catholique et ne pas comprendre ce que signifie l’amour du prochain. Notons encore que ce parti est un parti démocratique parfaitement normal et qu’il ne faut pas le confondre avec l’extrême-droite, bien implantée par ailleurs en Flandre. On n’ose imaginer quelle doivent donc être les thèses de ces partis extrémistes, à côté desquels le C&amp;V passe encore pour respectable et modéré. C’est tout dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout compte fait, tout ceci me donne quand même envie de citer Du Bellay, notamment le passage où il parle de la barbarie (histoire de ma réfugier dans les livres, sans doute) :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Pour commencer donc à entrer en matière, quant à la signification de ce mot Barbare : Barbares anciennement étaient nommés ceux qui ineptement parlaient grec. Car comme les étrangers venant à Athènes s'efforçaient de parler grec, ils tombaient souvent en cette voix absurde Barbaras. Depuis, les Grecs transportèrent ce nom aux moeurs brutaux et cruels, appelant toutes nations, hors la Grèce, barbares. Ce qui ne doit en rien diminuer l'excellence de notre langue, vu que cette arrogance grecque, admiratrice seulement de ses inventions, n'avait loi ni privilège de légitimer ainsi sa nation et abâtardir les autres, comme Anacharsis disait que les Scythes étaient barbares entre les Athéniens, mais les Athéniens aussi entre les Scythes. Et quand la barbarie des moeurs de nos ancêtres eut dû les mouvoir à nous appeler barbares, si est-ce que je ne vois point pourquoi on nous doive maintenant estimer tels, vu qu'en civilité de moeurs, équité de lois, magnanimité de courages, bref, en toutes formes et manières de vivre non moins louables que profitables, nous ne sommes rien moins qu'eux ; mais bien plus, vu qu'ils sont tels maintenant, que nous les pouvons justement appeler par le nom qu'ils ont donné aux autres.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/00/01/1035769985.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/00/01/1035769985.png&quot; id=&quot;media-922368&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;1035769985.png&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
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                <title>Expression (1)</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/02/19/expression-1.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Langue française</category>
                                                <pubDate>Tue, 19 Feb 2008 09:32:03 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;u&gt;&lt;strong&gt;Pousser des cris d'orfraie&lt;/strong&gt;&lt;/u&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Hurler, pousser des cris stridents (souvent disproportionnés par rapport aux faits)&lt;br /&gt;- protester violemment&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'orfraie est un rapace piscivore (aigle de mer) à queue blanche et qui peut atteindre 2,5 mètres d'envergure. Ses cris ne sont pas plus stridents que ceux des autres oiseaux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vraisemblablement, il y a eu confusion entre les mots « orfraie » et la chouette « effraie ». Ce rapace nocturne peut, lui, dans certaines conditions, pousser des hurlements qui, autrefois, ont dû effrayer les passants attardés. Il fut imaginer la scène en l’absence totale de lumière. Rien de plus effrayant, en effet, que d’entendre ce cri lorsque vous traversez un bois la nuit dans l’obscurité la plus totale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Le sens initial de l'expression est bien la frayeur. Par dérivation, elle s’est appliquée à quelqu’un qui proteste violemment, soit à cause de l’intensité des cris émis, soit à cause de la réaction disproportionnée qui est observée. Les personnes qui protestent bruyamment contre une décision anodine et prévisible s’agitent finalement pour pas grand chose, comme le fait la chouette effraie quand elle crie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On retrouve l'orfraie dans un poème de Verlaine, &lt;em&gt;Cauchemar&lt;/em&gt;, dans les Poèmes saturniens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;J'ai vu passer dans mon rêve&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;—Tel l'ouragan sur la grève,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'une main tenant un glaive&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et de l'autre un sablier,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce cavalier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des ballades d'Allemagne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; (...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un grand feutre à longue plume&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ombrait son oeil qui s'allume&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et s'éteint. Tel, dans la brume,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Éclate et meurt l'éclair bleu&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'une arme à feu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;Comme l'aile d'une orfraie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'un subit orage effraie,&lt;/u&gt;&lt;br /&gt;Par l'air que la neige raie,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son manteau se soulevant&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claquait au vent,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(...)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/00/00/531f1443f0ec3ffd1deb23ec7d744088.jpg&quot; id=&quot;media-854794&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;426099f84c2cf41003dd12ecc62e1aed.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;
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                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/02/15/la-faute-a-jeanne-d-arc.html</guid>
                <title>La faute à Jeanne d'Arc</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/02/15/la-faute-a-jeanne-d-arc.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Langue française</category>
                                                <pubDate>Fri, 15 Feb 2008 16:00:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    Tout le monde connaît la Guerre de cent ans, cette longue suite de batailles qui opposa la France et l’Angleterre. On sait aussi que la partie du territoire dont le roi de France est resté maître était particulièrement exiguëe. A l’école, on met en évidence la reconquête à partir de ce petit noyau et les élèves conservent l’idée qu’il ne pouvait en être autrement, que les bons rois qui ont fait la France ne pouvaient perdre et que le territoire national actuel ne pouvait pas être ce qu’il est aujourd’hui.&lt;br /&gt;Cette une illusion de croire cela, bien entendu. Tout aurait pu être différent à chaque étape de l’Histoire, quelle qu’elle soit. Les Anglais auraient pu remporter la victoire et annexer la France. Et quelles en auraient été alors les conséquences pour la langue française elle-même ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/02/02/d1b9cf8f9d34b2aec3a4fe227694709a.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/02/02/d1b9cf8f9d34b2aec3a4fe227694709a.gif&quot; id=&quot;media-847525&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;d1b9cf8f9d34b2aec3a4fe227694709a.gif&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour mieux, comprendre, rappelons les faits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Défaite française de Poitiers en 1356. Le roi Jean II le Bon est capturé et il perd la Guyenne, la Gascogne et une grande partie du Poitou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Défaite française à Azincourt (1415), les Anglais, aidés des Bourguignons, priennent Paris et s'installent en Île-de-France, en Normandie et en Bretagne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Du Guesclin (1320-1380) sous Charles V, et plus tard de Jeanne d'Arc (1412-1431) sous Charles VII redonnent l'avantage au roi de France. Il reprend Paris (1436), la Normandie (1450), la Guyenne (1453).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le prix à payer aura été très cher : agriculture dévastée, famines, peste qui décima un tiers de la population. La noblesse elle-même perdit pas mal d’effectifs, se qui accéléra sans doute la prise de pouvoir de la bourgeoisie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais revenons à la langue française. La guerre avait fait naître de part et d’autre un fort sentiment nationaliste. On a vu qu’en Angleterre c’est l’époque où &lt;a href=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/02/08/premier-recul-de-la-langue-francaise.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;l’anglais a supplanté le français &lt;/a&gt;dans les actes juridiques. Ceci dit, paradoxalement, c’est l’époque &lt;em&gt;où les Anglais adoptèrent la fameuse devise &lt;em&gt;Honi soit qui mal y pense&lt;/em&gt; (dans laquelle « &lt;/em&gt;honi » s’écrit avec un seul n) pour l'ordre de la Jarretière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais que ce serait-il passé en France si l’Angleterre avait gagné ? Notre belle langue aurait-elle disparu ? Probablement pas. A mon avis, on aurait eu la même situation que venait de connaître l’Angleterre. La noblesse et les classes dirigeantes se seraient mises à l’anglais, tandis que le peuple aurait continué à employer son parler roman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore faut-il savoir qu’à l’époque ce sont les patois qui l‘emportaient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/02/01/48a354d58ea596a28315d2eb16130984.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/02/01/48a354d58ea596a28315d2eb16130984.gif&quot; id=&quot;media-847519&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;48a354d58ea596a28315d2eb16130984.gif&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est donc fort possible que la prédominance du français d’Ile de France aurait été moins forte ou même que celui-ci serait devenu un patois comme les autres.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si une autre région que l’Ile de France s’était alors imposée lors de la reconquête du territoire, on peut supposer que c’est ce patois-là qui aurait fait force de loi et qui aurait évincé les autres parlers locaux. Nous parlerions alors aujourd’hui gascon, provençal ou champenois. Comme quoi…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l’inverse, certains linguistes (notamment une certaine &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Henriette_Walter&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Henriette Walter&lt;/a&gt;, que j’avoue ne pas connaître, affirme paraît-il dans son livre &lt;em&gt;Honni soit qui mal y pense &lt;/em&gt;(avec 2 n, allez comprendre) que, sans l'intervention de Jeanne d'Arc, les Anglais restés en partie francophone auraient pu adopter définitivement le français et transporter plus tard cette langue dans les futurs États-Unis d'Amérique. Selon elle, les chances du français de s'implanter également en Angleterre auraient été incontournables. Les rois anglais parlant naturellement le français auraient continué à parler  cette langue (alors qu’une fois « &lt;em&gt;boutés hors de France &lt;/em&gt;», ils ont eu la réaction inverse). En d’autres mots, la fusion des deux royaumes se seraient faite à l’avantage du français. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce serait donc la faute à Jeanne d’Arc si aujourd’hui les Anglais parlent en anglais. Vu comme cela, évidemment, on se dit qu’elle méritait bien le bûcher.
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