<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0">
    <channel>
        <title>Marche romane - actualite_et_societe</title>
        <description>Littérature, lectures et quelques propos sur le monde qui nous entoure</description>
        <link>http://feuilly.hautetfort.com/actualite_et_societe/</link>
        <lastBuildDate>Mon, 14 Jul 2008 01:48:52 +0200</lastBuildDate>
        <generator>HautetFort.com</generator>
        <copyright>All Rights Reserved</copyright>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/25/les-etrangers.html</guid>
                <title>Les étrangers</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/25/les-etrangers.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Actualité et société</category>
                                                <pubDate>Wed, 25 Jun 2008 01:01:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;em&gt;Fais bon accueil aux étrangers car toi aussi, tu seras un étranger &lt;/em&gt;(Roger Ikor, Les eaux mêlées)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Etrangers, vous m'avez accueilli comme un frère, Et fait asseoir dans vos banquets.&lt;/em&gt; (Victor Hugo, Odes et ballades)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Comme il avait un désir extraordinaire de s’instruire et de connaître les mœurs des étrangers, il abandonna sa patrie et tout ce qu’il avait pour voyager  &lt;/em&gt;(Fénelon)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ton christ est juif, ta pizza est italienne, ton café est brésilien, ta voiture est japonaise, ton écriture est latine, tes vacances sont turques, tes chiffres sot arabes et tu reproches à ton voisin d’être étranger !&lt;/em&gt; (Julos Beaucarne)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent&lt;br /&gt;Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps&lt;br /&gt;Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant&lt;br /&gt;Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir&lt;br /&gt;Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant&lt;/em&gt;(Aragon, &lt;u&gt;l’affiche rouge&lt;/u&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Il existe près des écluses un bas quartier de bohémiens&lt;br /&gt;Dont la belle jeunesse s'use a démêler le tien du mien&lt;br /&gt;En bandes on s'y rend en voiture ordinairement au mois d'août&lt;br /&gt;Ils disent la bonne aventure pour des piments et du vin doux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On passe la nuit claire à boire on danse en frappant dans ses mains&lt;br /&gt;On n'a pas le temps de le croire il fait grand jour et c'est demain&lt;br /&gt;On revient d'une seule traite gai sans un sou vaguement gris&lt;br /&gt;Avec des fleurs plein les charrettes son destin dans la paume écrit&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai pris la main d'une éphémère qui m'a suivi dans ma maison&lt;br /&gt;Elle avait les yeux d'outremer elle en montrait la déraison&lt;br /&gt;Elle avait la marche légère et de longues jambes de faon&lt;br /&gt;J'aimais déjà les étrangères quand j'étais un petit enfant&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Aragon, l&lt;u&gt;’Etrangère&lt;/u&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&quot;&lt;em&gt;Les centres de rétention seraient actuellement surpeuplés et la tension y serait de plus en plus vive, selon les organisations de défense des étrangers. Des objectifs chiffrés annuels d’expulsions ont été fixés à l’initiative du président Nicolas Sarkozy. Le gouvernement n’a pas atteint en 2007 l’objectif de 25 000 expulsions d’étrangers sans-papiers qu’il s’était fixé. Le Premier ministre François Fillon a déjà indiqué à la presse que l’objectif pour 2008 était de 26 000 expulsions. Le ministre de l’immigration, Brice Hortefeux, s’était félicité, jeudi, d’une progression des expulsions de clandestins, qui aurait augmenté de 80 % sur les cinq premiers mois de 2008&lt;/em&gt;.&quot; (Le Monde)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur l’affaire du centre de rétention administratif de Vincennes, lire &lt;a href=&quot;http://tierslivre.net/spip/spip.php?article1326&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/17/constitution-europeenne-non-trois-fois-non.html</guid>
                <title>Constitution européenne: NON, trois fois NON.</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/06/17/constitution-europeenne-non-trois-fois-non.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Actualité et société</category>
                                                <pubDate>Tue, 17 Jun 2008 10:48:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Alors qu’elle prend la présidence de l’Union européenne, la France, avec à sa tête le très libéral Nicolas Sarkozy, se trouve confrontée à un problème de taille : celui du refus irlandais au mini-traité de constitution (concocté précisément par Sarkozy lui-même afin de remplacer le plan plus ambitieux d’une grande Constitution, plan auquel les Français et les Hollandais s’étaient déjà opposés en leur temps).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les juristes se penchent actuellement sur la manière dont on pourrait tout de même faire passer ce texte en dépit de l’avis des peuples.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Manifestement, ils ne trouvent pas facilement une parade, ce qui refait dire à beaucoup qu’il est scandaleux qu’un pays aussi petit pays que l’Irlande puisse faire capoter un projet qui concerne 25 pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est aller un peu vite en besogne et oublier de dire :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- que les citoyens de 23 de ces 25 pais n’ont en rien été consultés sur leur volonté de faire des lois économiques leur modèle de vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Que les rares peuples qui ont eu le droit de s’exprimer (3 sur 25 soit 12%) ont toujours marqué leur désaccord sur un tel projet de société&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est donc clair que la démocratie n’existe plus et que nous sommes en présence d’une dictature non pas militaire mais idéologique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, ce sont nos élus qui prennent de telles mesures, mais je trouve qu’ils nous représentent bien mal en agissant de la sorte et le fait d'essayer de faire passer leurs décisions de force est tout simplement scandaleux. Leur opinion, en effet, peut se résumer à cette phrase d’un humoriste suisse de «  La Tribune de Genève » : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&quot;&lt;em&gt;&lt;em&gt;Ce n'est pas 1% des européens qui vont dicter leur volonté aux 99% à qui on ne demande pas leur avis&lt;/em&gt;&lt;/em&gt;&quot;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mieux vaut en rire, en effet, sinon on en pleurerait.&lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/30/mai-68.html</guid>
                <title>Mai 68</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/30/mai-68.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Actualité et société</category>
                                                <pubDate>Fri, 30 May 2008 14:17:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     Les organisations d'extrême gauche (maoïstes, trotskistes, libertaires...) ont été les acteurs majeurs de mai 1968. Aussitôt, la droite gaulliste a eu peur, croyant à un complot communiste qui viserait à renverser le régime. Pourtant, le PCF se rangera très vite derrière de Gaulle pour réfléchir à la manière de mettre fin à l’insurrection. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De son côté, croyant également à un «complot communiste» contre l'Occident chrétien, l'extrême droite va très vite se ranger auprès des forces de l’ordre pour leur donner un coup de main. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien d’étonnant donc, à ce qu’aujourd’hui on tente de minimiser le phénomène de mai 68&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- soit en le ramenant à une simple contestation étudiante (liée à la révolte de  l’adolescence)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- soit en ironisant sur l’embourgeoisement ultérieur des principaux acteurs du mouvement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- soit en voyant dans les manifestants des fils de bourgeois fatigués de leurs richesses. Autrement dit des héritiers ingrats, à qui les parents avaient tout donné et qui se permettent de cracher dans la soupe qu’on leur avait servie toute chaude.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Soit en continuant d’affirmer que le mouvement a été soutenu par Moscou. On pourrait pourtant se demander, au vu de l’indépendance d’esprit de De Gaulle et de son non-alignement sur les Etats-Unis, si ce n’est pas de ce côté qu’il faudrait  chercher une ingérence étrangère si jamais elle existait. En effet, tout mouvement qui mettait en péril la survie politique du général ne pouvait qu’être approuvé de l’autre côté de l’Atlantique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais revenons à la position adoptée par l’extrême droite. Lorsque éclatent à Paris les premières émeutes, l'extrême droite locale est déstabilisée. D’un côté elle s’est toujours opposée à De Gaulle (celui-ci avait combattu le fascisme les armes à la main en 40-45 et il s’était opposé aux mouvements ultra nationaliste lors de la décolonisation de l'Algérie française. On peut d’ailleurs supposer que les attentats dont il a failli être la victime ont été commis par les néofascistes de l'Organisation armée secrète) et voilà qu’elle se rend compte que les insurgés pourraient bien avoir la peau du général, ce qui les concerne et les intéresse au plus haut point. D’un autre côté, par contre, la contestation émane surtout des mouvements de gauche, autrement dit elle se fait non seulement sans les nationalistes mais même  contre eux. Il va falloir choisir son camp.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceci dit, les premiers jours, de jeunes militants d'extrême droite vont se mêler aux gauchistes « par amour du sport» (soit parce qu’ils sont jeunes et que l’insurrection en cours leur parle, soit parce qu’ils estiment que c’est leur rôle d’amplifier un mouvement qui crée du désordre).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Très vite, cependant, la vraie nature idéologique de la droite nationaliste va reprendre le dessus et elle se rangera aux côtés du pouvoir, y compris comme « police auxiliaire» quand les forces de l'ordre vont se trouver débordées. Entre deux maux (De Gaulle ou le communisme), elle a choisi le moindre. On sait par ailleurs que des hauts gradés de l'armée (anciens ou proches de l'OAS) ont pris des «contacts discrets avec certains éléments d'extrême droite» pour avoir leur appui au cas où la situation leur échapperait sur le terrain. Ainsi, un plan d'autodéfense est mis sur pied. La réalité de cette alliance objective entre l'extrême droite, la police, l'armée, la droite conservatrice et le pouvoir est peu abordée encore aujourd’hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ancien chef du Service d'action civique – le Sac (organisation para-policière du pouvoir gaulliste), Charles Pasqua, reconnaîtra les faits : «&lt;em&gt;Oui, évidemment j'ai approché ces mouvements. Certains de nos compagnons étaient très proches de ces jeunes nationalistes. Dans cette atmosphère de mini-révolution, les clivages sautent : il y a ceux qui veulent agir et ceux qui sont passifs. Dès lors tous les actifs sont les bienvenus. Et dans ces mouvements, il y avait des garçons très décidés&lt;/em&gt;» («Les dessous de la manif du 30 mai», entretien avec Charles Pasqua, in Le Choc du Mois, dossier « Mai 68 vu de droite», n° 22, mai 2008, Paris, p. 41, cité par le site « Résistances »).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand les ouvriers se sont mis à leur tour à débrayer et que la France a connu les plus grandes grèves de son histoire, l’obsession du complot gauchiste a créé un vent de panique qui permet de comprendre ce ralliement de la droite pure et dure à De Gaulle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, dans sa propagande, cette même droite nationaliste prétend généralement combattre le système, parlant même d’un idéal «&lt;em&gt;nationaliste-révolutionnaire&lt;/em&gt;.» Dans les faits, on la retrouve toujours du côté du pouvoir, comme ce fut le cas en 1986 lors des manifestations étudiantes contre le projet de loi Devaquet et en 2006 contre le projet de CPE. A chaque fois, des commandos d'extrême droite s’en sont pris aux manifestants à coup de battes de base-ball.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant, le front anti-68 se répète. Ainsi, en 1998, un dirigeant du Front national,  Bernard Antony, disait déjà que «les soixante-huitards (staliniens, trotskistes, maoïstes...) auront appliqué systématiquement les directives du communiste italien Gramsci : imprégnation culturelle, noyautage,... Aujourd'hui, ils règnent en maître aussi bien dans les médias que dans les ministères et dans les syndicats» Cette impression que la gauche possède une mainmise sur les médias et la culture est omniprésente dans leurs discours. Curieusement, j’ai personnellement l’impression inverse, à savoir que les médias sont aux mains de grands groupes industriels ou financiers et qu’ils nous abreuvent de propagande libérale. Vous me direz qu’en principe l’extrême droite est elle aussi contre le pouvoir néo-libéral et la mondialisation de l’économie. En principe, oui, puisqu’elle dit défendre les valeurs traditionnelles de la patrie, mais en pratique on constate qu’elle est bien évidemment plus proche de cette droite capitaliste et élitiste que de la gauche républicaine et populaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il suffit de faire un détour par le blogue de B. Anthony, déjà cité, pour se rendre compte qu’il est un fervent adepte de la défense de l'Occident chrétien et de la langue française (on ne peut malheureusement lui donner tort sur ce dernier point). Pour lui et ses adeptes, notre monde est menacé de toutes parts :  par le communisme (on croit rêver car on chercherait désespérément les derniers communistes), le mondialisme, le cosmopolitisme, l'internationalisme, l'immigration... Bref, on retrouve tous ces vieux fantasmes ont toujours été le vieux fonds de commerce des populistes nationaux-conservateurs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il paraît (mais je ne l’ai pas lu) que le numéro de mai-juin 2008, de La NRH (Nouvelle Revue Historique) est entièrement consacré à Mai 68. «&lt;em&gt;Créée par plusieurs historiens las des interprétations partiales de l'histoire&lt;/em&gt;» (selon son propre encart publicitaire), cette revue, qui a pour fonction de réécrire l’Histoire dans le sens qui lui convient, se devait d’aborder le phénomène de mai 68. Les gauchistes y sont présentés comme les «enfants du gaullisme», histoire de fustiger deux ennemis à la fois. Quant à l'hebdomadaire Rivarol, dont le comité de direction est composé de nostalgiques de Pétain, il aime mettre en avant des complots qui viseraient à anéantir l’homme blanc, ce qui suppose une opposition farouche envers l’immigration (surtout arabe) et l’Internationale juive.  Voici un exemple, tiré de l’édition du  2 mai 2008 :  «Avec Sarkozy et Carla Bruni, avec Kouchner au Quai d'Orsay et Strauss-Kahn à la tête du Fonds monétaire international, le slogan ''Nous sommes tous des Juifs allemands'' clamé par les Enragés garde une actualité plus brûlante que jamais quatre décennies plus tard » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai suffisamment critiqué ici même Sarkozy pour qu’on sache ce que je pense du bonhomme, que je déteste, (en tant que personne et en tant que politicien libéral) et je suis le premier à déplorer qu’il engagerait bien la France dans un conflit avec l’Iran rien que pour servir l’état hébreu, mais je ne puis cependant admettre que les reproches qu’on lui adresse se fondent sur une appartenance raciale. On sait où ce genre de propos commencent, on ne sait pas où ils s’arrêtent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour revenir à notre sujet, notons encore que la droite nationaliste a également voulu marquer sa présence sur le terrain des commémorations. Ainsi, l'Action française (le mouvement fondé par Charles Maurras), a organisé à Paris un forum sur le thème «Sous les pavés la France... en finir avec Mai-68 !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Conclusion :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ce qui est inquiétant, c’est qu’on retrouve ici une série de thèmes déjà abordés dans les notes précédentes (voir les remarques autour de Césaire) :rejet de l’immigration, d’une société multiraciale, de la mondialisation et défense par contre de l’homme blanc, chrétien et cultivé, qui respecte les valeurs ancestrales et qui est fier de ses origines. On comprend pourquoi je me montrais si réservé envers un certain interlocuteur, car je retrouvais dans ses propos les thèmes chers à une certaine mouvance politique. Je n’ai pas dit qu’il appartenait à cette mouvance, j’ai dit qu’on pouvait comprendre mes réserves. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ce qui est dérangeant avec l’extrême droite, c’est qu’elle a le don de tirer la couverture à elle, par exemple en défendant la langue française, combat qui est aussi le nôtre. Soit vous leur donnez raison et ils vous incorporent dans leurs rangs, soit vous leur donner tort (sur le plan politique) et ils disent que vous détestez votre langue (ce qui est un sujet linguistique), soit encore ils veulent vous mettre en porte-à-faux en montrant que vous avez tort de les rejeter puisqu’en fait vous approuvez  leur combat pour la pureté de la langue. En fait, ce qui est agaçant chez eux, c’est cette manière de s’approprier le patrimoine national (que vous êtes le premier à respecter) en faisant croire qu’il est leur propriété et qu’il n’y a qu’eux pour le défendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- La droite en général, surtout si elle est fort à droite, a l’art de présenter la gauche comme un mouvement grossier qui s’adresse à la populace inculte. Si on est cultivé, si on a des lettres, on ne peut qu’être de droite. Quel rapport entre un lecteur de Proust et un ouvrier gréviste de la CGT ? Aucun, évidemment. Rien de commun entre le raffinement de Des Essaintes, le héros de Huysmans et une marchande qui vend son poisson à la criée (c’est bien pour cela que la situation a dérapé quand Sarkozy s’est montré vulgaire devant les marins bretons : il a inversé les rôles). Mais si vous prenez le parti de défendre ces gens du peuple, on vous suspecte d’inculture. Par contre, il suffit de s’enfermer dans sa tour d’ivoire avec un livre (ce que je fais en fait le plus souvent) pour pouvoir prendre des grands airs et montrer qu’on est supérieur. A la fin, c’est un petit peu agaçant.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/29/il-faut-laisser-faire-les-specialistes.html</guid>
                <title>&quot;Il faut laisser faire les spécialistes&quot;</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/29/il-faut-laisser-faire-les-specialistes.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Actualité et société</category>
                                                <pubDate>Thu, 29 May 2008 11:37:16 +0200</pubDate>
                <description>
                    Un des thèmes développés par Le Fonds monétaire international et l’Organisation mondiale du commerce est celui de l’éradication de la faim dans le monde. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, il ne faut pas sourire, ce problème semble tracasser au plus haut point ces organismes, d’autant plus que c’est là un bon moyen pour eux de se faire passer pour des philanthropes. La solution qu’ils préconisent est simple : faciliter le flux des marchandises. Voici donc le conseil qu’ils donnent au tiers-monde : plutôt que de produire à petite échelle des cultures vivrières que la population consomme sur place (autonomie alimentaire), il conviendrait au contraire d’abandonner l’agriculture locale et de se consacrer à l’exportation. En d’autres termes, il s’agirait de produire et de vendre ce qui intéresse l’Occident et avec l’argent ainsi gagné d’acheter les aliments nécessaires à l’alimentation (le blé de la Beauce ou du Midwest américain par exemple, qui est produit mécaniquement et en grande quantité)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notons déjà en passant que cette méthode permettrait à l’Occident de tirer profit de la main d’œuvre sous payée du tiers-monde. Par exemple, cela coûterait moins cher d’acheter des ananas mexicains plutôt que de les produire en Floride. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Evidemment, dans cette optique, l’agriculteur du tiers-monde devra renoncer à sa petite exploitation familiale (si on produit des ananas dans son pays, se sera à grande échelle, afin que cela soit rentable). Le risque est alors qu’il n’aille grossir le nombre des sans emplois qui s’agglutinent dans les villes. Pas forcément rétorque le FMI, car il trouvera là des entreprises occidentales qui se seront délocalisées pour profiter de la main d’œuvre bon marché. Tout le monde y trouverait donc son compte. Devenu salarié, ce paysan aurait enfin un niveau de vie décent, les entreprises occidentales réduiraient leur coût de production, le blé européen ou américain se vendrait aux quatre coins de la planète et l’Occident achèterait bon marché les fruits exotiques qu’il ne peut produire lui-même. Bref, c’est le paradis organisé sur terre, une sorte de grand Soir qui, enfin, ne serait plus marxiste mais capitaliste. Par exemple, on imagine que les pays africains qui longent l’Atlantique pourraient réduire leur dette en vendant leur droit de pêche aux bateaux-usines des grosses compagnies maritimes (lesquelles savent rentabiliser ce métier ancestral qu’est la pêche). En retour, ces mêmes pays pourraient toujours acheter des boîtes de thon en conserve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Très bien. Sauf que…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- rien ne dit que le paysan qui aura abandonné la terre qui le nourrissait (mal, il est vrai) trouvera du travail en ville&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- rien ne dit qu’il pourra se payer le blé de la Beauce ou la boîte de thon &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- il ne faut pas perdre de vue que le prix du pétrole augmente sans cesse et avec lui le coût du transport des marchandises &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- on ne parle pas de l’épuisement rapide des réserves de poissons, qui seront mises à mal par ces bateaux-usines qui pêchent au radar et avec l’aide de filets dérivants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- On ne dit pas quel travail trouveront encore les populations occidentales si toutes leurs entreprises sont délocalisées dans le tiers-monde. Le chômeur français pourra-t-il encore acheter la boîte d’ananas mexicains ?  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- On ne dit pas davantage que ce sont surtout les intermédiaires qui vont tirer le plus grand profit de cette circulation planétaire des marchandises. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La preuve que mes remarques sont fondées et que les grands stratèges de l’OMC et du FMI se sont trompés (à moins, hypothèse fort improbable et qu’on n’oserait imaginer, qu’ils n’aient pas cherché à éradiquer la faim dans le monde mais à augmenter le profit de certains), c’est que dans de nombreux pays du tiers-monde, les manifestations contre la faim se sont multipliées. Nous en avons déjà parlé ici même. L’OMC s’alarme déjà d’un retour au protectionnisme de la part de ces pays (l’Inde, le Vietnam, l’Egypte, le Kazakhstan...) qui, les méchants, ont décidé de réduire leurs ventes à l’étranger afin de garantir l’alimentation de leur propre  population. Agir de la sorte ruine évidemment les belles prévisions des spécialistes. Mieux vaut donc laisser les choses en l’état où elles sont et gérer au mieux ces manifestations (en les réprimant par la force, par exemple). Et puis on ne va tout de même pas remettre en cause l’organisation planétaire de l’économie pour quelques centaines de milliers (millions) de personnes qui mourront de faim. Qu’elles aient au moins la dignité de mourir en silence ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant les états qui ont sacrifié leur agriculture vivrière sont en train d’acheter (qu’ils paient, c’est la loi du marché) les produits de première nécessité dont ils ont besoin. On dit que leur facture d’importation de céréales a augmenté de 56 % en un an. De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM), qui nourrit comme il peut soixante-treize millions de personnes, réclame 500 millions de dollars supplémentaires. Il n’en a obtenu que la moitié, logique. Ceci dit, ce qu’il réclamait n’était qu’une goutte d’eau par rapport au prix de la guerre en Irak, mais bon, ne mélangeons pas la chèvre et le chou. Nous savons tous que cette guerre était nécessaire pour détruire les armes de destruction massive de Sadam Hussein (on l’a sans doute exécuté pour qu’il ne puisse plus proclamer que les seules armes dangereuses qu’il possédait lui avaient été confiées par les Etats-Unis du temps de la guerre inter-arabe Iran-Irak, guerre qui enchantait par ailleurs les mêmes Etats-Unis, ceux-ci ayant toujours su appliquer l’adage « diviser pour régner »). Comme nous savons tous que le taux de terrorisme dans le monde a vertigineusement chuté depuis la destruction organisée de l’Irak.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, n’allez pas croire que je suis d’un antiaméricanisme primaire. Car les citoyens américains, eux aussi, sont en train de boire le bouillon. La Réserve fédérale les  avait encouragés à s’endetter et à devenir propriétaires de leur maison. Et puis ce fut le drame que l’on sait, les traites que l’on ne peut plus payer, la maison qu’il faut vendre à bas prix, etc. Les banques elles-mêmes en ressentent le contrecoup, les bourses mondiales vacillent, provoquant l’inquiétude des petits épargnants qui avaient acheté quelques actions (forcément, les taux d’intérêts sur leur compte d’épargne est si bas qu’il ne compense même plus l’inflation).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les citoyens donc, y perdent à tous les coups, qu’ils habitent au Congo, au Mali, aux Philippines, en Egypte ou aux Etats-Unis. Les spéculateurs, eux, s’en sortent toujours. Ils abandonnent le secteur immobilier pour les marchés de céréales, achetant aujourd’hui à bas prix (et imposant d’ailleurs leur propre prix aux producteurs) du blé ou du riz pour le revendre demain beaucoup plus cher. Ce qui entraînera une hausse des prix et augmentera encore les risques de famine. Le cercle est bouclé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/23/sarkozy-et-le-monde-de-la-chanson.html</guid>
                <title>Sarkozy et le monde de la chanson.</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/23/sarkozy-et-le-monde-de-la-chanson.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Actualité et société</category>
                                                <pubDate>Fri, 23 May 2008 16:42:07 +0200</pubDate>
                <description>
                    On se souvient de la haine que Léo Ferré développait à l’encontre du général De Gaulle, qui le lui rendait bien. En ce temps-là, on n’aurait jamais vu un « chanteur de variétés » recevoir les honneurs de la République. Autres temps, autres mœurs. On apprend en effet que la chanteuse Céline Dion vient de recevoir la Légion d'honneur des mains de Nicolas Sarkozy lui-même. La voilà donc chevalière puisqu’il convient de féminiser les termes qui étaient autrefois l’apanage des hommes (il est vrai que les femmes devaient s’occuper du ménage et des enfants, ce qui limitait la possibilité d’accomplir de grandes choses. Quoi de plus important, pourtant, que d’éduquer des enfants ?)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La presse nous apprend qu’elle n’était pas venue seule. Elle était accompagnée de son mari, de son fils, de sa mère, ainsi que de ses treize frères et sœurs, certains accompagnés de leur propre famille. Tout ce beau monde est arrivé à l'Elysée non pas en Jet privé ni sur un yacht remontant la Seine, mais à bord d'un bus blanc à étage. Nicolas ne s’est pas étonné outre mesure de cette présence familiale encombrante. Il faut dire qu’il a l’habitude, puisqu’il ne se déplace jamais sans sa belle-mère, son beau-père ou son épouse (il en a même déjà eu deux depuis le début de son mandat) quand il ne les envoie pas eux-mêmes en mission.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il aurait accueilli la star en lui lançant que « la France ayant changé, ceux qui réussissent sont les bienvenus ici », phrase dont le ton correspond à celui qu’il employait lors de sa campagne électorale : valoriser la France qui travaille et qui gagne.  Il pouvait se le permettre : Dion étant québécoise, elle ignorait probablement que depuis un an tout allait mal dans le royaume. Pouvoir d’achat en baisse, mouvements sociaux, grogne, découragement, morosité, les Français n’ont pas vraiment l’impression d’avoir réussi depuis qu’ils ont un nouveau président. Il faut dire que lui non plus ne semble pas faire partie de ceux qui gagnent et il suffit pour s’en convaincre de regarder la courbe de sa popularité. Avec une  ligne qui n’en finit pas de descendre au point qu’on se demande où elle s’arrêtera, Nicolas ne semble pas mieux loti que les pêcheurs bretons (enfin, eux, c’est surtout leurs revenus qui sont en chute libre).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, il fallait bien que Dion fût québécoise pour ne pas s’étonner des propos du président. Ceci dit, sa phrase est tout de même curieuse en soi. Qu’est-ce que c’est que cette France qui a changé ? Il est vrai qu’il nous avait bien promis des réformes, mais nous n’avons pas encore vu venir grand chose. Veut-il dire que maintenant on n’accueille plus que ceux qui réussissent ? Sans doute est-ce en effet ce qu’il a voulu suggérer. Point d’étrangers inutiles, mais des battants millionnaires, voilà ce dont la République a besoin. Manifestement, cela devait le rassurer lui-même de voir enfin des personnes qui gagnent, car s’il devait se limiter à son cas personnel, il finirait par nous faire une dépression. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant, faut-il pousser plus loin le raisonnement et comprendre que cette phrase signifie qu’autrefois la France n’accueillait que les perdants ? Je ne pense pas, car sinon comment justifierait-il l’arrivée de son propre père sur le territoire de la République ainsi que celle des parents de Carla Bruni, sa vénérable épouse (tiens, on ne la voit pas sur les photos) ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais poursuivons. Il a tenu à remercier Céline Dion de « faire rayonner notre langue au-delà de nos frontières ». Ceci dit, elle n’a fait qu’employer sa langue maternelle, mais il est vrai que l’importance actuelle du français de France se calcule en fonction du nombre de locuteurs francophones dans le monde. Autrement dit, sur le plan linguistique, la métropole ne conserve un certain rayonnement international que grâce à ses anciens territoires, ceux qui sont situés en dehors de l’Hexagone. Voilà qui devrait faire réfléchir le petit président sur la nature de la colonisation. Ne disait-il pas il n’y a pas si longtemps qu’il n’y avait pas à être honteux de cette pratique et que c’était plutôt aux peuples conquis de remercier la France de leur avoir apporté la civilisation ? Sans doute, il n’empêche qu’à l’heure actuelle, c’est plutôt lui qui devrait les remercier de continuer à parler en français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est d’ailleurs ce qu’il fait en félicitant Dion et en lui offrant une belle médaille. En agissant de la sorte, il reconnaît l’importance du français hors de France et en flattant le Québec il joue son petit De Gaulle (« je vous ai compris. »)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutefois, en bon valet de Bush et en américanophile convaincu, il ajoute aussitôt, un peu embarrassé : « Il faut comprendre que si nous sommes tellement attachés (à la langue française), ce n'est pas par opposition à l'anglais .» Et de continuer en affirmant que « le monde est plus heureux avec plusieurs langues car la diversité est une richesse.» C’est sûrement le même discours qu’il tient quand il se rend dans les banlieues de sa belle capitale et qu’il s’adresse aux Français d’origine immigrée. Cela me fait penser qu’il y a longtemps qu’il ne s’est plus déplacé dans ces quartiers. Il est vrai que ces gens ne font pas partie de ceux qui gagnent. Ils doivent donc encore appartenir à la France d’avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour terminer, il s’est lancé dans une longue tirade sur l’amour, profitant de la place que ce thème occupe dans le répertoire de la chanteuse pour faire revivre sa récente expérience personnelle : « il n'y a qu'une seule façon d'aimer: aimer totalement. L'amour, il ne doit pas y avoir d'impudeur à le partager. Ca donne une certaine fraîcheur. » C’est sans doute pour cela qu’il nous a fait partager son amour pour Carla avec une indiscrétion que nous n’avions jamais vue chez un président. Il a tellement bien réussi qu’on finit par la préférer à celui que nous nous étions choisi et pour lequel nous avions voté (elle a tout de même plus de classe). Enfin, quand je dis « nous », je ne parle pas pour moi, bien entendu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; « Avant d'être président de la République, j'ai fait deux, trois trucs, dont aller vous écouter » a-t-il également lancé à Céline Dion. Tiens donc, il serait donc prédestiné pour admirer les chanteuses ? Si ça se trouve, il aurait tout aussi bien pu épouser celle-ci (cela aurait été une manière habile de remettre la main sur le Québec, par un mariage digne des anciens rois de France et de leur politique expansionniste). Ceci dit, en bon puriste, l’emploi du mot « truc » me gêne un peu de la part du Président, mais bon, on ne peut pas tout avoir. Déjà qu’il aime la chanson française, c’est déjà beaucoup. Espérons seulement que sur sa lancée il ne va décorer la première dame et la faire chevalière à son tour. Enfin, rassurons-nous, si c’était le cas, c’est la chanteuse qu’il honorerait ainsi et non l’ex-mannequin. Heureusement, sinon on ne sait dans quelle tenue elle viendrait recevoir une décoration que son président de mari aurait bien eu du mal à accrocher…&lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/22/de-l-illusion-democratique.html</guid>
                <title>De l'illusion démocratique</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/22/de-l-illusion-democratique.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Actualité et société</category>
                                                <pubDate>Thu, 22 May 2008 22:47:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Intéressante remarque que celle qui a été écrite dans les commentaires de la note précédente et que l’on pourrait résumer ainsi :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- si vous ne votez pas, vous vous excluez vous-même du champ politique (et donc vous n’avez plus le droit à la parole)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- si vous votez pour l'opposition et si celle-ci échoue à accéder au pouvoir, vous appartenez au clan des perdants et donc vous n’avez plus qu’à obéir aux décisions qui seront prises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- si vous avez voté pour la majorité, vous avez confié votre pouvoir décisionnel à des personnes qui vous représentent. Malheureusement, celles-ci prennent souvent des mesures qui vont à l’encontre de ce qui avait été annoncé. Vous vous rendez alors compte que vous avez été dupé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle attitude convient-il d’adopter ? On se le demanderait bien. Voter, ne pas voter, ne plus voter, tout revient au même. Sans compter que bien peu de décisions sont prises dans l’intérêt du pays ou des citoyens. La pression des grands groupes financiers ou autres est telle que les hommes au pouvoir, immanquablement, entraînent le pays dans une direction qui n’avait été voulue par personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si quelqu’un a une solution à apporter, il est le bienvenu ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/00/02/1126437572.jpg&quot; id=&quot;media-1029989&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;1869555646.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/19/la-sournoiserie-des-anges.html</guid>
                <title>La sournoiserie des anges...</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/19/la-sournoiserie-des-anges.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Actualité et société</category>
                                                <pubDate>Mon, 19 May 2008 23:01:53 +0200</pubDate>
                <description>
                    Voici la réponse que m'envoie Pierre Damiens, réponse qui semble bien être la dernière puisque chacun campe sur ses positions. Il continue à considérer que je suis aveuglé par une idéologie ce qui me semble exagéré. Par contre, le fait même qu'il affirme cela prouve aussi qu'il serait plutôt de l'idéologie contraire, même s'il s'en défend.&lt;br /&gt;Il veut promouvoir la souveraineté de la France et sa culture spécifique, ce dont je ne le blâme pas. Par contre, plutôt que de tirer à boulets rouges contre tous ceux qui s'opposent à la mondialisation de style néo-libéral, il ferait mieux de s'en faire des alliés, car l'ennemi que je combats est finalement le même que le sien. Cependant, il sait qu'une fois cet ennemi vaincu (si c'était possible),  nous nous opposerions alors radicalement, l'un soutenant le droit des gens et l'autre le droit de l'Etat, l'un faisant des concessions à ses ennemis par humanisme, l'autre les écrasant par le fait qu'il est certain de leur être supérieur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;===========================================================================================&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La sournoiserie des anges...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas où vous avez vu que je me disais apolitique. Je suis au contraire pleinement &quot;politique&quot; en refusant d'être &quot;partisan&quot;, c'est à dire en cherchant à me frayer un chemin dans le foisonnement des idées, plutôt qu'en me contentant de choisir un camp, seule posture dont vous semblez capable et que vous voudriez de toute force me voir adopter. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, votre surdité me fatigue et je vous le dis, et redis, pour la dernière fois: je ne suis pas de droite! Je ne me sens pas plus proche de Devedjian que de Blanqui, de Pasqua que de Proudhon, ou de Sarkozy que de Péguy, bien au contraire. Nous parlons ici d'idées, lesquelles sont évolutives, et se transforment dans un contexte qui lui-même est changeant: mobilis in mobile. Raymond Aron expliquait que toutes les droites sont d'anciennes gauches... c'est à dire qu'un libéral d'aujourd'hui (que vous classez à droite) descend en filiation directe des tenants des lumières et du mercantilisme bourgeois (la gauche de 1789).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En outre, si les idéologies glissent, les hommes qui s'en inspirent varient plus vite encore. Qui aurait prédit que Dany le Rouge deviendrait Daniel le Vert, que le révolutionnaire de 1968 serait reçu en grandes pompes à l'Elysée??? Qui aurait prévu que les collectivistes du premier septennat Mitterrand s'enticheraient de Tony Blair? Que monsieur Strauss-Kahn qui vantait l'économie dirigée et l'assistanat serait vingt ans après l'usurier du monde??? Certainement pas vous, que vos œillères idéologiques conduisent à prendre les vessies pour des lanternes, et des aigrefins pour des amis du peuple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tenez-vous le pour dit. Je ne suis pas de droite, ni par tradition familiale, ni par conviction personnelle. Je ne me range pas à gauche pour autant. Mais ce que vous appelez mon « apolitisme » est en fait une certaine absence d’instinct grégaire. Le seul fait de me rallier à un troupeau idéologique me dégoûte. A tel point que je n'ai jamais appartenu à aucun parti, et que je ne vote pas. Je vous vois déjà, trépignant d'indignation ! Non, je ne vote pas, et ne voterai jamais. Le simple geste de déposer un bulletin dans une urne me débecte, puisqu'il est la caution que les moutons accordent aux loups. Ce que vous croyez être une démocratie parlementaire est en fait la plus aboutie des entreprises totalitaires. Une dictature, elle au moins, permet de s'opposer à elle, de se définir contre elle, de la combattre, fût-ce au prix de sa vie. Le soft-totalitarisme ne le permet pas. Face à la contestation, il a deux attitudes: il l'ignore, ou la digère, mais ne lui accorde jamais le duel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La sophistique démocratique est tautologique et implacable:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Si vous ne votez pas, on vous répond que vous n'avez pas joué le jeu de la république, que vous vous excluez vous-même du champ politique, et que vous devez donc vous taire;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- si vous avez voté pour l'opposition parlementaire, c'est à dire pour les perdants du scrutin, on vous rétorque que pour avoir voix au chapitre, il fallait gagner les élections, et que vous devez également la fermer;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- si vous avez voté pour la majorité, alors on vous démontre avec condescendance que vous avez délégué votre part de souveraineté aux dirigeants du moment, que vous étiez d'accord avec eux, que vous devez assumer votre choix et donc, finalement, plus que tout autre, garder pieusement le silence!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bilan, le &quot;citoyen&quot; se voit privé de parole, et même de représentation, car il est naïf de croire que l'on obtient le pouvoir en remportant les élections. Aujourd'hui, on remporte les élections parce qu'on détient déjà les clefs du pouvoir: l'argent, les réseaux d'influence, les médias… toutes choses inaccessibles à la majorité des citoyens, mais réservées à quelques coteries bien rodées. Et la bipolarisation idéologique dont vous êtes un bon petit soldat est le garde chiourme de l'univers carcéral intellectuel que nous connaissons aujourd'hui. Bientôt, d'un commun accord entre le PSF et l'UMP, un système bipartite se mettra en place en France. Les autres courants politiques seront réduits à l'état de croupions par l'assèchement financier, l'assimilation forcée ou achetée et la ringardisation. Ce régime, calqué sur celui des Etats-Unis, permettra de parachever le drainage économique, la standardisation intellectuelle et la mise en coupe réglée de la société.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En soixante ans, rythmés d'innombrables votations, referendums et plébiscites, la France a été intégralement chamboulée, défigurée, anesthésiée et bientôt elle sera euthanasiée. Pourtant, à aucun moment, le peuple français n'aura eu clairement son mot à dire. On s'est toujours arrangé pour ne lui demander son avis qu'après avoir façonné l'opinion. On s'est aussi généralement bien gardé de lui soumettre les questions d'importance. Et puis, quand d'aventure on avait commis la bêtise de le faire, on s'est ensuite dépêché d'effacer les résultats indésirables. Le pays le plus nataliste d'Europe est subrepticement devenu une &quot;terre d'immigration&quot;. Le pays le plus indépendant sur la scène internationale s'est sagement converti en agneau atlantiste. La patrie de Lully, Lafontaine et Vauban est devenue la groupie de Joey Starr, Beigbeder et Rama Yade. A-t-on vraiment choisi cela? Et si oui, qui l'a réellement décidé? Ces mutations, promptement opérées, ont-elles été concoctées au hasard, dans l'obscurité des isoloirs??? Evidemment non. Les petits français, à peine sortis des siècles de servage, se sont laissé déposséder de leur terre, de leur culture et des rennes de leur destin par quelques habiles mafias.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et encore faudrait-il que je m’enrôle dans vos milices ? Que je m’enthousiasme pour les maques du trottoir de gauche, ou les caïds de celui de droite ? Hé bien ce sera sans moi ! Je déserte vos bataillons, votre piétaille endoctrinée, et je me bats en franc-tireur... C’est cela qui vous gêne en définitive… ma persistance à échapper à votre ordre de bataille, à votre bel ordonnancement manichéen. Amis ou ennemis, tous doivent marcher au pas !!! De toutes les indisciplines, celle de vos adversaires est celle que vous supportez le moins. Ne pouvant user de vos outils habituels, la connivence entre « braves gens » ou la culpabilisation du « méchant blanc », vous perdez votre arsenal dialectique. Alors, vous troufignolisez, triturez ma prose pour en extirper des indices, des pièces à conviction, des commencements de preuves. Il faudrait, faute d’avoir voulu montrer patte blanche, faute d’avoir souscrit béatement à votre charte du bien-pensant, que je me fasse épouvantail, que je redevienne le méchant de service, le moulin à vent dont tous les chevaliers à la triste figure ont besoin. Mais vos charges héroïques donnent dans le vide. Je ne me battrai pas contre vos fantasmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce qui est de vos interprétations ethnomasochistes de l'Histoire, je maintiens qu'elles sont le fruit des manipulations idéologiques qui visent à nier l'originalité de l'Europe dans le concert des civilisations. J'ai bien dit originalité, et non pureté. D'après les pontes du CNRS, ces rentiers de la bien-pensance, notre culture devrait tout aux grandes invasions, aux migrations, au métissage, comme si Vinci et Mozart n'auraient pu exister sans Mahomet et Soliman, comme si les bâtisseurs de Stonehenge et du Parthénon n'avaient pas eu de descendants, comme si, après l'échec de &quot;l'homme nouveau&quot; socialiste, il fallait absolument construire l'orphelin universel, le nomade cosmopolite qu'Attali et consorts fabriquent en sourdine. Je vous joins en annexe un renvoi vers un texte (1) qui dit en mille mots ce que je résumais en cent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous n’avez pas la force de voir les choses en face, je vais vous déciller. Vous voudriez jouer les rebelles, mais vous êtes, avec tous les cocus des bons sentiments, les vrais piliers du nouvel ordre mondial. Vous brandissez fièrement les hochets que les multinationales vous tendent : antiracisme pour dissimuler la nouvelle traite des noirs, commerce équitable pour vendre plus cher aux occidentaux le riz qui manquera aux enfants asiatiques, antinucléaire pour garantir que le pétrole et le gaz continueront d’engraisser les margoulins texans, l’OPEP et votre ami Chavez ! L'enfer des guerres de religion, des grandes conflagrations, des génocides interethniques a toujours été pavé des bonnes intentions de gogos utopistes tant votre style. Votre angélisme multiculturel, celui des militants du droit d'asile, mais aussi celui des patrons qui emploient &quot;ingénument&quot; les sans-papiers, cette fausse générosité dégoulinante prépare de nouveaux Liban, de nouveaux Rwanda, de nouveaux Kosovo... ici, chez-vous, dans votre quartier, dans l'école de vos enfants, dans votre confort devenu champ de bataille. Et sur les ruines fumantes, quand les indigents se seront bien entretués, les nouveaux Kouchner, les héritiers de Glucksman et de BHL, viendront gloser sur la barbarie, avec des mines faussement contrites. Ils refourgueront leurs belles idées, aussi criminelles que lucratives, leurs entourloupes, leurs paroles aguichantes, toutes leurs facéties de maquereaux de la misère humaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Libre à vous de croquer à leur tapinage, si vous vivez encore. Moi, je n'en mange pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) http://stalker.hautetfort.com/archive/2008/05/17/bruler-la-sorciere-par-jean-gerard-lapacherie.html&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/19/des-milliardaires.html</guid>
                <title>Des milliardaires</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/19/des-milliardaires.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Actualité et société</category>
                                                <pubDate>Mon, 19 May 2008 22:16:50 +0200</pubDate>
                <description>
                    « On ne prête qu‘aux riches » dit le proverbe. Voilà sans doute ce qui explique que le nombre des grandes fortunes a considérablement augmenté ces dernières années. Profitant du climat néo-libéral ambiant, ceux qui ont de la fortune investissent dans des secteurs rentables, non sans dédaigner au passage les aides d’état et tout en profitant des exemptions d’impôts. Résultat : en 2006, le nombre de millionnaires (en dollars) avait augmenté de 8,3 %. Quant aux milliardaires, ils  sont passé de 209 en 1998 à 1 125 dix ans plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes contents pour eux, assurément. Les chômeurs, les pensionnés, les bénéficiaires du RMI et tous les salariés qui gagnent moins de 2000 euros par mois (ce qui fait déjà pas mal de monde)regardent ces chiffres d’un air médusé. « Mais comment font-ils » ? Telle est assurément la question qu’ils se posent. La presse, de son côté, ne se fait pas prier pour relayer ces informations qui tendent à prouver que tout va bien dans le meilleur des mondes et que pour celui qui le veut vraiment, l’avenir est non seulement assuré mais même franchement radieux. Donc, amis lecteurs, si comme moi vous ne faites pas partie des heureux élus qui doivent à leur audace et à leur intelligence d’avoir réussi, c’est que vous appartenez au club des perdants, autrement dit des nuls et des fainéants. Car derrière ce discours (et c’est ce qui est finalement agaçant), le pouvoir nous fait la morale pour nous dire que si nous stagnons dans notre médiocrité, c’est bien de notre faute. Nous n’osons pas entreprendre et nous nous contentons de nos petites heures salariées (35, 36 ou 38 selon les pays).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les vrais gagnants, eux, se sont lancés dans l’aventure en retroussant les manches et voilà le résultat : ils sont devenus milliardaires comme beaucoup d’autres. Cette manière de culpabiliser les vaincus est vieille comme le monde. Les seigneurs du Moyen Age, déjà, renforçaient leur pouvoir sur les serfs (dont en fait ils tiraient tous leurs revenus) en les méprisant pour le fait qu’ils n’osaient pas, comme eux, enfourcher un rapide destrier et pratiquer le jeu de la guerre. La noblesse a continué ce type de discours en revendiquant une supériorité intrinsèque (génétique et culturelle)et aujourd’hui, ma foi, cela continue. Comme l’Eglise catholique nous a appris pendant deux mille ans que nous étions fondamentalement coupables (le simple fait d’être né homme ou femme est déjà en soi une faute impardonnable, au point qu’on se dit qu’au aurait mieux fait de venir dans la peau d’un chien), nous sommes finalement tout disposés à croire à notre infériorité. Aujourd’hui donc, à l’ère néo-libérale, si nous ne sommes pas riches, c’est donc bien de notre faute. Il nous reste la consolation de regarder ceux qui le sont devenus et d’envier leur niveau de vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, point de racisme chez les nouveaux riches. Dans cette nouvelle caste que constitue les « gagneurs », on ne regarde pas à la couleur de la peau, preuve supplémentaire de leur bonne moralité. Ainsi quatre des personnalités les plus riches de la planète sont indiennes. Il y a aussi des Russes, des Turcs, des Polonais et des Brésiliens, bref des étrangers qui se sont montrés plus habiles que nous. Il est loin le temps où nos grands-parents regardaient de haut les Polonais ou les Italiens qui venaient travailler dans nos mines. Aujourd’hui, en cette période démocratique, il y a égalité pour tous. Le droit de s’enrichir appartient autant à l’Africain qui se fait repêcher au large des Canaries sur une épave qu’à l’actionnaire principal du groupe Suez (même si je n’ai pas vu beaucoup d’Africains réfugiés politiques sur cette liste de milliardaires, allez savoir pourquoi). La belle époque que la nôtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mode n’est plus de faire fortune dans le pétrole (cela tombe bien, je n’en ai pas trouvé dans le sous-sol de mon jardin)mais plutôt de se transformer en « barons voleurs » de la finance, des médias, de l'immobilier et des nouvelles technologies. La recette ? Fréquenter les grandes écoles, tisser une toile de relations utiles et ne pas négliger l’appui familial. Quelques relations politiques ne nuisent jamais non plus, surtout si vous êtes assez influent pour faire adopter des lois qui seront en votre faveur. Car nos politiciens sont tout disposés, semble-t-il (ceux de gauche comme ceux de droite) à solder les avoirs publics (les biens que l’Etat avait achetés autrefois avec vos impôts)pour les faire passer dans le secteur privé, lequel ne pourra que mieux les gérer, c’est bien connu (on l’a vu dans les pays où les secteurs du gaz et de l’électricité ont été privatisés : cela s’est traduit par une augmentation des factures de 30 %, preuve que l’Etat est bête puisqu’il aurait pu ainsi s’enrichir et qu’il ne l’a pas fait. Tant pis pour lui).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A côté de cela, nos dirigeants élus le plus démocratiquement du monde déréglementent la finance et se laisse convaincre par les barons du capital. On supprime les règles existantes et on s’en remet au marché, seul capable, paraît-il, d'organiser équitablement la répartition des richesses.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Evidemment, pour récompenser les nouveaux riches qui ont osé entreprendre, les tranches supérieures d'imposition sur les revenus sont divisées par deux, parfois par trois. C’est normal. A quoi bon travailler si c’est pour donner tout son argent à l’Etat ? Les ciseaux à surtaxe, comme disait Léo Ferré, c’est bon pour les salariés ordinaires, ces fainéants qui vivent dans la routine, ces idiots qui n’ont pas encore compris que pour être en haut de la hiérarchie il ne faut pas hésiter à écraser les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car le nouveau principe, c’est l’inégalité. Il aura fallu un travail de sape des intellectuels pendant des années pour faire admettre ce nouveau principe. Plus question de protection sociale, fini l’Etat providence (n’êtes-vous pas honteux de vivre comme des assistés ?), finie l’époque de la retraite paisible (Comment, vous voulez arrêter le travail à 65 ans, en pleine possession de vos moyens, alors que vous pourriez mettre votre expérience au profit des plus jeunes, qu’il faut former ?) avec une bonne pension (si vous n’avez pas pensé à vous constituer une pension privée, autrement dit à vous démunir d’un tiers de votre salaire au profit des banques, alors ne venez pas pleurer : l’Etat ne vous donnera que le strict minimum car ce n’est pas son rôle de vous entretenir). Quoi, vous voulez bénéficier de la sécurité sociale ? Mais vous n’y pensez pas. Cela suppose des impôts au préalable or il n’est pas question d’aller taxer nos entreprises, déjà si peu compétitives. Comment pouvez-vous tenir des propos aussi inciviques ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais rassurez-vous, si vous n’êtes pas riches, vous pourrez au moins contempler ceux qui le sont. Regardez comme ils sont généreux : ils édifient des musées, signent des chèques aux artistes, vaccinent les enfants africains, bref, il n’y a pas plus utiles qu’eux. Grâce à quelques gestes philanthropiques, ils assoient définitivement leur position de maîtres du monde. Manière sans doute de nous faire oublier que ce sont eux qui imposent les bas salaires et le chômage, qui décident d'investir ici et de restructurer là. Eux encore qui ne font que spéculer sur le prix des produits alimentaires les jours où la Bourse rapporte moins (mais aussi, pourquoi pas, les jours où la Bourse rapporte beaucoup) Eux toujours qui développent un mode de consommation peu soucieux du respect de l’environnement. Ils s’en moquent, avec l’argent qu’ils ont économisé, ils pourront toujours trouver une petite île du Pacifique pas trop polluée et moins touchée par les friches industrielles que le Nord-pas de Calais ou la Lorraine. On se demanderait d’ailleurs bien pourquoi certaines personnes s’obstinent à vivre dans ces contrées sinistrées… Probablement parce qu’elles n’ont pas assez d’argent pour aller s’établir sous des cieux plus cléments. Mais si elles n’ont pas d’argent, on vient de l’expliquer, c’est entièrement de leur faute, n’est-ce pas ? Elles n’avaient qu’à devenir milliardaires comme tout le monde, après tout, par les temps qui courent, c’est à la portée de n’importe qui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/media/01/01/1332892161.jpg&quot; id=&quot;media-1024487&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;1825773232.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/17/reponse-a-un-sage-qui-se-croit-apolitique.html</guid>
                <title>Réponse à un sage qui se croit apolitique.</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/17/reponse-a-un-sage-qui-se-croit-apolitique.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Actualité et société</category>
                                                <pubDate>Sat, 17 May 2008 00:51:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Suite aux remarques de Pierre Damiens, voici ma réponse:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cher Monsieur, vous me présentez comme un idéologue victime de ses a priori. Sachez tout d’abord que je ne suis d’aucun parti, si ce n’est du mien et que je trouve regrettable qu’on ne puisse défendre le sort de ses contemporains (d’un point de vue disons humaniste et social) sans se voir aussitôt taxé de marxiste ou de communiste primaire. De tels reproches sont un peu faciles et  tendent à prouver que les œillères ne sont pas du côté que vous dites. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous affirmez que vous vous situez au-delà du clivage gauche-droite et que des questions comme celles de l’identité culturelle, de la Nation ou de la souveraineté « transcendent les clivages politiques classiques. » Sans doute. Mais le fait d’insister sur ce point (revendiquer votre neutralité) tout en me reprochant d’avoir une vision de gauche (attitude qui, de votre point de vue, semble confiner à la bêtise), tend déjà à prouver que vous n’êtes pas si neutre que cela. Vos critiques répétées à l’encontre de la gauche et vos remarques mesurées envers la droite vous positionnent d’office dans un camp. Et ce n’est pas moi qui vous classe dans ce camp, c’est vous qui le faites vous-même. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, en philosophant d’une manière que vous présentez comme objective, vous croyez sortir des sentiers battus. Mais cette défense systématique de l’intégrité de la Nation vous classerait au mieux du côté d’un gaullisme de bon aloi, au pire du côté d’une droite très très à droite. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si je m’exprime de la sorte, vous allez me reprocher une nouvelle fois d’établir des catégories commodes. Permettez-moi tout simplement d’être sur mes gardes et de me méfier de ces loups qui se disent aussi blancs que les brebis qu’ils s’apprêtent à manger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous dites « toujours jauger une idée en fonction de ses effets, non de ses intentions. » Attention tout de même. Il est toujours bon de connaître l’intention première, même si celle-ci ne donne pas toujours l’effet escompté. Prenons un exemple sur lequel, je crois, nous tomberons d’accord : celui de la guerre en Irak. Sous prétexte de terrorisme et d’armes de destruction massive, l’Amérique s’est engagée dans une guerre dont elle ne voit pas la fin. Fallait-il prendre pour argent comptant la version de l’administration Bush et engager la France dans un conflit qui n’était pas le sien ? Chirac aurait-il dû suivre aveuglément et attendre ensuite les effets pour les analyser ? Non, bien sûr. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, lorsque vous vous targuez de penser plus librement que moi, je vous en félicite, bien entendu, mais je vous donne cependant ce conseil : ne soyez pas trop naïf et n’attendez pas toujours les conséquences d’une action pour savoir si vous deviez être d’accord ou non avec elle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, ce conseil est  un peu ironique, je l’avoue, et je vois bien que lorsque vous êtes confronté à une idée émanant de ce que vous considérez comme la gauche, je vois bien, dis-je, que vous n’attendez pas longtemps avant de prendre position.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous me reprochez «l'hémiplégie de mon sens critique », ce qui est un peu dur à entendre. En gros, je percevrais clairement ce qui se trame dans « les officines qui mènent le monde » tout en faisant leur jeu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne vois pas en quoi je contribue à faire leur jeu en dénonçant leur action et en levant un coin du voile sur l’abrutissement des masses par les médias (voir mes propos contre Ockrent). En fait, nous tombons d’accord pour fustiger la mondialisation, qui appauvrit culturellement nos sociétés occidentales (et toutes les autres d’ailleurs), mais quand je regrette qu’elle appauvrit aussi les citoyens sur le plan économique, vous prenez vos distances en me taxant de gauchiste.  Et quoi ? Vous voulez me faire porter la statue de Jeanne d’Arc avec  les adeptes du Front national et m’obliger à ne parler que de la grandeur de la France ? « Travail, famille, patrie », telle est votre devise ? Non, je ne vous ferai pas cette injure. D’ailleurs vous réfuteriez mes propos aussitôt puisque vous vous dites apolitique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce qui m’intéresse, moi, ce sont les gens, beaucoup plus que l‘idée  abstraite de patrie. Je vais vous surprendre, mais un de Gaulle, dont je pourrais en fait dire autant de mal (la grandiloquence du personnage, son mépris aristocratique envers la « chienlit » de mai 68, etc.) que de bien (son rôle exemplaire pendant la guerre, qui a empêché que la France ne soit démantelée par le vainqueur : les départements du N et du N-E devaient former un nouvel état tampon avec le Benelux), peut me séduire quand il affirme qu’il faut noyer le communisme dans le bien-être de tous. Autrement dit, en faisant bénéficier tous les citoyens de la reprise économique et pas seulement quelques-uns, il se montrait digne d’être un chef d’état, beaucoup plus, en tout cas, que les tenants du néolibéralisme actuel, qui ne travaillent que pour les intérêts  de quelques-uns. Donc, même si de Gaulle veut par ce moyen combattre le communisme qu’il exècre à peu près autant que vous (visée politique, donc), au moins offre-t-il aux gens une alternative intéressante (vous le voyez, je juge sur les effets, non sur les intentions).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, pour revenir à la mondialisation, ce qui me dérange dans cette affaire, c’est moins le mélange des cultures (même si comme vous je suis fort attaché à la mienne) que le fait d’ériger le commerce (ce vol organisé des plus faibles) en modèle de société. Des mélanges (culturels ou raciaux) il y en a toujours eu. N’en sommes-nous pas les premiers héritiers avec la civilisation gallo-romaine ? J’en profite d’en être arrivé là pour répondre à certaines de vos remarques qui m’ont fort dérangé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si je vous ai parlé  des « hordes germaniques abruties », ce n’est pas en fustigeant une race particulière, comme vous semblez le croire, mais un état de développement. Ces peuples germaniques, Duby, que j’ai bien lu, nous le montre fort bien, en étaient au stade du pillage organisé pour subvenir à leurs besoins. Nous avons donc affaire à des chasseurs cueilleurs évolués qui trouvent dans la rapine la réponse à leurs besoins de subsistance. Je n’ai porté sur ce point aucun jugement de valeur, me contentant de dire que l’Occident avait bien dû subir ce fléau et l’assimiler avant de se redresser. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant au monde arabe, je vous trouve bien prompt à le fustiger. Bien sûr que je connais Constantinople et son héritage gréco-latin. Brillante civilisation particulièrement malmenée par nos croisés, soit dit en passant (ce que vous semblez oublier). Quant aux Turcs je vous ferai remarquer qu’ils ne sont pas de race arabe. Quant à la renaissance carolingienne, elle s’appuie essentiellement sur les moines irlandais, dignes héritiers des ecclésiastiques qui avaient fui la Gaule avec leurs livres lors des invasions germaniques. Charlemagne, on le sait, voulait relever le niveau intellectuel de son clergé et il est allé puiser à la source auprès de ceux qui avaient conservé un latin digne de celui de l’Antiquité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clichés les inventions arabes ? Même si ces peuples ont emprunté à d’autres les découvertes dont on leur attribue la paternité, au moins ont-ils servi à rassembler les connaissances et les ont-ils transmises à leur tour. Et vous ne pourrez nier que la civilisation de Al Andalûs ait atteint un haut degré de raffinement.  Vous ne pourrez pas nier non plus que la philosophie et la médecine grecques aient été assimilées par le monde arabe. Voir dans la proclamation de cette vérité une stratégie manigancée par les antiracistes vous classe irrémédiablement dans une certaine catégorie de penseurs, celle de ceux qui aiment tenir des discours qui vont à l’encontre des idées reçues (ce qui n’est pas mauvais en soi, je l’ai déjà dit) dans le seul but de discréditer une nation qui ne leur est pas sympathique. Je ne vous accuse pas de racisme, loin de là, mais on dirait que votre acharnement à valoriser l’Occident et la France vous pousse à nier l’évidence, à savoir que d’autres peuples ont pu, à certaines époques, détenir eux aussi une culture enviable et non négligeable. Vous ne citez d’ailleurs jamais Averroès, dont les commentaires sur l’œuvre d’Aristote ont eu une influence majeure tant en Andalousie que dans le reste de l’Europe. En effet, par sa synthèse de la philosophie aristotélicienne et de la foi musulmane, il a tenté non seulement de concilier le domaine de la foi et celui de la raison, mais il a aussi contribué à répandre les cultures grecques et arabes en Occident. Mal vu dans son propre camp, c’est à ses traducteurs juifs qu’il doit d’avoir influencé le scolastique occidentale. Il a été traduit notamment par Michael Scot (à ne pas confondre avec Scot Erigène)  Vous ne citez pas davantage Avicenne, dont acte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais revenons à une période plus récente. Vous dites que  selon moi «il y avait de bons motifs pour être communiste jusqu’en 1956, tandis qu’il n’y avait que de mauvaises raisons pour être fasciste ». D’abord je répondrai qu’il n’y jamais aucune bonne raison pour devenir fasciste. Ensuite, je préciserai qu’il y avait chez beaucoup une aspiration à une justice sociale qui croyait avoir trouvé dans le communisme une voie royale. Hélas, l’espoir se transforma vite en dictature. Les plus intelligents le virent à temps. Lisez ou relisez « Faux Passeports » de l’avocat wallon Charles Plisnier (prix Goncourt 1937) et vous aurez tout compris. Par ailleurs, c’est un peu lassant de toujours s’entendre dire qu’il ne faut pas avoir d’idées sociales puisque de toute façon celles-ci sont toujours récupérées par des personnes malintentionnées. Vaut-il mieux avoir des idées réactionnaires ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Où avez-vous lu que je prône la dictature du prolétariat ? C’est votre seule peur qui vous fait parler ainsi, mais ce faisant vous vous trahissez. Vous n’êtes ni de droite ni de gauche ? En tout cas on a compris que vous n’étiez pas à gauche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personnellement, je ne colporte pas « des bobards visant à disculper les compagnons de route du PCF, ce temple légal de l’idéologie la plus criminelle à ce jour ! » Il y aurait beaucoup à dire sur le PCF, y compris dans son action en Espagne, où sa présence visait moins à combattre le fascisme qu’à éliminer les anarchistes présents sur le terrain (lire Michel Ragon, « La gloire des vaincus »).. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la « grotte de Nouméa » il fallait évidemment lire « grotte d’Ouvéa », merci de le faire remarquer. Mais je ne sais pas où vous en déduisez que j’approuve plus le rôle de Mitterrand que celui de Chirac. D’abord il est évident qu’ils étaient d’accord tous les deux pour donner l’assaut, mais disons que Mitterrand a fait porter le chapeau à son rival politique. Dans cette affaire, je dis simplement que celui qui a opté pour le dialogue a obtenu de meilleurs résultats, peu importe son appartenance politique. Les Russes ont bien donné l’assaut d’un théâtre moscovite occupé par des Tchétchènes et ce fut une boucherie sans nom. Je ne vais quand même pas les approuver pour cela. Vous par contre, vous devriez, puisque vous vous félicitez par ailleurs de l’action « brutale mais néanmoins efficace des forces de l’ordre » à Ouvéa. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; « Je pourrai rectifier ainsi toutes vos erreurs », dites-vous ailleurs. Vous me faites peur, on dirait un commissaire du peuple qui parle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, vous ne vous sentez pas coupable de l’esclavagisme, du colonialisme et des guerres qui ont émaillé notre Histoire. Mais moi non plus, à vrai dire. D’ailleurs mes ancêtres n’ont tiré aucun profit de ces événements dont ils ont été les victimes (guerre 40). Cela ne m’empêche pas de fustiger le colonialisme tout en sachant le remettre dans le contexte de l’époque car il est trop facile de condamner sans chercher à comprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à cette culture reçue en héritage et que vous défendez, votre attitude vous honore, certes et je vous suis dans cette voie, contrairement à ce que vous pourriez croire. Je suis même peut-être plus réactionnaire que vous sur ce sujet, allant jusqu’à défendre l’apprentissage de la culture classique (latine et grecque). Que voulez-vous, nul n’est parfait. Je précise tout ceci pour vous montrer qu’on peut défendre le peuple et la démocratie sans pour cela approuver la culture de masse qu’on nous impose de plus en plus. Je suis au contraire d’une grande exigence en matière d’enseignement et je déplore que les gouvernements de gauche n’ont fait que de la démagogie en abaissant le niveau des études sous prétexte de les démocratiser. Il eût fallu continuer à être exigeant tout en permettant à chacun de fréquenter l’école.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà une opinion peu démocratique, que vous allez évidemment me reprocher, puisque seuls les bons élèves des classes défavorisées auront la chance d’obtenir un diplôme. Sans doute, mais en abaissant le niveau de l’enseignement, aucun jeune issu d’un milieu culturellement modeste n’aura la moindre chance de progresser. Notez en passant qu’un marxiste verrait dans mon point de vue une position scandaleuse : permettre aux enfants du peuple d’accéder à la culture bourgeoise et les encourager à le faire. Vous voyez que je suis moins irrécupérable que vous ne croyez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant je reste démocrate et votre postulat selon lequel le métissage « devient un mode politiquement correct d’ethnocide lorsqu’il est organisé sur une grande échelle » me choque profondément, je ne le cache pas. Est-il vraiment organisé, d’ailleurs ? Qu’est-ce qui pousse tous ces gens à débarquer chez nous si ce n’est la misère endémique qui règne chez eux ? Le système économique que nos sociétés occidentales ont mis en place a encore renforcé leur précarité (et c’est là, assurément, un des points noirs du colonialisme que d’avoir éradiquer des modes de productions indigènes pour mettre en place un système agricole dont nous sommes les seuls bénéficiaires). Aujourd’hui, la mondialisation économique porte le coup de grâce à ces peuples que l’on pousse à s’endetter outre mesure dans le but soit disant de se développer (alors que ceux qui y arrivent sont immédiatement mis à la raison, par les armes s’il le faut).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Je ne me sens pas coupable de cet état de fait, mais permettez-moi au moins de le condamner violemment puisque c’est ma propre civilisation (du moins sa part diabolique) qui l’a produit. Accepter cette injustice, ce serait se faire honte à soi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais revenons à votre problème d’immigration de masse, lié effectivement  à la  criminalité et à la névrose sécuritaire qui l’accompagne. Ce n’est pas une question de race qui est ici en cause mais une question de milieu social, économique et culturel et vous le savez bien. Le problème, le seul en fait, c’est que ces populations immigrées arrivent en trop grand nombre, ce qui provoque leur cantonnement dans des espèces de ghettos lesquels génèrent à leur tour la violence. Il faudrait donc limiter l’accès au territoire mais accueillir dignement ceux qui y sont entrés. Je vois par contre que le sieur Sarkozy qui s’est fait élire en grande partie sur des questions sécuritaires continue à approuver l’arrivée de nombreux réfugiés (avec l’approbation du patronat qui voit d’un bon œil l’arrivée de cette main d ‘œuvre bon marché) tout en reconduisant aux frontières d’une manière arbitraire ceux qui se sont déjà implantés en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La concurrence interethnique dites-vous ? N’est-ce pas plutôt d’une concurrence économique dont on nous rabat les oreilles sans arrêt ? N’est-ce pas celle-ci qui fragilise des pans entiers de la population, y compris autochtone, les poussant petit à petit en dessous du seuil de pauvreté ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De votre côté vous semblez rejeter la solidarité individuelle pour ne pas cautionner le système même de l’immigration. Désolé, mais vous trompez de cible. Attaquez-vous plutôt à ceux qui cautionnent un tel système. Il est vrai que nos politiciens ont fait leur carrière la-dessus. La gauche y voit une réserve d’électeurs et se donne bonne conscience tandis que la droite joue sur la peur de l’étranger pour se faire élire et renforcer la répression, en premier lieu contre les Français de souche (selon l’expression consacrée).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous voyez la solution dans « la communion entre les générations d’un même lignage. » Hélas, mais n’est-ce pas notre mode de vie urbanisé qui a fait se dissoudre ce tissu familial ?La gauche y a contribué, préférant développer la solidarité de type syndical, la droite n’a pas fait mieux en imposant des normes économiques qui détruisaient les petites exploitations familiales au profit des grands ensembles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le consommateur ultime est un individu seul, en effet, qui tente d’échapper à sa solitude en achetant de plus en plus de produits par ailleurs complètement inefficaces pour résoudre son problème.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; « Préserver son identité culturelle, non par peur, non par égoïsme, non par frilosité, mais par amour des siens » Pourquoi pas ? Mais cela implique-t-il le rejet d’autrui ? Vous prônez la biodiversité humaine. J’espère que ce n’est pas pour rester bien à l’abri dans votre culture occidentale et conserver quelques peuplades bien typées aux quatre coins de la planète pour vous offrir un peu d’exotisme de temps à autre ? Non, je ne vous sens pas de cette trempe-là. Je vous vois en réel voyageur et je veux bien croire que vous avez essayé de comprendre les coutumes d’autrui sans vouloir à tout prix les incorporer. Si vous respectez ces différences, c’est déjà beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ce qui m’a toujours ouvert les portes, jusque dans les recoins les plus improbables de notre vaste monde, c’est d’avoir toujours assumé mes origines, de n’avoir jamais singé les coutumes locales que je ne comprenais pas. » Cela ne me surprend pas et je vous crois sur parole. Mais ne peut-on être aussi « citoyen du monde » car l’homme est partout pareil, un drôle d’animal, en fait : homo homini lupus est.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ce n’est qu’en cultivant ses propres racines que l’on peut s’élever et peut-être parvenir, dans ses plus hautes aspirations, à rejoindre l’universel » Tout à fait. Comment pourrait-il en être autrement ? Mais à la condition, cependant, de ne jamais mépriser les autres civilisations en se croyant supérieurs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceci dit, il reste le problème de certaines coutumes qu’il nous est difficile d’absoudre (mutilations sexuelles, lapidations, etc.) Lévi-Strauss lui-même se demandait parfois s’il avait le droit de porter le regard neutre du scientifique sur certaines des coutumes qu’il étudiait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà, ce fut un plaisir de dialoguer avec vous. Dommage que vous ayez tendance à porter le débat sur le plan personnel plutôt que d’en rester au plan théorique des idées. Nous échangeons des concepts auxquels nous croyons. Une chose est de tenter de prouver que ceux de l’adversaire sont faux, une autre est de critiquer l’adversaire lui-même. Cela aussi s’appelle le respect et devrait être une attitude universelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/16/de-la-peur-que-certains-eprouvent-face-a-une-societe-mutirac.html</guid>
                <title>De la peur que certains éprouvent face à une société mutiraciale</title>
                <link>http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/05/16/de-la-peur-que-certains-eprouvent-face-a-une-societe-mutirac.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Feuilly)</author>
                                                <category>Actualité et société</category>
                                                <pubDate>Fri, 16 May 2008 23:13:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Pour ceux que cela intéresse, je rappelle que tout a commencé &lt;a href=&quot;http://stalker.hautetfort.com/archive/2008/04/20/du-recyclage-de-la-negritude-par-pierre-damiens.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, par un article que Pierre Damiens avait écrit sur le recyclage de la négritude lors du décès d'Aimé Césaire.&lt;br /&gt;Moi qui avais déjà écrit quelques billets sur Césaire, (&lt;a href=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/04/16/aime-cesaire.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/04/18/il-faut-rendre-a-cesaire-ce-qui-appartient-a-cesaire.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/04/20/retour-au-pays-natal.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;), j'avais &lt;a href=&quot;http://feuilly.hautetfort.com/archive/2008/04/23/defense-de-cesaire.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;réagi à ses propos&lt;/a&gt;, ce qui a  donné lieu à quelques échanges de commentaires. Ensuite, à la demande de l'intéressé, j'ai répondu sur le site-même où son article avait été publié. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ceux qui ne l'auraient pas lu, je le redonne ici:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout d’abord, en lisant l’article que vous consacrez à Césaire, je me suis dit que vous dénigriez un peu vite le combat mené par ce poète martiniquais. En fait, non seulement vous lui reprochez de n’avoir pas été très original là où il a tenté de faire quelque chose, mais surtout vous regrettez qu’il n’ait pas eu l’audace de pousser son combat jusqu’au bout. Surtout, vous vous servez du consensus actuel sur la mort de Césaire pour ramer à contre courant, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose en soi, pour autant cependant que le but ultime de votre raisonnement ne soit pas de revendiquer une société où les races ne se mélangeraient pas, ce qu’idéologiquement on ne pourrait tolérer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, derrière vos mots, on sent que le principal grief que vous portez à l’encontre de Césaire, c’est moins sa négritude que le fait qu’il ait revendiqué une double culture. Vous l’auriez préféré noir et sans complexe dans sa Martinique indépendante et vous de l’autre, blanc et cultivé, dans votre Hexagone. Mais l’idée qu’une zone intermédiaire puisse exister, où se mélangeraient les apports des uns et des autres, semble vous déranger au plus haut point. Cependant, pour y voir plus clair, reprenons au commencement.&lt;br /&gt;Selon vous, Césaire, en revendiquant sa négritude, n’aurait fait que suivre l’air du temps, en l’occurrence la théorie nazie sur l’importance de la race. S’exprimer de la sorte, c’est déjà laisser planer un doute sur l’intégrité morale du personnage. En fait, il convient déjà de nuancer. Revenant de France où il a fait ses études, Césaire renoue avec son pays natal, qu’il redécouvre avec des yeux neufs. Il se rend compte alors que les postes importants dans l’île sont systématiquement occupés par les descendants des colons et jamais par la population de couleur. Le clivage est en fait surtout économique beaucoup plus que racial. D’un côté les descendants des maîtres et de l’autre les descendants des esclaves. D’un côté des exploitants et de l’autre des exploités. En bon dialecticien, il se dit qu’il y a là une injustice fondamentale et il va donc s’employer à prouver que cette population locale (qui est effectivement essentiellement de race noire) ne vaut pas moins que l’autre, qui la domine. Il va donc, en effet, revendiquer sa «négritude» dans ce contexte. S’il l’a fait, ce n’est certes pas pour ériger la supériorité de sa race sur une autre mais parce que dans le contexte colonial de l’époque on en était encore à devoir prouver que l’on n’était pas moins homme si l’on était noir. D’ailleurs, prudemment, vous parlez de «théoricien racialiste» pour qualifier son action.&lt;br /&gt;Il n’en reste pas moins que selon vous il aurait été opportuniste et qu’il aurait profité de la décolonisation qui a suivi la guerre pour afficher son nationalisme. Evidemment. Il est clair que s’il était né cent ans plus tôt, il n’aurait pas pu dire ce qu’il a dit. Et s’il était né au dix-septième ou au dix-huitième siècle, au lieu d’être un diplômé des grandes écoles il aurait été un simple esclave portant sa chaîne. Va-t-on lui reprocher le contexte historique dans lequel il a vécu ? C’est un peu facile.&lt;br /&gt;Mais vous ne vous arrêtez pas là, attaquant l’écrivain et dénonçant «la lourdeur de sa plume, la pauvreté de son inspiration et la redondance de ses thématiques». Ces propos n’engagent que vous. On peut être d’accord ou pas. Personnellement, je peux aimer Proust et vous, de votre côté, vous pouvez le détester ou l’inverse. J’avancerai mille arguments pour étayer mon point de vue et vous en aurez mille autres pour prouver que j’ai tort. C’est le genre de polémique un peu vaine dans laquelle il vaut mieux ne pas s’enfoncer. Je retiens simplement à ce stade que vous vous montrez très critique non seulement envers l’idéologue Césaire mais aussi envers l’écrivain. Quand on n’a pas la plus petite sympathie pour le sujet que l’on traite, on en arrive souvent à vouloir imposer ses idées envers et contre tout et sans tenir compte des faits. &lt;br /&gt;Les faits, venons-y, justement. Vous signalez que sa révolte est bien modeste si on la compare à l’action menée par Fidel Castro. Cette dernière remarque politique n’est pas entièrement dénuée de fondement, Césaire n’ayant pas proclamé l’indépendance de son île. Mais c’était un poète, pas un homme d’action. Un homme de livres, qu’on imaginerait mal, comme Castro, débarquant les armes à la main. D’autres auraient pu le faire, cela n’a pas été le cas. Doit-on le reprocher à Césaire, qui a cependant ouvert la route ? En Nouvelle-Calédonie, par contre, il y a eu des actions plus dures qui ont été menées dans les années 1987-1988. C’était l’époque où Chirac et Mitterrand se présentaient à la présidentielle. Chirac a d’abord réprimé durement ces actions (massacre des Kanaks dans la grotte de Nouméa) puis ensuite Mitterrand, reconduit au pouvoir, a dédramatisé la situation en accordant plus d’autonomie. La révolte vers l’indépendance n’a donc pas abouti. Faut-il le regretter ou pas ? Dans votre logique, il le faudrait, si on tient compte des reproches que vous faites à Césaire sur la timidité de son action.&lt;br /&gt;Vous signalez par ailleurs une chose très juste, mais que tout le monde savait déjà, à savoir que ce sont les deux vainqueurs de la guerre 40-45 qui ont plus ou moins obligé les puissances européennes à liquider leurs colonies dans le but, soit d’ouvrir de nouveaux marchés à leurs propres produits (USA), soit d’agrandir leur espace idéologique (Russie). C’est dans ce contexte de dépeçage des anciens empires coloniaux européens, dites-vous, que Césaire est approché par les communistes et qu’il devient membre du PCF. Sans doute. Mais c’est un peu facile de le présenter comme une simple marionnette dans les mains de Moscou. Une nouvelle fois, il faut savoir se remettre dans le contexte de l’époque et se rappeler l’importance que le PC avait prise aux yeux de la population dans le cadre de la lutte contre l’occupant fasciste. Vous me répondrez que la volonté de résistance du PCF a été un peu tardive et qu’il a fallu la rupture du pacte germano-soviétique pour qu’il se range résolument du côté de la Résistance. Je sais tout cela. Mais pour la population qui devait subir l’occupation et alors que le gouvernement légal de Vichy collaborait de manière honteuse, le PCF est apparu comme une des seules voies de salut, l’autre étant De Gaulle bien entendu. De plus, à l’époque, beaucoup mettaient encore tout leur espoir dans ce parti, qui disait travailler pour les pauvres, et les purges staliniennes et le goulag n’étaient pas connus comme ils l’ont été par la suite. Tout cela pour dire que pour tous ceux qui voulaient lutter contre l’oppression du fascisme, le PC représentait une solution crédible. Donc, pour revenir à Césaire, il se pourrait bien que les communistes l’aient approché, mais il n’avait pas besoin de cela pour pencher de ce côté. S’il voulait s’opposer aux colons qui dirigeaient l’île, il n’avait pas d’autre alternative. Laissez-lui au moins la possibilité de faire des choix par lui-même plutôt que de le représenter comme une simple marionnette sans consistance. &lt;br /&gt;La preuve qu’il était bien autre chose que cela, c’est qu’il a rompu avec le PCF quand celui-ci a refusé de voir les crimes commis par Staline. Ainsi, dans une lettre qu’il adresse à Maurice Thorez le 24.10.56, il écrit :&lt;br /&gt;«Quant au Parti Communiste Français, on n'a pas pu ne pas être frappé par sa répugnance à s'engager dans les voies de la déstalinisation; sa mauvaise volonté à condamner Staline et les méthodes qui l'ont conduit au crime; son inaltérable satisfaction de soi […]; bref par tout cela qui nous autorise à parler d'un stalinisme français qui a la vie plus dure que Staline lui-même et qui, on peut le conjecturer, aurait produit en France les mêmes catastrophiques effets qu'en Russie, si le hasard avait permis qu'en France il s'installât au pouvoir.»&lt;br /&gt;Je vous ferai remarquer que des personnes comme Sartre ou Aragon se sont montrées beaucoup moins clairvoyantes sur le sujet et beaucoup plus dociles envers le parti. Alors venir dire que Césaire n’a été qu’un instrument dans les mains des communistes, c’est un peu simpliste et il faut savoir remettre les choses dans leur contexte historique.&lt;br /&gt;Puisque nous parlons d’Histoire, profitons-en pour rappeler certains éléments. S’il est exact que le parti communiste, soutenu par Moscou, a tenté de répandre son idéologie jusque dans les colonies, il ne faut pas perdre de vue qu’il y a trouvé des oreilles disposées à l’écouter. Je veux dire par-là que la population indigène elle-même avait pris conscience, pendant la guerre, de la fragilité de la métropole. La perte de prestige de cette dernière, vaincue par les Allemands, a certainement amené les Martiniquais à voir la France sous un autre jour et à réfléchir à une possible émancipation. Le parti communiste n’est pas responsable de tout et c’est lui faire trop d’honneur que d’exposer les faits ainsi. Tout est toujours complexe en fait. Ce qui est certain, c’est que le fruit était mûr et que les populations indigènes n’étaient plus disposées à se soumettre aveuglément. Laissez-leur au moins cela, à savoir d’avoir tenté de prendre leur destin en main. &lt;br /&gt;Mais revenons encore une fois à Césaire. Vous le présentez comme «un bourgeois qui n’était pas prêt à sacrifier son train de vie à son idéal d’indépendance». C’est bien possible, mais je m’étonne tout de même, sous votre plume, de l’emploi de ce terme «bourgeois», qui est habituellement employé dans la dialectique marxiste. J’avais cru comprendre l’instant d’avant que vous fustigiez le rôle du PCF. Il faut savoir. D’un côté vous reprochez à Césaire de s’être laissé influencer par les communistes et de l’autre vous lui reprochez de n’avoir pas développé ces idées communistes jusqu’au bout. Il me semble que nous sommes là dans un type de raisonnement qui commence à ressembler à un sophisme.&lt;br /&gt;«Profitant des subsides de l’État français, il détournera pendant plus d’un demi-siècle cette manne financière contre le pays qui l’a élevé, éduqué et nourri.» On croit rêver. Même au temps du colonialisme le plus dur on a rarement vu des propos aussi outranciers et haineux. Cela se passe de commentaires. Quant au fait que l’Etat français a ouvert ses écoles aux indigènes et a permis précisément cette prise de conscience nationaliste parmi les diplômés, je crois surtout qu’il faut s’en réjouir et y voir un bienfait de l’égalité républicaine plutôt que de venir fustiger ceux qui se sont révoltés. De plus, s’agissant de Césaire, on ne peut pas dire qu’on avait affaire à un terroriste sanguinaire mais plutôt à un homme de grande culture et de grande modération, qui a compris, précisément, ce que son pays avait à gagner à rester français tout en affichant fièrement sa singularité. Et quoi ? Césaire aurait dû prendre les armes et proclamer l’indépendance de son île ? Celle-ci serait aujourd’hui sous la coupe des Etats-Unis et je ne vois pas ce que l’on y aurait gagné. Il faut savoir ce que l’on veut. Césaire était un homme modéré, c’est tout. De plus, vous perdez de vue qu’il idéalise quelque part la France dans son subconscient, comme un Senghor a pu le faire également. Pour les personnes de cette génération, la culture du pays colonisateur représente un idéal auquel il convient d’accéder. Une fois ce but atteint, elles ont beau revendiquer leur particularisme indigène, elles restent profondément biculturelles. Difficile, dans ces conditions, de rompre unilatéralement avec vos anciens rêves de culture qui constituent une partie de vous-même. &lt;br /&gt;Vous terminez votre article en affirmant que «Césaire et sa négritude ont été récupérés à d’autres fins. Ce n’est pas un hasard si, de la gauche affairiste à la droite mercantile, l’hommage à Césaire rivalise de grandiloquence avec le culte stalinien de la personnalité.» Là, il faudrait voir s’il n’y a pas un fond de vérité. Moi-même je m’étais montré ironique, sur mon propre site, quant à la présence, aux obsèques, de la gauche et de la droite pour une fois réunies dans une fausse fraternité de façade. La gauche, on la comprend, voulait récupérer à son profit tout ce message d’humanisme et de liberté symbolisé par Césaire. Elle ne pouvait donc pas ne pas être là. Mais la droite ? C’est plus étonnant, en effet. Avait-elle peur de perdre des électeurs ? Voulait-elle se donner bonne conscience en se recueillant quelques minutes devant la dépouille du poète et faire oublier des siècles d’exploitation et de colonialisme ? Peut-être. Votre version est différente. Vous dites «La négritude est, pour les hommes liges de la mondialisation et du cosmopolitisme, un instrument de culpabilisation de l’indigène de France, de condamnation de l’identité française et de mise en œuvre du diktat du métissage de l’Europe.» Il se pourrait bien, en effet, que le grand capital mondial continue son combat contre le colonialisme (et les protectorats qu’il a créés) en rappelant quand il faut aux Martiniquais qu’ils auraient pu être indépendants et aux Français qu’ils ont été d’affreux colonisateurs, le but de tout ceci étant de casser les échanges économiques privilégiés qui se font classiquement entre l’ancienne colonie et sa métropole. Ceci dit, vu l’exiguïté du territoire martiniquais, on pourrait se demander si le jeu en vaut la chandelle. &lt;br /&gt;Mais peu importe. Admettons que vous ayez raison et qu’on continue à vouloir nous culpabiliser pour la politique menée par nos ancêtres. Il y a cependant quelque chose qui me chagrine dans vos propos. On sent précisément que vous n’êtes pas disposé à vous sentir coupable, sans que l’on sache si vous êtes déjà plus loin et que vous avez tourné la page (un peu comme les jeunes Allemands qui ont décidé de vivre malgré la culpabilité certaine de leurs parents) ou si au contraire vous revendiquez ce passé colonial. Dans ce dernier cas, vous en seriez à dire que le colonialisme avait aussi des côtés positifs et qu’après tout la France a apporté la culture et la civilisation (mais à qui ? Aux esclaves qu’elle a elle-même fait venir ?). Comme vous ne tranchiez pas dans votre article, j’ignorais de quel côté vous vous situiez et je vous ai peut-être fait un procès d’intention sur mon propre site. Cependant, avouez que la phrase citée plus haut («le pays qui l’a élevé, éduqué et nourri») sonne comme un reproche et laisse planer un doute. Ce doute, vous l’avez éclairci en déposant un long commentaire. De ce que vous écrivez alors, il apparaît clairement que vous n’approuvez pas le passé colonial, ce dont je me félicite. Cela nous permettra peut-être de trouver un terrain d’entente. Ce qui vous tracasse, en fait, c’est cette mixité raciale qui est en train de se répandre sur la planète et vous dites qu’elle est voulue, dans un but de grande unification, par le capital mondial qui cherche à imposer à tous un mode de comportement unique. &lt;br /&gt;Tout ceci n’est sans doute pas dénué de fondement, j’en conviens. Mais ce qui me dérange cependant, c’est qu’au lieu de fustiger directement ce néocapitalisme mondial (lequel, selon vous, voudrait entretenir en nous ce sentiment de culpabilité envers nos colonies), vous ne déplorez finalement que la volonté de «métissage de l’Europe.» Par là, vous vous trompez de cible et renouez sans vous en rendre compte avec une notion d’identité raciale qu’il convient de condamner fermement ! Qu’auriez-vous voulu, en fait ? Que les colonies prennent leur envol une fois pour toutes et que nous restions entre bons Français de France, dans nos maisons bien calfeutrées ? &lt;br /&gt;Peut-être cela serait-il bien, mais est-ce possible ? Une nouvelle fois, c’est oublier l’Histoire. La France était présente en Martinique, elle y a amené des esclaves dont les descendants vivent là-bas aujourd’hui. Ceux-ci, qu’on le veuille ou non, ont réalisé une synthèse entre leur culture africaine et la culture française. Il me semble bien difficile de vouloir maintenant établir une séparation aussi arbitraire qu’impossible. Regardez les autres pays coloniaux. En Belgique vous trouverez de nombreux Congolais (Zaïrois), en Angleterre de nombreux Indous et Pakistanais. On n’y peut rien, c’est comme cela et vous aurez beau le regretter, on ne renversera pas la tendance. Césaire l’avait bien compris, qui demandait juste un peu de dignité pour les plus pauvres de l’île et qui n’imaginait pas vraiment une indépendance totale. L’aurait-il revendiquée et obtenue, que les liens économiques et affectifs entre la Martinique et la France auraient probablement continué à perdurer un certain temps car on ne raie pas d’un coup de plume des siècles d’histoire. Après, évidemment, l’île serait tombée dans la zone d’influence américaine. &lt;br /&gt;Ne vaut-il donc pas mieux conserver des liens étroits avec nos anciennes colonies et avoir là-bas une certaine influence plutôt que de se replier sur soi et laisser le terrain libre à l’ennemi ? Car finalement, c’est cela que vous reprochez à Césaire : de s’être complu dans le rôle de la victime (et donc d’avoir entraîné ses compatriotes dans cette voie) plutôt d’avoir revendiqué fièrement l’indépendance. Mais, dans votre logique, je ne vois pas ce qu’y aurait gagné la France et encore moins la Martinique (qui aurait trouvé un autre maître plus tyrannique encore, celui du capitalisme pur et dur et cela sans contrepartie d’aucune sorte comme c’est le cas pour le moment). &lt;br /&gt;Vous dites que les thèses du métissage (étape ultime de la négritude qui se vit comme victime et reste attachée à la France) sont soutenues par ceux qui veulent casser les particularismes des nations et promouvoir une uniformisation culturelle générale de la planète. Mais cela, je l’avais compris dès le début, comme j’avais compris que ces réflexions sur Césaire ne sont finalement qu’un épiphénomène par rapport à ce qui vous tracasse réellement. Et c’est là en fait que nos routes divergent. Ce qui m’inquiète, moi, c’est ce capitalisme mondial sans visage humain et quant à la mixité raciale, elle ne me dérange pas plus que cela. Vous, au contraire, vous voyez dans cette mixité un danger car elle représenterait un moyen pour cette société mondialisée et uniformisée d’accéder à ses fins. Puisque le fond de nos divergences est là, laissons donc définitivement Césaire de côté et essayons de raisonner sur ce point de rupture qui nous oppose.&lt;br /&gt;Vous redoutez une société métissée. D’abord, je vous ferai remarquer que ce métissage ne s’accompagne pas toujours d’une perte d’identité pour la société qui accueille. Au contraire, la production culturelle locale est souvent enrichie par ces nouveaux arrivants. Combien de nos écrivains et de nos artistes ne sont-ils pas d’origine étrangère ? Voyez Picasso, Dali, Chagall, Tzara, Ionesco et tant d’autres. Vous le direz qu’il n’y a pas eu là de métissage mais bien une assimilation à la culture française. Certes et je dois reconnaître que vous avez raison. Mais l’Histoire, elle, n’est constituée que de ces mélanges. Que durent penser nos ancêtres les Gaulois quand ils durent assimiler la culture romaine ? Vécurent-ils cet événement comme une perte ou comme un enrichissement ? Toujours est-il que cela a donné lieu a la civilisation gallo-romaine qui nous semble aller de soi aujourd’hui. Ensuite, celle-ci s’est trouvée menacée par les invasions germaniques dont on se serait bien passé, assurément, et qui ont fait reculer la connaissance (comparez le haut Moyen Âge chez nous avec le monde arabe à la même époque). Mais finalement, une synthèse s’est produite, qui a donné lieu à un mode de pensée original. Et c’est l’époque de la suprématie de la langue d’oïl, des tournois, des cathédrales gothiques et des croisades. Par après, ce sont des architectes et des peintres italiens, qui sont venus insuffler chez nous l’esprit de la Renaissance. Tout n’est donc que mélanges de cultures et c’est souvent de ces mélanges, qu’après une période de transition, sont nés de nouveaux équilibres. Tout cela pour dire que du métissage racial que vous semblez redouter pourrait naître aussi une civilisation originale, même si dans un premier chaque peuple déplorera sans doute une perte d’identité et une perte de ses valeurs propres. &lt;br /&gt;Et puis de toute façon c’est souvent le pays d’accueil qui l’emporte, ne serait-ce que par sa suprématie économique, culturelle et démographique. Ainsi, plus récemment dans l’Histoire de France, au XXe siècle, vous avez eu l’arrivée des travailleurs polonais et italiens. Qui, aujourd’hui, mettrait en doute l’appartenance française de ces gens ? Ne se sont-ils assimilés et n’est-ce point nos valeurs qu’ils transmettent à leur tour, même s’ils conservent des particularités propres ? Ils ont été suivis par les populations maghrébines qui apparemment posent problème. Mais c’est que ce dernier arrivage est récent. Il est certain qu’avec le temps des personnes issues de cette immigration vont percer dans la société française. On le voit déjà avec les ministres du gouvernement, même s’il ne s’agit ici évidemment que d’une façade, une sorte de vitrine voulue par Sarkozy. &lt;br /&gt;Le mot clef est la culture. Ces populations sont en rupture de culture (elles ont perdu la leur et n’ont pas acquis la nôtre). Il y aurait donc beaucoup à dire sur ce problème. Mais Césaire ? Pourquoi vous en prendre à lui alors ? Ah, oui, j’avais dit que nous le laissions de côté... Mais parlons alors de nos anciennes colonies. Les populations qui les composent, qui s’expriment en français, pourraient bien un jour nous surprendre par la richesse de leur approche. Voyez l’Amérique du Sud. Ce sous-continent possède tout de même des écrivains de grand talent dont l’Espagne n’aurait pas à rougir. Aussi, avant de rejeter ces peuples auxquels l’Histoire nous a attachés, voyons s’ils ne nous proposent pas quelque chose de plus dynamique que ce qui se fait chez nous.&lt;br /&gt;Certes, dites-vous en substance, mais le grand mélange mondial auquel on assiste est le pilier de la stratégie capitaliste. Et vous ajoutez : «Le brassage forcé des populations à l'échelle planétaire permet de faire sauter les verrous identitaires, de supprimer toute capacité de résistance à l'ordre mondial, de standardiser les mœurs, les besoins et les modes de consommation pour le plus grand profit des magnats de la finance ?» Autrement dit, en approuvant le métissage, je me ferais le complice involontaire des multinationales. Mais il n’a jamais été dans mes intentions de soutenir ces multinationales, bien au contraire ! Je défends les individus et je veux un monde à visage humain, pas une planète où les lois du marché et du profit sont devenues la règle. Et vous, plutôt que de m’inciter à lutter contre cette marchandisation systématique de nos valeurs, que vous désapprouvez autant que moi, vous me poussez à combattre les immigrés, qui sont en fait les premières victimes de la paupérisation qui se répand à l’échelle mondiale. &lt;br /&gt;Qui se trompe de cible ? En croyant couper l’herbe sous le pied à cette société capitaliste mondiale, vous vous en prenez au métissage et réclamez que chacun reste chez soi, fier de sa culture et de ses valeurs. Mais même si chacun reste chez soi, ce capitalisme arrivera bien à imposer un mode de vie commun. Il n’y a plus, aujourd’hui, de peuple qui soit à l’abri. Dans les régions les plus reculées du monde vous trouverez une pompe Esso et un Mac Donald. Votre repli identitaire entre Français de souche est une illusion et n’empêchera rien du tout.&lt;br /&gt;Bien au contraire, nous ferions mieux, nous, citoyens du monde, de nous unir pour réclamer qu’on nous traite avec dignité (droit au travail, à l’instruction, à une certaine sécurité matérielle, etc.) et non comme de vulgaires consommateurs qu’il convient d’exploiter, non comme de vulgaires moutons qu’il convient de tondre.&lt;br /&gt;Avez-vous songé aussi que le danger ne réside peut-être pas à l’extérieur, mais à l’intérieur de notre belle France et que le loup en fait est déjà à l’œuvre dans la bergerie ? Comment cela ? Par une double perte de la puissance publique de l’états d’un côté au profit de l’Union européenne, de l’autre par des régionalisations imposées. Prenez le cas des universités. Autrefois l’État répartissait ses richesses de manière égalitaire ente les différentes parties de son territoire. Maintenant on veut que chaque région soit plus autonome et qu’elle gère ses universités. Selon que vous vivrez dans une région riche (Rhône-Alpes) ou pauvre (Nord-Pas-de-Calais), vous n’aurez plus la même qualité d’enseignement, ce qui renforcera encore les inégalités et ouvrira la porte aux privatisations (pour survivre, les universités devront se vendre et donc travailler pour le patronat). Le même raisonnement peut être tenu avec le patrimoine culturel et architectural. Plus on le fera passer sous la coupe des régions, moins il sera entretenu et plus notre histoire aura tendance à disparaître (à moins que le secteur privé ne rachète les châteaux, dans un grand geste généreux. En Italie, Berlusconi n’avait-il pas imaginé de vendre le Colisée ?)&lt;br /&gt;Votre argumentation, par contre, commence sérieusement à m’intéresser quand vous citez certaines officines comme la French American Foundation et vous n’avez pas tort quand vous affirmez que «la plupart des idées prétendument généreuses et révolutionnaires finissent dans l'arsenal de la machine à décérébrer les peuples.» Je le regrette aussi. Mais j’espère que vous ne prenez pas prétexte de cette carence des idées généreuses (la défense du peuple qui finit en dictature stalinienne, Cohn-Bendit qui finit en député grassement rémunéré, etc.) pour renoncer à cet idéal. Moi je serais plutôt pour une révolution permanente, pour éviter précisément cet endormissement des quelques personnalités qui ont osé s’opposer au système. Si au contraire vous prenez prétexte de cet échec systématique pour dire qu’il ne faut rien tenter, alors nous sommes de nouveau en opposition, sinon nous sommes d’accord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à toutes ces institutions (semi-secrètes et demi-mondaines) que vous citez, j’en connais un certain nombre et ce n’est pas joli joli. Bien sûr que Strauss-Kahn fricote avec David Rockefeller. Quant à la French American Foundation, c’est une horreur, dont le but est de faire basculer la France dans le réseau atlantiste (donc, guerre possible en Iran, etc.). Lisez à ce sujet l’article du réseau Voltaire (vous n‘aimez peut-être pas Meyssan, mais au moins il lève un côté du voile) : http://www.voltairenet.org/article146888.html &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On retrouve dans cette association des noms comme Nicolas Dupont-Aignan (2001, député UMP, Debout la République), Alain Juppé (1981, député UMP), Valérie Pécresse (2002, député UMP), Jacques Toubon (1983, député UMP), François Hollande (1996, député socialiste), Arnaud Montebourg (2000, député socialiste), Henri de Castries (1994, Directeur général du groupe AXA assurances), Emmanuel Chain (1999, journaliste), Jérôme Clément (1982, Président d’Arte), Annick Cojean (2000, journaliste au Monde), Jean-Marie Colombani (1983, Directeur de la publication du Monde), Matthieu Croissandeau (2002, rédacteur en chef adjoint du Nouvel Observateur), Jean-Louis Gergorin (1994), Bernard Guetta (1981, journaliste à France Inter), François Léotard (1981, ancien ministre de la Défense), Alain Minc (1981), Laurent Cohen-Tanugi (1996, Sanofi-Synthélabo et membre du conseil d’administration du think tank «Notre Europe» créé par l’ancien président de la Commission Jacques Delors [23]), Christine Ockrent (1983), Olivier Nora (1995, président des Éditions Grasset), Denis Olivennes (1996, président de la FNAC).&lt;br /&gt;Rien que du beau monde, donc : des politiciens (ceux de droite mais aussi ceux qui se disent de gauche), des journalistes (histoire de bien nous influencer), des gens du monde de la culture (Grasset, etc.).&lt;br /&gt;Remarquez la place stratégique d’Ockrent, incontournable en tant que journaliste et par ailleurs compagne du ministre des Affaires étrangères. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous citez aussi le Council on Foreign Relations «où la politique américaine est définie en comité restreint par les pontes de la finance et de l'industrie» et puis Lagarde, issue du Center for Strategic and International Studies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui nous différencie, cependant, c’est que je m’oppose à cette société marchande pour des raisons essentiellement sociales (pour simplifier : on démantèle les structures sociales mises en place par les états pour que quelques personnes puissent s’enrichir), tandis que vous, vous me semblez vous y opposer au nom de la dignité de l’État (on est plus proche de la phrase de De Gaulle : «la France, c’est moi»). &lt;br /&gt;À partir du moment où j’ai reconnu que des personnalités de gauche étaient impliquées dans ce trafic d’influence, je vous suis devenu plus sympathique. Ne vous y méprenez pas, cependant. Si je m’exprime de la sorte, c’est pour signifier qu’à mes yeux le parti socialiste n’est plus un parti de gauche (il appartiendrait plutôt à la droite modérée, si on regarde ses actions). C’est donc d’un observatoire situé beaucoup plus à gauche que je fustige cela, tandis que vous me semblez vous délecter de cette trahison socialiste en ayant le regard de la droite dure. Tout comme je continuerai à me battre pour une certaine justice, même si ce combat est utopique, pendant que vous poursuivrez le vôtre contre la société multiraciale. Si nous tombons d’accord parce que notre ennemi est le même, nous nous opposons pourtant, sur le plan politique. Je vous sens plus proche de la devise «travail, famille, patrie » que de la solidarité syndicale par exemple. Et je ne puis accepter des phrases comme la suivante : «Les immigrationnistes qui se présentent sous des atours humanistes sont en fait la version modernisée et policée des négriers. Voyez nos vaillants «patrons de bistrots» militer pour la régularisation de leur «bois d’ébène». Ces gens ne vous dégoûtent-ils pas ?» &lt;br /&gt;Bien sûr que tout ce qui unifiera les hommes et vaincra les particularismes contribuera à établir une société unique avec des besoins uniques, pour le plus grand profit des marchands. Mais ce sont des hommes, que vous avez devant vous, des êtres humains et plutôt que de s’en prendre à eux, attaquez le mal à la source. Ce n’est pas en restant dans votre tour d’ivoire que vous échapperez à ce capitalisme qui se moque de la culture et qui est parvenu à faire des échanges commerciaux le socle idéologique de nos sociétés, via la Constitution européenne que cet homme de droite qu’est Sarkozy va imposer aux Français contre leur gré (allez, je vous l’accorde, dans les pays où la gauche est au pouvoir, ce fameux Traité de Lisbonne est accepté aussi). &lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                </channel>
</rss>